Le PG dans Libération Champagne sur le forum de Davos

Libaration Champagne a publié dans son édition du samedi 23 janvier un article sur Davos… Michel Bach (PG10) et André Smolarz ont été amenés à donner leur point de vue. Ci-dessous le texte de l’article, que vous pouvez télécharger en format original en fin de page.

Oeil Libé« Quand on se pique de régler les inégalités entre deux signatures de contrats 

Vu de l’Aube, le sommet de Davos paraît bien lointain. Pourtant, la manifestation se pique de réflexion sur les moyen de réduire des inégalités qu’elle a, pour beaucoup, aidé à créer.

Depuis mercredi (et jusqu’à ce soir) se tient le désormais fameux « sommet de Davos », de son vrai nom Forum économique mondial (World Economie Forum ou WEF, en anglais). Une réunion au sommet de centaines de chefs d’entreprise mais aussi des hommes d’État et d’influence, des chefs de gouvernement mais aussi des membres de la société civile (ONG, universitaires, responsables religieux … ). Pendant ces quelques jours, la station suisse devient le centre de la planète ou en tout cas du monde économique capitaliste.

À l’origine, ce forum a été mis en place par Klaus Schwab, un économiste allemand qui a créé la fondation WEF (World Economie Forum) en 1971. Il avait pour but de débattre des modèles de management économique. Très vite, toutefois, ses buts ont évolué et aujourd’hui la fondation œuvre pour « améliorer l’état du monde » via « les collaborations entre public et privé ». Pour ce faire, les membres doivent identifier « des problèmes au niveau mondial, régional et industriel » afin de chercher « des solutions » et, « quand c’est possible » créer « des partenariats pour agir ». Tout un programme.

62 personnes et la moitié des richesses mondiales 

Cette année justement, les débats étaient centrés autour de quelques grands thèmes, notamment l’intégration des réfugiés en Europe et la révolution numérique et les innovations technologiques qui pourraient entraîner la perte de 20 millions d’emplois et toucher les classes moyennes, « base de nos démocraties », selon le fondateur du Forum.

Une déclaration des plus ironiques. En effet, au début de la semaine, l’ONG britannique Oxfam a fait paraître son étude annuelle faisant apparaître que 62 personnes posséderaient autant que la moitié la plus pauvre de l’humanité, soit 3,5 milliards d’individus

 La méthodologie de l’étude est, certes, contestable: elle ne se base que sur l’endettement des personnes: un étudiant américain qui paye ses études est comptabilisé alors qu’un pauvre malien qui ne fait, par essence, pas de crédit, en est exclu. Néanmoins, le résultat est là et ne peut pas être totalement balayé d’un revers de main. Il illustre bien un constat, sans appel: la concentration de richesses entre les mains d’une part réduite de la population.

Traiter des inégalités entre deux signatures des contrats

Autant dire que, vu de l’Aube, le

sommet de Davos c’est loin! Mais ce n’est pas une raison pour ne pas

avoir un avis sur le sujet ni commenter l’événement et s’en indigner.

Pour Michel Bach, co-secrétaire du Parti de gauche Aube (PG 10) et André Smolarz, animateur du comité Stop Tafta dans l’Aube, Davos est « un autre monde, coupé de tout et tous, peuplé d’une minorité qui affiche sans vergogne la prétention de traiter entre deux contrats d’affaires, de la montée des inégalités dans le monde « . Quant à la gestion de la crise des migrants, autant dire qu’ils ne s’imaginent pas un seul instant que ce soit dans le cadre chic d’une station des Alpes suisses qu’on puisse régler les problèmes qui en découlent.

Pour eux les participants de Davos ne sont vraiment pas les mieux placés pour parler des inégalités. « Comment continuer à croire en la bonne volonté du Prince? À sa capacité même à faire quelque chose? À s’étrangler volontairement sous le dogme de l’orthodoxie libérale et le fléau de la dette, nos gouvernements ont abdiqué leur mission première: un état au service de tous, et en particulier des plus démunis … « 

Quant à la révolution numérique prônée, elle ne servira, pour eux, « qu’à produire encore plus de gadgets au prix du pillage des terres rares et des conflits qui l’accompagneront pour avoir de beaux portables mais ne pas oser sortir dans la rue par peur de la violence aveugle des fanatismes. « 

Les citoyens doivent prendre les choses en main 

Pour eux, ce ne sont pas les participants de Davos qui pourront modifier le cours des choses, bien au contraire. « Ce à quoi il faut travailler, c’est à changer nos modes de production et de consommation et à prendre nos destins en main. La balle est dans la main des citoyens et des travailleurs qui doivent prendre conscience que le désespoir n’a de noblesse que dans la solidarité avec les plus démunis, et dans la nécessaire révolte contre l’arrogance et l’impuissance des grands de ce monde « 

Stéphanie Munier »

Cliquez sur l’image pour télécharger au format original Davos 2016 - 23 janvier 2016

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