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Débat mérite raison

Dans la tourmente des rumeurs et des petites phrases, nous préférons vous proposer ci-dessous une analyse du vote de la convention PCF par François Coq… tribune que l’on peut aussi lire sur son blog.

urrneLa conférence nationale du PCF a voté ce samedi 5 novembre. Elle a privilégié pour la présidentielle le choix d’une candidature communiste au rassemblement avec Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise. Tout en votant à côté de cela une résolution faisant du « rassemblement » son « fil conducteur », selon les termes de son secrétaire national Pierre Laurent. Dont acte donc. Il est pour autant permis de s’interroger sur le sens et donc le genre de décision dont il s’agit là.

Je me le permets car celles et ceux qui sont engagés dans la France Insoumise sont intéressés au résultat, quel qu’il soit. De longue date en campagne et sur le terrain pour se confronter à la droite et à l’extrême-droite, ils doivent en effet gérer au mieux les atermoiements, les croche-pieds et les rebuffades de la direction du PCF et les dépasser pour continuer à amplifier la dynamique autour de la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Les décisions adoptées ce week-end par le PCF méritent donc de leur part quelque attention et un examen factuel de manière à pouvoir continuer à accomplir au mieux leur tâche.

N’en déplaise à Pierre Laurent, le fil conducteur de la résolution du PCF n’est pas le rassemblement mais la centralité accordée à la primaire du Parti Socialiste. En effet, quel que soit l’option retenue dans la résolution qui a été adoptée, celle-ci est renvoyée au résultat de la dite primaire. L’option 1 (candidature Mélenchon) est placée sous la tutelle d’un « tout en poursuivant leurs efforts pour une candidature commune ». Pierre Laurent était plus précis encore le jour même du vote sur les antennes de RTL : « [La victoire de Montebourg à la primaire du PS] serait un évènement tout à fait nouveau. Jean-Luc Mélenchon et Arnaud Montebourg devraient alors discuter ensemble ». Autrement dit l’élément qui déclencherait le rassemblement suggéré serait la primaire du PS. C’est donc elle qui dicterait le calendrier. Mais en se plaçant dans une telle configuration où l’attente d’une victoire Montebourg n’est pas un élément supplémentaire de discussion mais un point de départ, qui ne voit pas que ce qui est dessiné en creux est le fait de mettre au pas la candidature Mélenchon, et donc dans ce cas celle ces communistes avec, et de la placer sous la bannière de l’ancien ministre de Manuel Valls et François Hollande ?

Il n’en est pas autrement si c’est l’option 2 (candidature PCF) qui l’emporte : « cette candidature pourrait, si la situation l’exige, sur la base d’un accord politique et après consultation des adhérent-e-s, se retirer au profit d’une candidature commune d’alternative à l’austérité telle que nous le proposons ». Pourquoi le Parti communiste s’auto-limite-t-il de la sorte en rendant chacune de ses décisions dépendante du PS ? Quand cessera donc ce syndrome de Stockholm qui le paralyse ? Car assujettir aujourd’hui encore sa décision au calendrier de la primaire socialiste, c’est entériner l’idée que le PCF restera dans le giron du PS.

Logiquement, le calendrier en découle. Si la résolution fait ainsi état de « s’engager sans attendre autour d’une candidature », c’est pour mieux préciser « Cet engagement n’est pas le terme de nos efforts de rassemblement ». Et le texte de ne fixer désormais aucune limite, pour « continuer d’agir jusqu’au bout pour parvenir à une telle candidature commune,[tendre] la main et [poursuivre] le dialogue avec toutes ces forces jusqu’au dépôt des candidatures à l’élection présidentielle, pendant et au-delà des échéances de 2017.» Vous avez bien lu : le calendrier ne court plus « seulement » jusqu’à la primaire du PS du 29 janvier mais désormais jusqu’à la mi-mars. Voilà donc un texte qui proclame d’un côté entrer en campagne, mais qui de l’autre empêche d’exister la candidature qu’elle est censée promouvoir ! Notez d’ailleurs que cette immobilisation atteindrait aussi bien une candidature Mélenchon qu’une candidature communiste, en la suspendant jusqu’au bout à un éventuel désistement. Allez donc faire campagne avec une telle perspective et un tel boulet accroché aux pieds ! Et comme le ridicule ne tue pas, notons que, alors même que la phrase traite de la désignation du candidat, il est question du « pendant et au-delà des échéances de 2017 ». Tout cela n’est donc pas sérieux.

Les bases programmatiques ont-elles alors été débattues avec plus de rationalité ? Ce travail comparatif minutieux a-t-il été effectué pour jauger de L’avenir en commun, le programme de La France Insoumise qui, issu de l’Humain d’abord, reprend 80% des conclusions de la consultation Que demande le peuple lancée cet été par le PCF ? Ou alors les perspectives d’un travail commun avec Arnaud Montebourg, puisqu’il s’agit bien de lui sur lequel lorgne la direction du PCF, ont-elles été mises en regard ? Si oui sur quelles bases ? Celles d’un programme commun comme en 81 ? Où est-il ? Celles de simples accords programmatiques ? Et si oui lesquels ? Ceux issus des propositions exprimées par Arnaud Montebourg dans le JDD le dimanche qui a précédé la conférence, quand le candidat PS refusait toute augmentation du smic et des salaires sauf à les lier à un impossible accord européen, ou lorsqu’il proposait un code du travail spécifique pour les PME négocié branche par branche ? Ou est-ce la privatisation qu’il souhaite engager du parc HLM qui attire à ce point les communistes ? Car qu’une candidature issue du parti communiste soit considérée plus pure au regard de la doxa du parti que la candidature Mélenchon, cela peut s’entendre. Mais enfin si cette candidature a vocation à s’effacer derrière une candidature issue de la primaire du PS, le fond mérite sans doute d’être examiné avec un tant soit peu de précision non ?

La charte proposée par la France Insoumise a également suscité nombre de réactions de rejets. Pour autant, beaucoup de ce qui a été entendu relevait de la propagande malveillante appuyée sur des medias qui ont tout au long des dernières heures ont cherché à envenimer les débats en colportant de fausses informations. Ainsi, l’article du Figaro faisant état que « les aspirants députés devront affirmer, par la ratification de ce texte, leur soutien sans appel au candidat de la présidentielle, une adhésion à son programme l’Avenir en commun, le versement d’une cotisation à l’association de financement de la France insoumise et l’engagement de reconnaître les assemblées citoyennes locales » a été largement relayé et commenté lors de la conférence. Mais chacun jugera qu’une telle description n’a rien à voir avec le document mis en ligne en amont de la conférence par la France Insoumise. La discussion mérite mieux que des caricatures.

Il y a eu beaucoup de passionnel ce week-end. En amont de la votation, mais aussi après quand les dirigeants ont cherché à masquer la crise suscitée par ce vote en se servant de Jean-Luc Mélenchon comme d’un défouloir et en espérant que la cristallisation fasse oublier le reste. Ce n’est pas raisonnable. Ce n’est pas raisonnable, à moins de craindre le changement et la transformation radicale de la société, de chercher à affaiblir notre camp, celui de la Raison avec un grand R, au moment même où cette perspective est enfin à portée de main et où nous sommes en passe de le positionner aux avant-postes pour devenir le vote utile pour battre la droite et l’extrême-droite. Certains en ont déjà tiré les conséquences, au nom de cette même raison. Ainsi, ce lundi dans Le Parisien Christian Favier, président PCF du conseil départemental du Val-de-Marne et sénateur lâchait : « A l’évidence, Jean-Luc Mélenchon est un candidat bien inscrit dans le paysage. La position de raison, c’est de lui apporter un soutien tout en apportant dans la campagne nos propres propositions. ». La raison est nécessaire pour que le résultat du vote des 24, 25 et 26 novembre, quel qu’il soit, puisse être entendu et compris de tous au-delà des seuls adhérents du PCF.

Conférence de Stathis Kouvelakis

[l-events-calendar calendarcolor=’#ff3d00′ displayimage=’true’ category=’manifestation’]LÉclairCit  et le collectif de soutien au peuple Grec-Aube organisent conjointement une conférence de Stathis Kouvelakis sur la situation de la Grèce face à l’austérité imposée par la Troïka (Commission européenne, Banque Centrale Européenne et FMI)

24 novembre 2016 à 18h30
Maison des associations
63, avenue Pasteur à Troyes
 

Cette conférence, suivie d’un échange avec la salle, sera l’occasion d’avoir un éclairage approfondi sur cette Europe du mépris des peuples. Peuples, comme le rappelle régulièrement Stathis Kouvelakis, qui lui ont pourtant témoigné à maintes reprises leur désaccord lors des référendums populaires.

Mélenchon est-il parti tout seul à la présidentielle ? Ou de l’amnésie collective.

« L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant. » René Char : si je n’invente absolument rien dans ce billet emprunté au blog de Martine Billard, au point d’emprunter cette citation dans le 23ème commentaire de l’article par un militant revendiquant son appartenance au PCF, je pense que la lecture en est indispensable contre l’inexactitude dont on se complait à entourer la chronologie de la candidature de JLM…

Comme quoi il ne s’agit peut-être pas tant de parler de rassemblement que de le construire…

Martine BillardIl est de bon ton dans les rangs du défunt Front de Gauche de se lamenter sur l’auto-proclamation de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, le coup de force que cela aurait été, le fait qu’il serait parti tout seul sans attendre que les autres forces du Front de Gauche prennent position, etc … Jacques Fortin parle même de « candidature imposée par une captation de voix et de notoriété qui « appartenaient » politiquement à la coalition « Front de Gauche » d’il y a cinq ans ».

Quelle drôle de caricature

On peut lire aussi les commentaires à diverses notes de blog où des militants communistes accusent Jean-Luc Mélenchon de vouloir imposer son programme et exigent maintenant qu’on reparte de l’Humain d’abord. Mais qui l’a abandonné ? Mélenchon qui le propose comme ouvrage de référence sur son site jlm2017  ? Ou P. Laurent qui a préféré faire un QCM ? L’Avenir en commun, programme de la France Insoumise a vu intervenir de nombreux contributeurs alors qu’en 2012 le programme avait été négocié entre des équipes restreintes du PCF, du PG et de la Fase. Le problème n’est donc pas là. Le contenu ? Pour le moment aucune critique argumentée n’a été publiée, même si on peut se douter que la fermeture de Fessenheim et la sortie du nucléaire peuvent poser problème.

A lire tous ces propos accusateurs, un observateur extérieur à la scène politique française pourrait se demander qui est cet aventurier, comment il se fait que personne n’ait pu l’arrêter lors de cette annonce, et pourquoi il trouve plus de 142 000 soutiens quand les appels divers à refuser le programme et la démarche de France Insoumise cumulent au mieux 20 000 signataires entre les 3 appels.

Refaisons la chronologie des faits que beaucoup ont tendance à oublier.

Le score, 11,1% soit 4 millions de voix, obtenu par Jean-Luc Mélenchon, candidat commun de toutes les forces du Front de Gauche à la présidentielle de 2012, ainsi que la fabuleuse campagne menée pendant les 10 mois précédents avaient permis de soulever beaucoup d’espoir. Mais rappelons quand même qu’ à l’époque certains, qui aujourd’hui dans la mouvance Ensemble sont contre la candidature de Mélenchon, n’avaient déjà pas souhaité rejoindre cette campagne et avaient attendu les élections législatives.

estivalesDans la foulée des deux élections, se sont tenues en août 2012 les Estivales du Front de Gauche à Grenoble rassemblant des militants encartés ou non dans des partis participant au Front de Gauche. Elles représentaient l’espoir de travail en commun de tous les militants au delà des appartenances partidaires. Ces estivales se tiendront une deuxième et dernière fois en août 2013. En fait le PCF n’y avait jamais été très favorable et y participa de façon plus que modérée.

Lors des municipales le PCF choisira de faire liste commune avec le PS dans la moitié des grandes villes de France à commencer par Paris ou Nantes ville du premier ministre du moment Jean-Marc Ayrault. Non seulement il sera sur des listes communes avec des membres du gouvernement dont l’ensemble du Front de Gauche sans exception critiquait durement les politiques, mais en plus il le fera en utilisant le sigle commun Front de Gauche, le déconsidérant et entretenant ainsi la confusion.

Y-a-t-il eu une décision collective du Front de Gauche à l’époque pour valider cette stratégie ? Non, jamais. Cela a-t-il gêné la direction du PCF de choisir une stratégie contraire à ce que défendait la moitié du FG ? Non plus.

L’été suivant ne verra plus d’Estivales communes et la méfiance s’installera. Lors des élections départementales et régionales le PG mettra tous ses efforts pour obtenir des candidatures communes non seulement du FG mais aussi avec d’autres forces telles EELV et Nouvelle Donne. Le PG acceptera de laisser les titulaires ou les têtes de liste à EELV ou au PCF au nom de la recherche d’unité.

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Patrick Peron, candidat de rassemblement dans le Grand Est… Proposé par le PC, accepté sans discussion par les partenaires au vu de ses qualités… Pourquoi ce genre de chose ne serait-il possible que dans un sens ? (Note de Michel Bach)

Doit-on rappeler l’auto-proclamation de la candidature de Pierre Laurent pour la tête de liste aux régionales en IDF, alors qu’il était déjà sénateur, président du PGE, secrétaire nationale du PCF et ce contre les demandes de discussion de Ensemble ! du PCOF et du PG ? C’était à prendre ou à laisser pour Pascal Savoldelli en charge des élections : « On a la tête de liste la plus crédible ». Pour ne pas créer de la division, nous nous sommes inclinés. Idem dans la région centre avec la tête de liste pour Nicolas Sansu, député-maire de Vierzon, ou Sébastien Jumel, maire de Dieppe en région Normandie etc … Bizarre tout le monde oublie aujourd’hui ces épisodes à moins que pour le PCF tout soit permis ?

A la sortie des départementales et régionales (décembre 2015), de son côté, EELV dit publiquement que les accords avec le Front de Gauche ne servent à rien (entendez ne leur permet pas d’avoir plus d’élus).

L’année 2016 commence le 11 janvier avec l’appel de personnalités à « une primaire des gauches et des écologistes . Pierre Laurent, lors des vœux du PCF le même soir à Colonel Fabien déclare «Certains me disent: primaire. Ce n’est pas ma culture, mais je dis: discutons, échangeons, construisons ensemble».

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF confirme cet engagement de la direction du PCF dans les primaires avec le PS : « On prend cet appel très positivement, nous sommes favorables et disponibles » Il a souhaité que la gauche soit « capable de collectivement cheminer vers un espace commun » dans les six prochains mois.

Ce à quoi le même soir, Jean-Luc Mélenchon présent à Fabien répond aux journalistes : « Je n’y serai pas parce que quand on va à une primaire, c’est qu’on en accepte le résultat et si Hollande vient, je n’ai aucune raison de le faire alors que je le combats depuis 2012« .

Nous sommes donc le 11 janvier 2016 , la direction du PCF ne rejette pas l’idée de primaires incluant le PS contrairement à Mélenchon qui dit clairement non.

A l’époque tout le monde se demande si la position officielle du PCF est bien de participer à une primaire avec le PS incluant les membres du gouvernement. Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, le 14 janvier Olivier Dartigolles réaffirme cette position : «La primaire convoque l’idée d’alternative de gauche, lui redonne ses lettres de noblesse. Elle permettrait de relancer un débat de contenu, de redéfinir des points d’accord». Au risque de devoir se ranger derrière le PS s’il emportait la mise? «Qu’Hollande essaie d’y participer, et il perdra si le peuple de gauche se mobilise».

Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas, à l’époque la coordination du FG se réunissait encore mais Pierre Laurent ou Olivier Dartigolles n’ont pas jugé bon de venir devant pour mettre le sujet en discussion. C’est seulement une fois qu’ils se sont exprimés publiquement que l’opportunité d’en discuter en coordination a été envisagée.

C’est dans cette confusion totale ainsi créée, que Jean-Luc Mélenchon, soutenu par le PG, décide d’utiliser sa présence le 11 février au 20 heures de TF1 pour dire sa disponibilité à être de nouveau candidat à la présidentielle.

Vous avez bien lu, l’annonce de la disponibilité de Jean-Luc Mélenchon pour la candidature a eu lieu le 11 février soit un mois après l’annonce par le PCF de l’acceptation du cadre des primaires de toute la gauche avec le PS ! Comme proposition de candidature précipitée, on fait mieux !

D’accord vont me répondre certains, mais quand même à part le PG personne d’autre n’a été consulté. Mais toutes les autres forces du Front de Gauche étaient partie prenante des primaires à part le PCOF qui annonce son retrait en désaccord justement avec cette participation. Vous avez oublié ? Ou c’est trop douloureux de s’en souvenir ?

Ensemble ! participera comme observateur aux réunions d’organisation de la primaire organisée à l’assemblée nationale jusqu’en mars même si de nombreux militants sont contre : Dans le cadre des réunions proposées par les initiateurs de l’appel pour une primaire à gauche publiée dans Libération – auxquelles participent le PS, le PCF, Nouvelle Donne, EELV, Caroline de Haas et les initiateurs de « l’autre primaire », Ensemble! étant observateur – le débat doit se clarifier.

Comité de liaison de la primaire : jeudi 16 mars

Présents : Appel « Libération » : Yannick Jadot, Guillaume Duval, Marie Depleschin ; Appel « primaire de gauche » : Eliot Lepers, Adrien Jeantet ; Direction du PS : Rachid Temal, Christophe Borgel ; Motion B du PS : Christian Paul, Guillaume Balas ; EELV : Marine Tondelier ; ND : Pierre Larrouturou, Marc Obadia ; UDE : 2 pers ; PCF : Olivier Dartigolles, François Auguste ; Ensemble ! : JP Mamet (observateur).

Le PCF ne rompra qu’en juin lorsqu’il apparaîtra clairement que la majorité des militants sont contre et que de toute façon cela ne se fera pas.

Avant, de nombreuses déclarations défendront la démarche. Ainsi le 18 février Nous voulons un débat d’idées qui unit. Déclaration d’Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, et Isabelle de Almeida, présidente du Conseil national, lors de la réunion du comité de liaison de la primaire de la gauche et des écologistes. Le 22 février Pierre Laurent : .

Le 6 avril Tribune dans le JDD « Pour une primaire des idées » signée par O. Dartigolles et I. de Almeida

Le 14 avril Tribune d’Olivier Dartigolles dans Libération. Extraits : « Pour le PCF, une telle primaire, ou tout autre processus citoyen, passe d’abord par la priorité donnée à la construction d’un projet politique élaboré lors de réunions publiques et de débats citoyens sur une question : «Quelle France voulons-nous ?» Le débat sur les candidatures et le vote citoyen pour choisir la ou le candidat(e) n’est donc pas, à ce stade, la question prioritaire. Si l’Elysée et la direction du PS cherchent, par tous les moyens, à planter la primaire, c’est qu’ils ne veulent ni du débat d’alternative à la politique actuelle ni d’un processus confirmant le rejet de la candidature de François Hollande ou de tout autre représentant des renoncements et des trahisons. »

Fallait-il pendant ce temps se tourner les pouces en laissant s’installer le rejet sur le thème « vous êtes tous pareils » ?

Dès le début, le PCF a exigé de Jean-Luc Mélenchon qu’il vienne dans le cadre commun avec le PS. Il a toujours refusé. A partir de là il devenait difficile de discuter.

Au PS, les « frondeurs » ont décidé de s’inscrire dans cette primaire en s’engageant à ne pas s’opposer à la désignation de François Hollande si celui-ci gagnait la primaire. Mieux, ils sont 4 candidats à concourir (Montebourg, Hamon, Filoche, Lienemann ). Même pas capables de se mettre d’accord entre eux pour gagner la primaire ! Et après on vient nous donner des leçons d’unité ?

Quant à EELV, dès leur congrès, ils ont affirmé qu’il y aurait un candidat issu de leurs rangs sans alliance avec personne et qu’il y aurait des candidats de leur parti dans toutes les circonscriptions. On ne peut pas faire plus clair !

A quoi servent donc ces appels à l’unité de forces qui ont déjà fait des choix divergents ?

Et le ridicule ne tue pas, puisque ces jours-ci on a droit à 3 appels à l’unité différent : un lancé par Gérard Filoche, un par l’appel des cent incluant des membres de la direction du PCF et d’Ensemble ! et le dernier par Pierre Laurent lui-même dans un texte où l’écologie a tout simplement disparu comme si c’était un sujet anecdotique pour la présidentielle de 2017.

On peut ne pas aimer, Jean-Luc Mélenchon, avoir des désaccords (mais avec qui est-on en accord total?), mais ce qui serait invraisemblable c’est que certains préféreraient soutenir Montebourg, ancien ministre de Valls, en espérant qu’il gagne la primaire comme Olivier Dartigolles prompt à chercher les divergences avec Mélenchon mais soulignant les convergences avec Montebourg.

Mais comme je le dis dans ce billet, les mêmes qui critiquent JL Mélenchon pour avoir déclarer sa candidature sans l’avoir négociée avec le PCF (il serait toujours en train d’attendre une réponse) trouvent normal que le PCF déclare partout ses candidats aux législatives. Il y aurait donc urgence pour ces élections mais l’entrée en campagne pour la présidentielle pourrait attendre.

Pourtant aujourd’hui, la campagne pour la présidentielle a déjà largement commencé. La candidature de Jean-Luc Mélenchon répond largement à des attentes de la population. On peut choisir de rester dans le microcosme militant à chercher les divergences dans le programme (il y en a forcément, même moi j’ai des points de désaccord comme le vote obligatoire). On peut aussi se dire que pour s’adresser largement à nos concitoyens il faut savoir retenir le principal. Déjà de nombreux communistes et militants d’Ensemble ont fait ce choix et, nous militants de partis, nous travaillons toutes et tous en bonne intelligence aux côtés de toutes celles et ceux bien plus nombreux qui ne supportent tout simplement plus le PS, la droite et l’extrême droite et qui veulent que dans cette échéance présidentielle il y ait une voix pour porter leur colère et proposer des solutions.

Comme le disent Hélène Adam, François Coustal et Olivier Martin dans un billet sur le site d’Ensemble « L’élection présidentielle est, en France, le moment où un maximum de gens, notamment dans les classes populaires, s’intéressent au débat politique. On peut le critiquer, le regretter. Mais c’est ainsi. »

Alors j’espère que le maximum de militants du PCF et d’Ensemble qui n’ont pas envie de rester sur le bord du chemin vont nous rejoindre pour mener toutes et tous ensemble cette belle aventure. Et si la ou le candidat-e d’EELV n’avait pas les 500 signatures, l’écologie aura de toute façon une voie forte dans cette élection par l’intermédiaire de JL Mélenchon. Ce sera à eux de décider de s’y joindre ou de regarder parler d’écologie sans eux.

Lire l’article sur le blog de Martine Billard

Ceci n’est pas un congrès…

Ceci n’est pas un congrès…

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A gauche, Mireille Brouillet

En effet. Entrons dans la salle de conférence : pas de fauteuils, en rangs serrés pour recevoir les conventionnels et les invités, face à un plateau d’où ceux qui savent pourront prodiguer les leçons et la bonne parole à des auditeurs attentifs… et passifs ; rien de tout ça, mais des tables, une kyrielle de petites tables rondes, chacune d’entre elles devant accueillir 5 à 6 personnes : il n’y a plus qu’à chercher sa place. En circulant à travers la salle, on rencontre bien quelques têtes connues, mais ce n’est pas ce qu’on cherche : on cherche Sa Table, la table qu’on a tirée au sort dans celle des deux grandes coupes, Femmes ou Hommes, qui nous concerne : la parité est respectée sur l’ensemble des participants, elle est également imposée autour des tables. Dans cette errance, on est aidé par des guides munis d’un plan des tables et la salle se remplit en même temps qu’augmente le volume sonore et que les nappes blanches se recouvrent peu à peu, non d’assiettes et de couverts, mais de nos documents de travail.tables-rondesCar, s’il ne s’agit pas ici d’un congrès, ce n’est pas non plus un banquet républicain : c’est une convention, la Convention programmatique de la France Insoumise, et les choses sérieuses vont commencer. Les camarades, qui ont mis en place cette convention et qui en conduisent les travaux, parlent depuis un plateau rond et blanc, comme nos tables, mais bien plus grand et plus haut : on les voit de partout mais on peut aussi les suivre sans se contorsionner grâce aux écrans installés sur tous les murs. On entendra aussi, grâce à ce dispositif, les nombreux témoignages d’insoumis-es, en direct ou en vidéo, intercalés entre les différentes séquences de cet après-midi de travail. Des témoignages de l’urgence démocratique, de l’urgence sociale et de l’urgence écologique qui sont au cœur de notre programme.

Alexis Corbière

Le mot d’accueil d’Alexis Corbière, porte parole de la campagne, donne le ton : nous avons bousculé l’ordre établi et notre campagne sera frontale. Nous avons notre candidat, nous avons maintenant notre programme, un programme que nous avons construit ensemble : à nous de le diffuser, à nous de convaincre nos proches, nos voisins, nos collègues. Et nous ne devons compter que sur nous-mêmes pour le faire valoir. C’est l’implication du peuple qui permettra l’application de notre programme ; les media nationaux, outre qu’ils attaquent Jean-Luc Mélenchon, déforment nos propos.

Charlotte Girard

Charlotte Girard, ensuite, rappelle l’historique de l’élaboration de notre programme : s’appuyant sur notre programme de 2012, « l’Humain d’abord », il a été enrichi de 3000 propositions des Insoumis-es qui ont été classées et synthétisées. Puis, des auditions de personnalités d’horizons divers ont permis d’approfondir certains thèmes. Enfin, des organisations politiques qui souhaitaient nous rejoindre ont apporté leur pierre au travail collectif. Aujourd’hui, nous allons choisir les thèmes et les mesures qui seront mis en valeur pendant la campagne.
Viennent enfin les précisions sur les tâches qui nous attendent pour l’heure qui s’ouvre maintenant ; elles nous sont données par Maxime Laisney : 3 séquences de « cogitation » de 20 mn, chacune comprenant 17 mn d’échanges, entre nous autour de la table, sur nos pratiques militantes et 3 mn pour rédiger, sur une fiche collective, nos propositions pour : a. convaincre le plus grand monde ; b. permettre l’implication de toutes et tous ; 3. avoir 577 candidat-e-s aux législatives. On nous donne le signal du départ de la première séquence et toutes les ruches que constituent nos tablées entrent en bourdonnement…
Quand s’achève la troisième cogitation, Maxime et Charlotte reprendront la parole pour nous proposer une dernière tâche : parmi 60 mesures énumérées sur un document de travail, choisir les 10 qui nous paraissent prioritaires pour la campagne ; nous pourrons voter avec nos Smartphones ou sur des ordinateurs mis à disposition dans la salle d’accueil ; les insoumis-es qui nous suivent en direct par internet peuvent également participer au vote, et le résultat nous sera communiqué le lendemain.
Dimanche matin : fin de la Convention…qui ressemble, cette fois, à une fin de Congrès. En effet, outre les résultats du vote de la veille, nous saluons toutes les personnalités étrangères qui suivent de près et soutiennent la démarche de la France Insoumise. Je me dois de souligner que, parmi ces témoignages, deux ont été particulièrement ovationnés et qu’il s’agit de deux femmes : Zoé la Grecque et Aminata la Malienne… Presqu’autant que Jean-Luc, qui clôt les travaux. Pour ma part, j’envoie un salut et un grand merci aux 250 paires de petites mains bénévoles qui ont apporté tous leurs soins à l’installation et à l’animation du Village militant.

Gérardmer : le « vote utile » est de ce côté-là

Communiqué du Parti de Gauche

Election cantonale partielle Gerardmer :

Avec 52 % des voix notre camarade Gilbert Poirot et sa co-listiere Jacqueline Valentin reprennent à la droite le canton de Gerardmer (Vosges).

Le PG se réjouit de ce succès. Cette victoire sans appel d’une candidature de gauche totalement indépendante du PS montre que les forces réactionnaires n’ont pas encore gagné dans notre pays .

C’est un signe pour 2017 : le « vote utile » est de ce côté là.

L’article du journal Vosgesmatin

L’article de l’Humanité

Soutenir la lutte des salariés d’Allia !

allia-bandeauSamedi 24 septembre, 400 personnes se sont mobilisées pour dire non à la fermeture d’Allia à La Villeneuve aux Chênes.

Après la fermeture de Simpa, c’est un nouveau coup dur pour ce bassin d’emploi, d’autant plus révoltant que c’est le fruit d’une stratégie du groupe Gébarit, qui cherche à délocaliser ses productions en des terres plus « compétitives », à savoir Pologne et Portugal.

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Clic pour lire l’article !

Pour en savoir plus, sur l’histoire de l’usine et la stratégie du groupe dans l’affaire…

Après le défilé, l’avocat des salariés a bien insisté sur la nécessité de la lutte pour arracher une victoire, et faire en sorte que « Gébarit  mette la main au porte-monnaie, soit pour relancer l’activité, soit relancer une activité industrielle nouvelle qui fasse qu’à chaque emploi perdu corresponde un emploi créé. »

Ont suivi les interventions consternantes des élus de droite, postures de matamores et de pleureuses faciles, promettant de tout faire pour sauver une situation dont sont responsables les politiques d’austérité libérale qu’ils défendent sans discontinuer à tous les échelons de la France et de l’Europe !

A l’heure où il nous faut encore nous mobiliser contre la loi travail qui aurait mis les salariés d’Allia dans l’impossibilité de se défendre, l’heure est à la solidarité avec eux.

Rappelons simplement quelques vérités :

  • Pourquoi notre parlement n’a jamais voulu, sous quelque président de la République que ce soit, et quelle qu’y soit la majorité, voter une loi contre les licenciements boursiers, comme proposée systématiquement par le Front de Gauche ?
  • Le Parti de Gauche propose de  mettre en place une politique de protectionnisme solidaire,
    • afin de ne plus accepter le dumping social avec des pays que les conditions de vie indignes des salarié(e)s rendent plus « compétitifs » ;
    • afin de préserver la planète de l’inflation des tranports, et produire au plus près, pour le bien-être des populations et la préservation de l’environnement.

Deux initiatives :

  • une pétition circule. Vous pouvez la télécharger et la faire signer autour de vous …
  • un déplacement en Suisse est prévu, au siège du groupe Geberit…

 

 

Les dix premières mesures de JLM à l’Elysée

Invité d’On n’est pas couché, Jean-Luc Mélenchon a donné les 10 premières mesures qu’il mettrait en place s’il arrivait à l’Éysée. À écouter et à partager !

Jean-Luc Mélenchon et les communistes

logo-patriote
Clic pour lire sur le site original

Ci-dessous un entretien réalisé à la Fête de l’Huma, et paru dans le journal du PCF de l’Ariège…

Jean-luc Mélenchon

La Fête de l’Humanité nous a donné l’occasion de mener à bien un projet que nous portions depuis plusieurs mois : donner la parole à Jean-Luc Mélenchon dans un organe de presse communiste. Le but affiché était qu’il puisse s’adresser aux électeurs communistes et du Front de gauche qui, en grand nombre, ont été froissés par la méthode choisie pour démarrer sa campagne. L’attente était grande. Cet entretien, réalisé conjointement avec l’Echo du centre, quotidien communiste du Limousin, s’est déroulé dans un espace à part de la Fête, le samedi à midi. Il a d’ores et déjà eu des répercussions bien au-delà de nos frontières politiques et départementales. (La rédaction)

Le Patriote : La manière dont tu as démarré la campagne a heurté un certain nombre de communistes, car ce n’est pas dans notre culture de nous y prendre de cette manière-là. Est-ce que tu peux revenir sur cette première période ?

Jean-Luc Mélenchon : Oui, volontiers. D’abord je souhaiterais que l’on dépersonnalise la discussion. Parce que je trouve que depuis sept mois, on a excessivement personnalisé la critique de ma campagne, en la concentrant sur moi comme individu. C’est très mauvais, ça crée une ambiance trop tendue et au fond qui n’a pas de solution, car comme individu je ne changerai pas.

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Jean-luc Mélenchon interviewé
par l’équipe du Patriote et de l’Echo du centre.

Le fond de l’affaire est politique depuis le début : Nous avons eu un entretien, Pierre Laurent et moi, au mois de décembre de l’année 2015, et je lui ai dit : « Pierre, je pense que nous avons le besoin d’une campagne de longue durée pour ancrer, car la situation va être très volatile ». Je le pressentais. Je savais qu’il y aurait une extraordinaire agitation, à la limite de la dislocation au sein du Parti socialiste. Nous savions tous qu’il y aurait une primaire à droite. Donc on pouvait assez facilement comprendre que la scène politique serait tellement agitée qu’elle pourrait être très rapidement illisible. Pas illisible par nous, militants, nous y voyons toujours clair. Mais illisible pour la masse des Français, c’est à eux qu’il faut penser, qui sont déjà dans un état de désorientation extrême. C’est-à-dire que des gens de gauche ne reconnaissent plus la gauche dans l’étiquette du gouvernement, ça ne veut plus rien dire pour eux. Si François Hollande c’est la gauche, si la loi El Khomri c’est la gauche, bon alors, qu’est-ce que la droite ? Et des gens de droite qui disent : « Mais nous, ce n’est pas ça notre vision de la Patrie, de la République, de se brouiller en permanence avec l’autre partie de la population, celle qui est musulmane, ou que sais-je encore, les pauvres qui sont des profiteurs, d’après les gens de droite ». Beaucoup de gens de droite ne se reconnaissent pas là-dedans.

Donc il y a en profondeur une désorientation du peuple français. C’est la raison pour laquelle il faut être clair dès le début, en disant d’abord « on va parler à tout le monde et pas seulement à ceux de gauche ». Bref, je vais être aussi synthétique que possible, Pierre m’a dit : « ça ne peut pas fonctionner s’il n’y a pas un rassemblement de la gauche ». Je ne crois pas du tout à cette thèse. Je le lui ai dit. Je ne crois pas que ce soit en rassemblant des étiquettes, des partis et des états-majors, qu’on va créer un enthousiasme populaire suffisant pour passer la barre. Je crois même le contraire.
Si on donne l’impression qu’on est retournés dans les magouilles et les ententes en demi-teinte, on va encore aggraver la désorientation. Donc nous avons besoin de partir de loin. Nous nous sommes quittés sur un constat de désaccord de stratégie politique. Pierre a établi son calendrier pour le mouvement communiste, et j’ai établi le mien pour ce que j’allais entreprendre.

Et c’est comme ça que j’ai décidé de démarrer le 11 février. Pourquoi cette date-là ? Je peux le dire maintenant, parce que nous étions dans un moment où apparaissait en même temps la candidature de Marine le Pen et où Sarkozy, s’exprimant quelques jours auparavant, avait clairement fait comprendre qu’il était candidat. Donc la scène était entièrement occupée par la droite. Et nous, notre famille politique, on serait là en train de se disputer les uns avec les autres, parce que une primaire c’est fondamentalement un exercice mortel de surenchères les uns sur les autres.
J’ajoute donc à cette occasion, que le système des primaires n’est qu’apparemment démocratique. Il ne l’est pas en réalité. C’est un tamis social. Seuls les centre-ville urbains et aisés participent dans la plus grande partie des cas à des élections primaires. Et une infime partie de l’électorat. Par exemple les primaires américaines… Tout le monde a dit «ah, c’est formidable, c’est une culture… ». 9% des électeurs ont voté dans toutes les primaires, c’est-à-dire démocrates et républicaines. C’est rien du tout. Et chez nous où il n’y a pas cette tradition, c’est encore moins. Par conséquent, je ne prends que cet aspect des primaires, je ne crois pas à cette méthode. Et d’ailleurs, ceux qui ont lancé l’idée d’une primaire de toute la gauche, Cohn-Bendit et le journal Libération, ne sont pas des références pour nous, en tout cas. Et d’entrée de jeu, Cohn-Bendit a dit : « Une primaire, c’est parfait parce que c’est le seul mode de désignation où Mélenchon et Pierre Laurent n’ont aucune chance ». Comme ça c’est clair. Et à peine avait-on commencé que déjà Julien Bayou disait « Ah oui, mais attention, si le candidat qui l’emporte est contre l’Europe, alors ça posera un problème », parce que pour lui, être critique à l’égard de l’Union européenne, c’est être contre l’Europe. Ce n’est pas sérieux.

Donc j’ai démarré le 11 février. Mais je demande aux communistes de faire appel à leur mémoire : c’est exactement la même méthode qu’en 2011, exactement la même, avec un mois de retard. Le 21 janvier 2011, j’ai proposé ma candidature. Tout seul. En tout cas en apparence. Comme cette fois-ci, je la propose tout seul et hors-cadre de partis. Pas «contre» les partis, «hors-cadre» de partis. Moi-même je suis membre d’un parti politique. Je l’ai été toute ma vie. J’ai été membre du Parti socialiste puis membre du Parti de gauche. Je n’ai pas cessé d’être membre de mon parti, je cotise. Donc je ne suis pas contre les partis, je n’ai pas cette sottise… Je suis «hors-cadre». Pourquoi hors-cadre ? Parce qu’il faut que tout le monde puisse investir la campagne. Je ne peux pas me présenter en disant que je suis l’homme de quatre, cinq, six, sept partis. Non. Voilà pourquoi, à la fois je propose ma candidature, et je crée le mouvement d’appui à ma candidature, la France insoumise. Vient qui veut : membres de partis, pas membres de partis, des gens qui ont voté autrement, des gens qui n’ont pas voté dans les précédentes élections…

Il faut faire cette ouverture grand-angle. Et nous, qui sommes des militants, engagés politiquement toute notre vie, nous devons apprendre à traiter avec l’informel, avec l’état du pays tel qu’il est. Ce n’est pas à nous de n’accepter que le peuple qui nous convient, celui qui a l’habitude de se référer aux partis politiques. Non, il y a plein de gens qui ne sont adhérents à rien. Et alors on leur dit « non, vous ne comptez pas ». Bien sûr que non. Donc c’est exactement le même calendrier, sauf que j’ai un mois de retard. J’ai proposé ma candidature le 21 janvier 2011, tout seul, je ne l’ai pas fait au nom du Parti de gauche, je ne l’ai pas fait au nom du Parti communiste. Le Parti communiste a engagé une procédure interne, mais bien plus tôt que cette fois-ci. Et les communistes ont tranché et ils ont voté à la date du 18 juin. Le 18 juin de l’année 2011, les communistes avaient pris leur décision, et le 18 juin, le soir, j’étais sur TF1 pour annoncer que dorénavant j’étais candidat investi par, à l’époque, le Parti de gauche, le Parti communiste et la Gauche unitaire. C’est ça le cadre de l’union.

Ce n’est pas la même chose aujourd’hui : nous savons que les cartels de partis sont condamnés. Parce que nous avons fait fonctionner le Front de gauche comme un cartel de partis. C’est l’expérience concrète qui nous montre que ce n’est pas la bonne méthode. Ça ne veut pas dire qu’on renie ce qui a été fait par le Front de gauche. Mais nous devons porter plus loin l’expérience acquise. L’expérience acquise, c’est que non seulement il faut intégrer tous ceux qui ne veulent pas prendre la carte d’un parti mais qui veulent participer aux campagne, mais aussi tous ceux qui n’avaient jamais pensé faire de la politique. Voici le cran supérieur. Ensuite, les communistes ont leur calendrier. Je m’incline.

Jean-luc Mélenchon
Jean-luc Mélenchon et Jean Triguéro

Je l’accepte. M’avez-vous entendu une seule fois dire « ce n’est pas bien, je ne suis pas d’accord ». J’ai pu exprimer des regrets, dire « moi j’aimerais avoir l’aide des communistes aujourd’hui, des militants communistes », mais je vais vous dire les choses comme elles sont : il y a déjà des milliers de communistes engagés dans la France insoumise, qui créent des groupes d’appui, qui collent des affiches et qui discutent surtout, qui discutent avec leurs voisins, leurs collègues de travail, parce que c’est comme ça qu’on va gagner. Et je le dis parce que je viens de dire « coller les affiches », mais ce n’est pas le plus important. Le plus important, c’est le contact personnel. Chaque personne doit se faire une liste de dix autres personnes à convaincre et à accompagner jusqu’au jour du vote.

Donc nous sommes dans le même calendrier, avec la même forme, avec les mêmes mots, croyez-moi, je les ai pesés et c’était les mêmes que la fois précédente : « Je propose ma candidature ». Et puis au moment où on est arrivés à plus de cent mille appuis, il ne faut pas non plus prendre les gens pour des imbéciles, ils ont bien compris que j’étais candidat.

Et bien, je l’ai dit. Quand ? Le 5 juin. Où ? Place Stalingrad où avait commencé la campagne la fois d’avant. On a appelé le rassemblement après la fin du congrès communiste. Le congrès communiste s’achève vers 13h, 13h30, le rassemblement commence à 15h. Il n’y a jamais eu de chevauchement. Je n’ai pas compris pourquoi on me faisait ce mauvais procès. J’observe d’ailleurs qu’on ne fait pas le même aux frondeurs qui se réunissent à la Rochelle pendant que nous sommes tous ici à la Fête de l’Huma qui est l’endroit où toute la gauche a l’habitude de se retrouver. Donc, pourquoi l’ai-je mis à cette date-là ? Parce qu’il y avait le congrès communiste et que je pouvais penser que dans le congrès communiste, comme la fois d’avant, une décision serait prise qui permettrait de converger. Elle ne l’a pas été.

Mais qui peut penser que je vais mener un calendrier de campagne en expliquant aux gens « écoutez, rien n’est sûr, attendez que, je ne sais pas quand, le 5 novembre, les communistes commencent leur procédure interne… ». Car je connais les statuts du Parti communiste. Le 5 novembre, ce n’est pas la prise de décision. Le 5 novembre, ça va être la décision qui va déclencher la procédure interne. Nous allons donc attendre le mois de décembre pour entrer en campagne, au milieu de la confusion des primaires socialistes ? Il n’en est pas question !

Par conséquent mon calendrier suit son cours. Et en cours de route bienvenue à tout le monde. Regardez la démarche du programme. Le programme, je ne pars pas de rien. Je suis stupéfait de voir que l’on puisse agir comme s’il n’y avait pas eu de programme la dernière fois. Il y a un programme : l’Humain d’abord. Il a recueilli quatre millions de voix. Il faut l’actualiser depuis 2012. C’est un mot qui dans le passé nous a amenés à quelques déboires. Qui va actualiser ? Et bien d’abord nos électeurs puisque ce sont eux qui l’ont voté la dernière fois, ceux qui veulent s’engager dans la campagne, tous ceux qui veulent s’engager. Il y a eu plus de trois milles contributions. Je ne dis pas que ce soit un chiffre extraordinaire, mais trois mille contributions. On a fait deux synthèses en cours de route, pour montrer aux gens où on en était, et rebondir. Nous avons fait des auditions de spécialistes. Et là nous sommes entrés dans un dialogue avec les groupements politiques qui décident de participer à la France insoumise.

Le groupe des socialistes dissidents, de la Nouvelle gauche socialiste, a déposé un document de 75 pages de propositions. Le Parti de gauche a amené ses 1000 fiches. Des communistes qui participent à la campagne amènent leurs contributions. On discute. Mais ce n’est pas une discussion de parti à parti, d’organisation à organisation. On essaie de voir comment tout ça, par rapport à la formule actualisée du programme l’Humain d’abord, ça colle ou pas. On ne peut pas coller bout à bout ce que tout le monde veut, ce n’est pas possible. Il faut qu’il y ait une cohérence. Moi je suis très attaché à la cohérence économique, à la cohérence écologique du programme et à la cohérence républicaine.

Donc tout ça compte beaucoup. Cette méthode va s’achever à l’occasion de la convention du mois d’octobre, qui se tient les 15 et 16 octobre. Pourquoi se tient-elle à ce moment-là ? Mais parce que j’ai des délais pour imprimer le livre pour qu’il soit prêt pour les cadeaux de Noël. Nous à Noël, on va offrir le programme de la campagne. Alors je vous dis un scoop, j’ai quand même quelques petits privilèges comme candidat, au moins celui de choisir quelques-uns des slogans… C’est moi qui ai choisi la France insoumise.

Je cherchais une expression qui soit dans l’esprit de celle de 2012. Vous vous rappelez, on avait fait « la France, la belle, la rebelle », c’était pris dans la chanson de Jean Ferrat. Et on cherchait un mot qui corresponde au moment dans lequel on est. C’est l’insoumission qui brise l’ordre établi, le consentement à l’ordre, la résignation. Et la dernière période a été remplie d’insoumis, lanceurs d’alerte, ouvriers et ouvrières qui résistent dans leur entreprise. Bref, j’ai choisi «la France insoumise» parce que je trouvais que ça parlait à tout le monde à la fois : aux syndicalistes, mais aussi à l’homme ou à la femme qui se lève chaque matin pour maintenir la cohésion de la famille, pour aller au boulot ou pour amener les gosses à l’école alors qu’il n’y a plus de boulot, parce qu’il faut tenir bon. Voilà, j’aimais ça.

Le programme, on ne va pas le rappeler l’Humain d’abord, quoique c’était magnifique, mais, par respect pour ceux qui auraient voté l’Humain d’abord ou les organisations qui auraient adopté l’Humain d’abord et qui ne se retrouveraient pas dans ma campagne, je le comprends, je n’ai pas envie d’avoir des polémiques avec les uns et les autres, on va donc changer le titre. Je vais proposer que ça s’appelle «L’Avenir en commun». «L’Avenir en commun» parce que c’est quelque chose que je partage avec les communistes et notamment les réflexions de leur dernier congrès. Nous autres, le grand courant collectiviste et progressiste, nous devons de nouveau et mieux motivés que jamais, faire partager l’idée que l’Humanité doit d’abord se préoccuper de ce qu’elle a en commun, à commencer par l’écosystème, le seul qui permette sa survie. Car l’écosystème est mis en danger par le productivisme. Et le productivisme est, lui, animé par la politique de l’offre du capitalisme financier. La planète va mourir, la civilisation humaine va mourir sous les coups du capitalisme financier et du productivisme. C’est pourquoi il s’agit d’appeler chaque personne à réfléchir, quoi qu’elle ait voté dans le passé, l’appeler à réfléchir en tant qu’être humain. Réfléchissez : notre avenir, nous l’avons en commun. Que vous soyez riche ou pauvre.

Et vous autres, les riches, vous feriez bien de vous poser des questions. Vous ne le resterez pas longtemps, riches, à ce tarif là, avec des événements climatiques extrêmes. Et à quoi bon être riches, à quoi bon ? Pourquoi avoir pour rêve d’être milliardaire, comme propose Macron ? En quoi est-ce un rêve honnête? Vous savez bien que celui qui a un milliard, il n’a qu’un rêve : en avoir un deuxième. A quoi ça sert ? Et celui qui est millionaire ne peut avoir qu’un rêve : avoir un deuxième million. Pour quoi faire ? Pour quoi faire ? Quel est le sens de cette accumulation ? Est-ce que vous êtes plus heureux quand vous passez d’un million à deux millions ? Est-ce que vous aimez d’avantage ? Est-ce que vous êtes aimé d’avantage ? Et puis pour quoi faire ? Pour acheter quoi ? Pour vivre comment ? Je pense que la richesse doit être interpelée aussi dans son immoralité fondamentale. Eux, ils pensent que la cupidité est un aiguillon de l’activité humaine. Reconnaissons que l’intérêt est un aiguillon, mais pas la cupidité, pas l’accumulation. Nous devons interpeler le sens moral de la richesse.

Voilà pourquoi je pense qu’il faut appeler notre programme «l’Avenir en commun» : dans chaque personne, ne voyons d’abord que l’être humain. Au fond, c’est aller au bout de la logique de l’Humain d’abord. L’Humain d’abord dit « bon, on commence par ça ». Justement commençons par ça. Nous avons l’avenir en commun. Je vais essayer d’expliquer ça, je le fais à la Fête de l’Huma. C’est à la Fête de l’Huma que je l’annonce.

Alors on me dit : « c’est toujours toi qui décides ». Il en faut bien un. Comment vous croyez que ça se passe d’habitude ? Il y a des gens qui parlent. Et à la fin les autres qu’est-ce qu’ils prennent ? Un communiquant pour décider. Pas moi. Je suis un militant politique, c’est moi qui fixe tous les mots d’ordre. En 2012, on discute, et puis à la fin on tranche. Je ne dis pas que c’est génial. Je ne vous dis pas que tout le monde est d’accord et dit « ah c’est formidable », la France insoumise, il n’y a rien au-dessus. On aurait pu appeler ça autrement. Mais maintenant c’est parti. Il faut arrêter l’ergotage permanent, couper les cheveux en quatre tout le temps. Les gens ont besoin de comprendre. Ils ne comprennent rien si nous mêmes on est les premiers à dire « ah ce qu’on a trouvé ça ne vaut rien. Finalement il y avait mieux que ça ». Alors on me propose des titres à rallonge.

Jean-luc Mélenchon à la fête de l'Huma
Jean-luc Mélenchon à la fête de l’Huma

Je vous donne cet exemple parce que je sais que je m’adresse à des militants. L’enjeu du militantisme, c’est l’engagement des autres, leur conscience, l’éducation collective. Si les partis ont une fonction, c’est bien celle-là, d’être la mémoire des luttes, d’être les porteurs de l’expérience et d’être des éclaireurs, pas une avant-garde. A mon avis. Il y a des camarades qui sont avant-gardistes, je le comprends. Eclairer, ça veut dire : vous mettez la lumière qui permet de se repérer à chacun individuellement. Pas le guide suprême qui dit « allez on va tous par là ». Non regardez bien, les gens, observez ce que nous vous disons, et ensuite tirez vos conclusions. Mais écoutez ce qu’on vous dit. Ne vous laissez pas bourrer le crâne par la télé et par les grands médias. Ecoutez. Vous choisirez à la fin. Mais entendez ce que nous avons à dire.

Et vous voyez bien comment l’ennemi concentre ses coups : son premier objectif c’est d’empêcher qu’on entende, c’est de vous mettre une mauvaise étiquette. Ils décident qu’ils me mettent à l’extrême gauche, mais je ne suis par d’extrême gauche. Ce n’est pas que je méprise l’extrême gauche. C’est que je ne suis pas d’extrême gauche. Il y a une extrême gauche. Ce n’est pas juste de faire croire que l’extrême gauche c’est moi. Non, l’extrême gauche c’est Nathalie Arthaud, c’est Philippe Poutou, c’est aussi le Parti communiste par certains aspects. Mais moi je ne suis pas membre du NPA, de Lutte ouvrière, et mon programme ce n’est pas ça. Donc ce n’est pas juste déjà de leur enlever le droit à l’existence, on les invisibilise si on fait comme ça. Et puis après on m’invisibilise en me classant dans une catégorie qui n’est pas la mienne, je n’ai rien à faire là-dedans.

Vendredi 9 septembre, je suis allé à un truc qui s’appelle Produire en France. Vous savez ce que retient le Figaro ? Que, soi-disant, on aurait dit qu’on était tous les meilleurs pour produire en France. Mais pas du tout, c’était pas ça la compétition. Et que moi j’aurais proposé surtout des nationalisations. Ils m’ont mal écouté. Ils m’ont très mal écouté. On va remettre les choses au point. Moi j’ai dit aux patrons qui étaient là : je ne viens pas pour vous dire ce qui va vous faire plaisir, je perdrais mon temps. Je viens vous dire ce qu’il va falloir que vous fassiez pour vous rendre utiles à la Patrie. Il n’y en a pas un qui a sifflé. Personne n’a dit « mais qu’est-ce que c’est que cette manière de nous parler ? ». Je dis « pour tenir les comptes de vos entreprises, vous êtes assez grands, sinon, ce n’est pas la peine de faire patron. Mais moi je vais vous dire ce dont le pays a besoin. Est-ce que vous êtes capables de prendre votre place là-dedans ? Nous avons besoin de 400 000 personnes pour faire de l’agriculture paysanne relocalisée, 300 000 pour l’économie de la mer, 900 000 pour sortir du nucléaire. Alors? Où je les trouve ? Ils n’y sont pas aujourd’hui, il faut les former. Et vous, vous êtes prêts à être les entreprises qui vont suivre ? Moi je vous donne de la visibilité, je vous donne de la stabilité et de la sécurité. Et vous vous n’allez pas faire que pleurer, pleurnicher que vous avez trop de charges, trop de ceci, trop de cela. C’est bon, quoi. En tout cas si vous voulez faire ça, allez en voir un autre. Mais si vous voulez entendre ce qu’on vous dit, vous verrez que votre avenir y a son intérêt, parce que nous allons faire une société d’économie mixte, on ne va pas faire le socialisme en cinq ans ». Qui est-ce qui propose de le faire en cinq ans ? Qu’il vienne, qu’on m’explique quelle est la stratégie pour faire ça ! Moi j’en ai une : l’Assemblée constituante, pour faire la transition. Bon voilà, alors merci si ce message arrive aux communistes, je serais enchanté, je sais qu’il n’est pas loin de leurs propres convictions, et pour le reste, ils vont décider. Et leur décision s’imposera à qui ? Aux communistes, pas à moi.

Le Patriote : A la manière dont, à Toulouse il y a quinze jours, tu as dit que tu avais deux cents signatures de parrainage, et qu’il t’en manquait qui auraient dû t’arriver de partenaires, j’ai compris que le Parti communiste n’avait pas encore ouvert les vannes…

Jean-Luc Mélenchon : Non. En effet, c’est une bataille. Je la mène. Je trouve qu’elle est intéressante en tant que combat, et j’appelle les militants à réfléchir à ça : sans cesse de nos faiblesses faisons une force. Je préfèrerais avoir mille signatures tranquille. Je ne les ai pas. Qu’est-ce que je fais alors ? Je me prends la tête dans les mains ? Je me mets à pleurer ? Et je gémis et me lamente ? Non, j’affronte ! C’est extrêmement pédagogique. Ça permet aux gens de comprendre que dans ce pays pour pouvoir être candidat, il faut d’abord avoir l’autorisation de notables qui n’ont rien demandé. Donc ça aide à la construction d’une conscience politique plus affinée. Maintenant, bon, on a dépassé les deux cents. Dans ces plus de deux cents, il y a un peu plus de 33, 34 élus communistes. D’ailleurs cette nuit il y en eu d’autres. Et aujourd’hui dans la journée certains vont venir me voir… Mais oui, il y a eu de la rétention de signatures. Et puis il y a beaucoup d’élus communistes qui disent : « Bon ben, moi j’attends la décision du Parti ». Je le comprends. Ça me coûte, parce que si je les avais, on serait plus tranquilles. Et surtout, la banque prêterait des sous. Parce que la campagne sera remboursée : je pense évidemment faire beaucoup plus de 5%. Donc à partir de là, j’ai besoin. Je ne peux pas faire une campagne qu’avec des bénévoles et des retraités, ce qui est le cas aujourd’hui. Attention, les bénévoles ne sont pas des amateurs. Mais il y a quand même quelques permanents qui doivent être dans la campagne, il y a du matériel à gérer…

Donc, qu’est-ce qu’on fait ? On lance la campagne de parrainages et on lance la campagne pour les dons. Et on va gagner comme ça. Il n’y a pas de martingale, il n’y a pas de solution raccourcie, miraculeuse. Les communistes, ils viendront et il n’y aura pas qu’eux. Je pense que d’ici au 5 novembre on sera très avancés vers les cinq cents signatures. Et alors après encore plus, à mesure qu’on va avancer dans la campagne.

Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent
Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent et Marie-George Buffet

Puis je vais aller voir le Président de l’Union des maires, monsieur Baroin, et je vais lui dire : « mais monsieur, vous êtes de droite, vous, sauf erreur, vous êtes le Président de l’Union des maires. Alors qu’est-ce que vous passez votre temps à parler de démocratie et de tout ça, et vous faites de la rétention. Je vous demande en tant que Président de l’Union des maires d’appeler les maires à une réflexion, parce qu’ils ne sont pas là pour empêcher les gens d’être candidats, mais pour empêcher qu’à l’élection des candidatures folkloriques apparaissent. C’est ça leur mission ». J’ai fait quatre millions de voix la dernière fois, je ne suis pas une candidature folklorique. Je représente un courant d’opinion dans le pays. Vous pouvez signer pour moi, que vous soyez sans étiquette, que vous soyez communistes, socialistes. Les socialistes, ils vissent à double tour, ils menacent leurs élus, leur font peur. Vous verrez, à la fin c’est nous qui aurons le dernier mot, parce que contre des militants et des gens engagés, il est rare qu’il y ait une force suffisante pour nous empêcher de passer. Ça se fera.

Je préfèrerais que ça se fasse avec les élus communistes, c’est évidemment mon souhait. Vous imaginez bien que je préfère être parrainé par une majorité de communistes que par une majorité de droite, mais je prendrai les signatures de là où elles viennent. Et ça m’ennuierait que les communistes arrivent les derniers, ça ne le ferait pas.

Entretien réalisé à la Fête de l’Humanité,
à la Courneuve le 10 septembre 2016
par Christian Audouin, directeur de l’Echo du Centre et
Manuel Meïer, rédacteur en chef du Patriote de l’Ariège

Rentrée scolaire : campagne militante !

La dernière rentrée du quinquennat fait apparaître l’ampleur des reniements et des renoncements de Hollande. Du mensonge fondateur des « 60 000 postes » non créés, aux contre-réformes du périscolaire et du collège, les atteintes aux principes de gratuité , d’égalité et de laïcité se sont multipliées. Au lieu d’un « changement » revendiqué, c’est à la continuité de la politique éducative que nous avons assisté. Loi Carle et contre-réforme du bac pro en trois ans entérinées. Logique du socle commun généralisée. Privatisation et partenariats avec les multinationales multipliés. En dix ans, l’austérité et la territorialisation du service public d’éducation ont institué une école à géométrie variable dont les conditions d’accès et d’apprentissage varient au gré des situations locales. Il est grand temps de renouer avec un projet d’école de l’égalité et de l’émancipation !
En cette rentrée, la Commission éducation du Parti de Gauche vous propose un matériel pour aller à la rencontre des parents , des enseignant(e)s et de tou(te)s les citoyen-nes soucieux de l’enjeu fondamental qu’est l’école.

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"Il faut choisir : se reposer ou être libre" (Thucydide, par Castoriadis)