Venezuela, regard infini ou à la recherche des nouveaux modèles de production

C’est un poncif parfois un peu facile que d’expliquer que les difficultés que rencontrent actuellement les gouvernements progressistes d’Amérique Latine seraient dûes à l’incapacité, pire au manque de volonté de sortir de l’appareil productiviste. Ci-dessous, un article qui donne des éléments pour montrer qu’au contraire de ce qui se dit, cet effort existe !

L’article original est ici, sur le site Cubadebate.

VenezuelanouvprodL’après-midi tombe. J’arrive au campement paysan La Natividad, municipalité Francisco Linares Alcántara, dans l’état d’Aragua. Je foule la terre et mon regard se perd dans l’horizon, parmi les montagnes. Je suis tellement absorbé par la lumière que j’oublie presque que je me trouve au milieu des sillons et qu’à mes côtés passent des hommes et des femmes camouflés de broussaille. Ce sont des paysans en pleine récolte des haricots.

Je me trouve sur des terres abandonnées jusqu’il y a peu et que le gouvernement bolivarien a occupées pour les céder – avec des titres de propriété – à des familles paysannes. Cette réforme agraire inclut des machines agricoles financées par le Conseil Fédéral de Gouvernement, un organisme regroupant les pouvoirs municipaux, des états (régions) et nationaux.

On me raconte qu’ici, à La Natividad, pour ce qui va de l’année, on a récolté 15 tonnes de haricots. Donnée d’importance puisqu’il s’agit d’un des aliments de base de la population vénézuélienne. Mais le pari de construire un nouveau modèle socioproductif et régional ne s’arrête pas là. Tareck El Aissami, gouverneur de l’État d’Aragua, vient d’annoncer un investissement spécial de 100 millions de bolivars pour la production agricole en 2016.

Ainsi prend forme peu à peu un nouveau modèle de production dans un pays qui affronte la pénurie de biens en pleine guerre économique et la chute des prix du pétrole (source principale de l’économie vénézuélienne) qui sont passés de 100 dollars pour un baril à mois de 40 dollars.

 

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