Régionales : la nécessaire transition écologique

NVDA TroyesLors de la dernière réunion publique de la liste Nos vies d’abord à Troyes, Josiane Mayor a abordé la question essentielle de la transition écologique.

Voici le texte de son intervention :

« Je voudrais apporter quelques précisions sur la transition écologique puisqu’elle sous-tend tout notre programme.

Parce que les gaz à effet de serre ont augmenté de 40% depuis 1990, l’objectif, pour notre survie, est de ne pas augmenter la température de plus de 2 degrés jusqu’à 2100.

A l’heure de la Cop 21, la transition énergétique est très à la mode, surtout dans la bouche des plus grands pollueurs de la planète qui sponsorisent cette manifestation.

Pour nous elle n’a de sens que si elle fait partie d’un projet de société et c’est pour ça qu’elle est dans tous les points de notre programme, que ce soit à travers le développement du rail, la relocalisation de l’industrie, le développement des petites structures de agricoles ou le développement des services publics.

La loi Notre qui vise à mettre les territoires en concurrence selon la loi du libre-marché entraînera gaspillage et concurrence, source certaine de pollution. La transition énergétique ne peut se développer dans un système capitaliste dont l’objectif est d’accumuler du capital à n’importe quel prix, sans se soucier ni du salarié ni de l’environnement.

Donc notre projet est le seul qui s’inscrive dans une véritable remise en cause des moyens de production et de la vie collective :

    • nous utiliserons les nouvelles compétences économiques de la Région pour relocaliser l’industrie sur tous les territoires. Et pour ça, nous soutiendrons, par des aides, les salariés qui décideront de reprendre en main leur outil de travail à travers une Scop par ex. , et de produire avec des matières premières locales, pour éviter une circulation inutile, source de gaz à effet de serre. Certaines entreprises, comme l’usine Régnier à Clairvaux ont des difficultés à s’approvisionner en bois parce que celui-ci est vendu directement en Chine pour revenir en produits manufacturés . L’impact écologique est très important, avec des conséquences en matière d’emploi puisque ça crée du chômage technique.

Fralib a montré l’exemple avec la relocalisation des fournitures de matière première comme le tilleul, ce qui a permis de développer l’emploi local. Ils ont choisi la qualité, donc bio. Même chose pour les Pilpa.

Les Scop sont les rares entreprises à n’avoir pas subi la crise ce qui montre bien que cette « crise » n’est qu’un problème de répartition des richesses.

      Dans le même sens, nous avons prévu que les aides de la Région aux entreprises non délocalisables seront conditionnées à la signature d’une charte en matière de respect de l’environnement, des conditions de travail et de l’emploi.

Pour accompagner la nouvelle compétence énergétique de la Région, nous impulserons un plan régional de rénovation de l’habitat afin de réduire la consommation d’énergie. D’ici à 2030, la rénovation énergétique peut créer 700 00 emplois dans la rénovation, au niveau national. Je rappelle que la nouvelle région totalisera environ 310 000 chômeurs.

28% des émission de CO2 provient des transports, en majorité routiers. La Région devra développer les transports publics sur tous les territoires, à travers les Ter, les transports collectifs accessibles à tous dans les grandes agglomérations. Contre le tout-camion, instaurer une écotaxe, qui ne concernera pas les transporteurs locaux et développer le fret et le ferroutage, ainsi que le transport fluvial.

Le prix de l’électricité  dû au nucléaire va considérablement augmenter, à cause de la nécessaire maintenance d’un parc vieillissant. Nous ferons le choix de développer les énergies renouvelables, c’est l’une des raisons pour lesquelles nous refuserons l’enfouissement des déchets à Bure dont la zone est située sur la plus grande nappe géothermique d’Europe.

Et nous accompagnerons la fermeture de la centrale de Fessenheim, qui sera un véritable défi pour la Région : parce qu’il s’agira de reconvertir tous les personnels hautement qualifiés dans une recherche et une industrie porteuse de très nombreux emplois non délocalisables à très long terme (comme le démantèlement des vieilles centrales et la recherche d’énergies renouvelables).

Nous refuserons l’urbanisation excessive, entrainée par la concentration de l’activité économique et des services publics, en ce sens la suppression des services publics de proximité va à l’encontre de la transition énergétique puisque les populations sont obligées de se déplacer sur de longs trajets pour se soigner par exemple. Ce qui entraîne aussi un coût pour la population.

Cette urbanisation entraîne aussi la disparition des terres agricoles. Le Grand contournement de Strasbourg va détruire 300 ha de terres maraîchères et de zones humides. Il faut savoir que l’équivalent d’un département en terres agricoles disparaît en France tous les 7 ans. Ce bétonnage irresponsable est aussi la cause des inondations se plus en plus fréquentes.

De la même manière , nous agirons pour le développement d’une agriculture raisonnée ou bio, seule garantie d’une alimentation de qualité et de traçabilité.

Par ses méthodes de culture, sans intrans (pesticides, engrais azotés…), sans labours profonds, elle préserve les sols et les améliore. Elle agit dans la durée et non dans la rentabilité à court terme. Cette agriculture de proximité protège les cours d’eau et les nappes phréatiques. En France, un rapport de la cour des comptes montre que le coût de la dépollution de l’eau s’élève à 54 milliards d’euros ! Sans parler des problèmes de santé qui plombent la Sécu. Là encore les pollueurs ne sont pas les payeurs !

¼ des émissions de CO2 provient de l’agriculture intensive, par le retournement profond des sols qui libèrent du CO2, les machines et les pesticides.

La plupart de ces petits producteurs ne reçoivent aucune aide de la Pac parce que trop « petits » et ne sont souvent pas indemnisés en cas d’aléas climatiques. La Région devra développer un plan d’aide et de soutien à l’installation d’une agriculture paysanne, en privilégiant les circuits courts, du producteur au consommateur. Dans l’Aube, 4 Amap seulement, 3 Ruche qui dit oui, c’est peu. 0,7% des terres agricoles sont dédiées au bio pour 5% au niveau national.

A travers la compétence sur les lycées, elle favorisera l’approvisionnement des cantines par les producteurs de proximité ( 60% de la viande fournie dans les cantines est d’origine étrangère).

En ce sens, elle ne soutiendra pas les projets d’implantation des fermes-usines qui polluent les sols, est créatrice de CO2 et contribue à la disparition des petits éleveurs, tout en ne créant pas d’emplois puisque tout est automatisé.

La transition écologique ne peut être efficace que dans une société d’égalité des citoyens et des territoires, de redistribution et de contrôle des richesses et pour cela, la Région a besoin d’élus de la liste « Nos vies d’abord » . »

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