Derrière la guerre, la politique

Heure-du-peuple

        L’origine du terrorisme n’est ni à Mollenbeck, ni dans «la centaine de quartiers comme Mollenbeck» qu’un stupide ministre de Hollande a pointé du doigt en France. Non, la pauvreté, la ghettoisation et le racisme ne préparent pas ceux qui en sont les victimes au djihad. Et l’assignation de pans entiers de la population au rôle de suspect ne fera pas avancer d’un mètre la lutte contre le terrorisme. Ceux qui cherchent à expliquer les attentats uniquement par le terreau où vivaient leurs auteurs n’en comprendront jamais vraiment les causes. Pas plus qu’ils ne pourraient comprendre une plante en étudiant juste la terre dans laquelle elle pousse, en ignorant qui l’a sélectionnée, plantée, cultivée au fil du temps. La focalisation médiatique et politique sur les «sociétés malades du terrorisme» est ainsi une illusion aussi grossière que la théorie des climats pour expliquer le destin des nations.

Ceux qui se fourvoient sur les causes du terrorisme, ne pourront jamais le vaincre. «Traquer l’ennemi de l’intérieur» ou «faire la guerre au terrorisme» sont des objectifs aussi médiatiques qu’illusoires. D’autant que la mobilisation militaire croissante pour la sécurité intérieure est une catastrophe opérationnelle car elle ampute fortement la capacité de projection et d’entraînement d’une armée déjà anémiée par une décennie d’austérité. Ceux qui prennent de telles décisions ne peuvent que perdre la guerre. Le gouvernement, et plus largement l’Europe, semblent avoir oublié cette leçon fondamentale de Clausewitz : «la guerre trouve son origine dans un but politique; ce motif initial qui l’a provoquée doit faire l’objet de la plus haute attention pendant toute sa conduite». Derrière les actes de guerre qui nous frappent, il y a ainsi des filières internationales, avec leurs réseaux financiers, leurs appuis géopolitiques, leurs médias.Tout un ensemble de décideurs et d’acteurs politiques bien plus connus que d’obscurs kamikazes. Ils sont non seulement en Syrie et en lrak, mais aussi en Turquie, au Qatar, en Arabie Saoudite. Leurs complices sont aussi aux Etats-Unis, en lsraël et en Europe, en particulier parmi les  irresponsables qui  ont déstabilisé les Etats irakien, libyen et syrien

Si la France était vraiment en guerre contre ceux qui la frappent, décorer le ministre saoudien de l’intérieur relèverait de l’intelligence avec l’ennemi. On ne pourra donc gagner cette guerre sans combattre les responsables du terrorisme et pointer clairement ceux qui les soutiennent. En commençant par exemple par libérer la France de leur argent pourri. Et on ne pourra tarir cette guerre sans retrouver une diplomatie indépendante et respectueuse de la souveraineté des nations. Ainsi la France pourra être à nouveau entendue et convaincante en faveur de la paix.

Laureint Mafféïs

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