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A court d’arguments, Valls calomnie les représentants de la gauche

vallsCe jeudi 15 décembre sur l’antenne de France Inter, Manuel Valls s’en est à nouveau pris à Clémentine Autain. En mai dernier déjà, il avait dénoncé la prétendue proximité de Clémentine Autain avec «l’islamo-gauchisme», l’accusant de discuter avec Tariq Ramadan.

Après avoir déballé tout un tas de lieux communs sur l’air de « le monde a changé » au micro d’un Patrick Cohen sans aucune répartie, affirmant par exemple que la seule gauche qu’il reconnaisse est celle qui a gouverné, il s’est livré à quelques acrobaties improbables du genre «Moi Président, je supprimerai le 49.3».

Il s’est ensuite laissé aller à ce qu’il maîtrise mieux en matière de programme politique : la calomnie et une haine fielleuse à l’égard de ses adversaires politiques. C’est ainsi qu’il a déclaré «Parfois il y a des gauches irréconciliables, quand notamment Jean-Luc Mélenchon dit que Hollande c’est pire que Sarkozy […]. Ou quand Clémentine Autain s’affiche et passe des accords avec Tariq Ramadan et les Frères musulmans».

autain_6Une double accusation que Clémentine Autain, conseillère régionale d’Ile-de-France de Ensemble ! et co-directrice de la revue Regards, a commentée dans une longue publication sur sa page Facebook.

Elle déclare notamment «Rien que ça ! Les journalistes sur le plateau de France Inter ce matin n’ont pas réagi à ce propos faux et diffamant. J’ai pourtant publié plusieurs tribunes et donné différentes interviews suite aux mensonges que répètent depuis des mois Manuel Valls et ses amis. Ils le savent : je n’ai jamais rencontré Tariq Ramadan, ni organisé de meetings avec lui, ni partagé de tribunes avec lui ou qui que ce soit des Frères musulmans.».

Dénonçant un vocabulaire «digne des fascistes des années 1930», Clémentine Autain a en outre fait savoir qu’elle allait saisir son avocat afin de réfléchir à la suite judiciaire qu’elle pourrait donner à cette affaire.

Le comité départemental du PG 10 apporte tout son soutien à cette camarade scandaleusement calomniée par un triste représentant d’une politique au service de l’ordre et des puissants!

N’hésitez pas à manifester votre soutien à Clémentine Autain en commentant cet article.

Un pour tous ?

Au chapitre des mauvaises nouvelles qui nous viennent d’Outre-Atlantique, il y a pire que celle de l’éléphant qui trompe énormément. L’Equateur a signé ce 11 novembre un traité de libre-échange avec l’Union européenne, sur la base de ce qui avait été négocié avec le Pérou et la Colombie, dont les gouvernements font montre depuis toujours d’un remarquable zèle néo-libéral.

rechazo-tlc-union-europea-720x477Comment cette signature d’un gouvernement issu il y a une dizaine d’années de la contestation de la Zone de Libre-Echange des Amériques a-t-elle été possible ? La société civile ne s’y trompe pas, qui dénonce encore une fois le triomphe des « corporations », en particulier le secteur agro-exportateur équatorien.

Plus d’informations sur cet accord sur la page suivante du Centre National de coopération au développement de Belgique. Comme le dit l’article, malgré ses dénégations, Rafaël Correa a-t-il mangé sa parole ? Faut-il être aussi sévère que Acción Ecologica quand elle écrit : « La différence (avec d’autres pays NDLR) est que l’Equateur a été mis sur ces rails par un gouvernement qui se proclame de gauche et qui a pour président quelqu’un qui a écrit plusieurs livres qui décrivent les arguments fallacieux du libre-échange. Trahison ? non, seulement une capacité quasi infinie à tromper ! (La diferencia está en que el Ecuador ha sido lanzado a este destino por un gobierno que se autodefine de izquierda y que tiene como presidente a quien fuera autor de varios libros que describen las falacias del libre comercio. ¿Traición? no, sólo una capacidad casi infinita de engañar.)« 

Quelle que soit la réponse que l’on y apporte, après Tsipras et Syriza, après Iglesias et Podemos, encore une fois s’impose au mouvement d’émancipation le fait que celle-ci n’est jamais l’oeuvre d’un homme, quelles que soient ses qualités,  mais celle du peuple se battant pour son avenir…

C’est le sens que nous donnerons tout au long de la campagne à la construction de la France insoumise !

A propos de la charte des insoumis…

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle a fait couler beaucoup d’encre… enfin à notre époque qu’elle a enflammé les commentaires sur Facebook…

Mais de quoi parle-t-on ? des propos mal intentionés du Figaro, ou du document original, en ligne sur le site de la France insoumise avant la convention nationale du PCF, pour que toutes et tous puissent affronter leurs échéances en pleine connaissance de cause ?

Alors, pour que chacun puisse avoir les éléments du débat, deux liens :

Débat mérite raison

Dans la tourmente des rumeurs et des petites phrases, nous préférons vous proposer ci-dessous une analyse du vote de la convention PCF par François Coq… tribune que l’on peut aussi lire sur son blog.

urrneLa conférence nationale du PCF a voté ce samedi 5 novembre. Elle a privilégié pour la présidentielle le choix d’une candidature communiste au rassemblement avec Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise. Tout en votant à côté de cela une résolution faisant du « rassemblement » son « fil conducteur », selon les termes de son secrétaire national Pierre Laurent. Dont acte donc. Il est pour autant permis de s’interroger sur le sens et donc le genre de décision dont il s’agit là.

Je me le permets car celles et ceux qui sont engagés dans la France Insoumise sont intéressés au résultat, quel qu’il soit. De longue date en campagne et sur le terrain pour se confronter à la droite et à l’extrême-droite, ils doivent en effet gérer au mieux les atermoiements, les croche-pieds et les rebuffades de la direction du PCF et les dépasser pour continuer à amplifier la dynamique autour de la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Les décisions adoptées ce week-end par le PCF méritent donc de leur part quelque attention et un examen factuel de manière à pouvoir continuer à accomplir au mieux leur tâche.

N’en déplaise à Pierre Laurent, le fil conducteur de la résolution du PCF n’est pas le rassemblement mais la centralité accordée à la primaire du Parti Socialiste. En effet, quel que soit l’option retenue dans la résolution qui a été adoptée, celle-ci est renvoyée au résultat de la dite primaire. L’option 1 (candidature Mélenchon) est placée sous la tutelle d’un « tout en poursuivant leurs efforts pour une candidature commune ». Pierre Laurent était plus précis encore le jour même du vote sur les antennes de RTL : « [La victoire de Montebourg à la primaire du PS] serait un évènement tout à fait nouveau. Jean-Luc Mélenchon et Arnaud Montebourg devraient alors discuter ensemble ». Autrement dit l’élément qui déclencherait le rassemblement suggéré serait la primaire du PS. C’est donc elle qui dicterait le calendrier. Mais en se plaçant dans une telle configuration où l’attente d’une victoire Montebourg n’est pas un élément supplémentaire de discussion mais un point de départ, qui ne voit pas que ce qui est dessiné en creux est le fait de mettre au pas la candidature Mélenchon, et donc dans ce cas celle ces communistes avec, et de la placer sous la bannière de l’ancien ministre de Manuel Valls et François Hollande ?

Il n’en est pas autrement si c’est l’option 2 (candidature PCF) qui l’emporte : « cette candidature pourrait, si la situation l’exige, sur la base d’un accord politique et après consultation des adhérent-e-s, se retirer au profit d’une candidature commune d’alternative à l’austérité telle que nous le proposons ». Pourquoi le Parti communiste s’auto-limite-t-il de la sorte en rendant chacune de ses décisions dépendante du PS ? Quand cessera donc ce syndrome de Stockholm qui le paralyse ? Car assujettir aujourd’hui encore sa décision au calendrier de la primaire socialiste, c’est entériner l’idée que le PCF restera dans le giron du PS.

Logiquement, le calendrier en découle. Si la résolution fait ainsi état de « s’engager sans attendre autour d’une candidature », c’est pour mieux préciser « Cet engagement n’est pas le terme de nos efforts de rassemblement ». Et le texte de ne fixer désormais aucune limite, pour « continuer d’agir jusqu’au bout pour parvenir à une telle candidature commune,[tendre] la main et [poursuivre] le dialogue avec toutes ces forces jusqu’au dépôt des candidatures à l’élection présidentielle, pendant et au-delà des échéances de 2017.» Vous avez bien lu : le calendrier ne court plus « seulement » jusqu’à la primaire du PS du 29 janvier mais désormais jusqu’à la mi-mars. Voilà donc un texte qui proclame d’un côté entrer en campagne, mais qui de l’autre empêche d’exister la candidature qu’elle est censée promouvoir ! Notez d’ailleurs que cette immobilisation atteindrait aussi bien une candidature Mélenchon qu’une candidature communiste, en la suspendant jusqu’au bout à un éventuel désistement. Allez donc faire campagne avec une telle perspective et un tel boulet accroché aux pieds ! Et comme le ridicule ne tue pas, notons que, alors même que la phrase traite de la désignation du candidat, il est question du « pendant et au-delà des échéances de 2017 ». Tout cela n’est donc pas sérieux.

Les bases programmatiques ont-elles alors été débattues avec plus de rationalité ? Ce travail comparatif minutieux a-t-il été effectué pour jauger de L’avenir en commun, le programme de La France Insoumise qui, issu de l’Humain d’abord, reprend 80% des conclusions de la consultation Que demande le peuple lancée cet été par le PCF ? Ou alors les perspectives d’un travail commun avec Arnaud Montebourg, puisqu’il s’agit bien de lui sur lequel lorgne la direction du PCF, ont-elles été mises en regard ? Si oui sur quelles bases ? Celles d’un programme commun comme en 81 ? Où est-il ? Celles de simples accords programmatiques ? Et si oui lesquels ? Ceux issus des propositions exprimées par Arnaud Montebourg dans le JDD le dimanche qui a précédé la conférence, quand le candidat PS refusait toute augmentation du smic et des salaires sauf à les lier à un impossible accord européen, ou lorsqu’il proposait un code du travail spécifique pour les PME négocié branche par branche ? Ou est-ce la privatisation qu’il souhaite engager du parc HLM qui attire à ce point les communistes ? Car qu’une candidature issue du parti communiste soit considérée plus pure au regard de la doxa du parti que la candidature Mélenchon, cela peut s’entendre. Mais enfin si cette candidature a vocation à s’effacer derrière une candidature issue de la primaire du PS, le fond mérite sans doute d’être examiné avec un tant soit peu de précision non ?

La charte proposée par la France Insoumise a également suscité nombre de réactions de rejets. Pour autant, beaucoup de ce qui a été entendu relevait de la propagande malveillante appuyée sur des medias qui ont tout au long des dernières heures ont cherché à envenimer les débats en colportant de fausses informations. Ainsi, l’article du Figaro faisant état que « les aspirants députés devront affirmer, par la ratification de ce texte, leur soutien sans appel au candidat de la présidentielle, une adhésion à son programme l’Avenir en commun, le versement d’une cotisation à l’association de financement de la France insoumise et l’engagement de reconnaître les assemblées citoyennes locales » a été largement relayé et commenté lors de la conférence. Mais chacun jugera qu’une telle description n’a rien à voir avec le document mis en ligne en amont de la conférence par la France Insoumise. La discussion mérite mieux que des caricatures.

Il y a eu beaucoup de passionnel ce week-end. En amont de la votation, mais aussi après quand les dirigeants ont cherché à masquer la crise suscitée par ce vote en se servant de Jean-Luc Mélenchon comme d’un défouloir et en espérant que la cristallisation fasse oublier le reste. Ce n’est pas raisonnable. Ce n’est pas raisonnable, à moins de craindre le changement et la transformation radicale de la société, de chercher à affaiblir notre camp, celui de la Raison avec un grand R, au moment même où cette perspective est enfin à portée de main et où nous sommes en passe de le positionner aux avant-postes pour devenir le vote utile pour battre la droite et l’extrême-droite. Certains en ont déjà tiré les conséquences, au nom de cette même raison. Ainsi, ce lundi dans Le Parisien Christian Favier, président PCF du conseil départemental du Val-de-Marne et sénateur lâchait : « A l’évidence, Jean-Luc Mélenchon est un candidat bien inscrit dans le paysage. La position de raison, c’est de lui apporter un soutien tout en apportant dans la campagne nos propres propositions. ». La raison est nécessaire pour que le résultat du vote des 24, 25 et 26 novembre, quel qu’il soit, puisse être entendu et compris de tous au-delà des seuls adhérents du PCF.

En 2017, prenons le relais de la Wallonie !

 

Donald Tusk - Président du conseil européen.
Donald Tusk – Président du conseil européen.

L’actualité de ces derniers jours à propos du CETA, a de nouveau relégué les citoyens européens au rang de sous-représentants face à une institution européenne de fin de règne qui, devant son incapacité à affronter politiquement la réalité, n’a plus d’autres recours que le passage en force en affichant ostensiblement un visage de plus en plus autoritaire.

Nos voisins Wallons avaient montré vendredi 21 octobre dernier un bel exemple de courage politique en refusant de ratifier le CETA, mais ils avaient ainsi causé beaucoup de peine à la ministre du commerce international du Canada Chrystia Freeland. Ce fut une posture un peu trop audacieuse face au mur de Bruxelles qui a alors considéré que cet affront d’un tout petit (cette région représente un peu moins de 1% de la population de l’Europe des 27) devait être effacé sur-le-champ.

Signature du CETA – c’est donc chose faite

Cela n’a pas tardé. Après que le Premier Ministre Belge ait déclaré jeudi soir dernier devant son parlement que : «Pas une virgule n’a bougé dans le texte du CETA», les différents parlements régionaux belges donnaient leur accord au texte amendé et le président du conseil européen, Donald Tusk, annonçait dans la foulée la signature du traité entre le Canada et l’Union européenne.
Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, se félicitait de son côté de l’accord trouvé et annonçait sa venue à Bruxelles où l
’accord sur le CETA a été signé ce dimanche 30 octobre.
Pour enfoncer ce clou rouillé dans nos têtes trop dures, la prochaine étape très attendue et souhaitée par nombre de technocrates européens est que les négociations et les processus de ratification des traités de libre-échange relèvent désormais de la seule compétence de la commission et du parlement européens. En d’autres termes qu’il n’y ait plus d’accords «mixtes». En cela, si la cour européenne de justice décide que l’accord commercial avec Singapour est de la compétence exclusive de la commission, la voie sera libre et il n’y aura plus de compte à rendre aux parlements nationaux pour engager les pays de l’Union européenne dans les futurs accords commerciaux.

Alors que beaucoup de commentateurs accusaient la Wallonnie de prendre l’Europe en otage, une majorité de citoyens européens et canadiens se ralliaient à la cause wallonne. Comme l’écrivait encore fort justement Martine Orange vendredi «le problème, pour nombre d’Européens, n’est pas que 1 % de la population européenne puisse bloquer 500 millions d’Européens, mais que seulement 1 % de la population européenne ait été autorisée à débattre sur cette importante question commerciale de cette façon approfondie, que leurs propres élus ne se soient jamais exprimés véritablement sur le sujet.»

Et maintenant ?

Perspectives politiques

Le texte du CETA devra désormais être ratifié par le Parlement européen, sans doute au début de 2017, ce qui permettra sa mise en œuvre provisoire. Dans ce contexte, les élections présidentielles et législatives qui auront lieu en France dans cette période, doivent mobiliser tous les citoyens qui souhaitent sortir de ce carcan.

logo_phi_600La candidature de «La France insoumise» portée par Jean-Luc Mélenchon constitue, à ce titre, un recours inédit et unique en France pour sortir par le haut des traités européens, mais aussi du système de monarchie Présidentielle d’une 5ème République moribonde.

JLM2017 ou l’initiative d’un rassemblement de la gauche

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C’était il a 7 mois dans l’Aube, comme en témoigne cet article paru dans l’Est Éclair du 1er avril 2016. Nous lancions la première réunion de rassemblement citoyen dans l’Aube autour de la proposition de candidature de Jean-Luc Mélenchon.

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Suite à la création de quelques groupes de soutien (trop peu, mais de l’est à l’ouest du département), une deuxième assemblée s’est tenue le jeudi 20 octobre… En voici le compte-rendu dans l’Oeil de Libé du 23 octobre 2016…

D’autres camarades sont partisans d’une manière autre … Mais de grâce qu’on ne nous fasse pas de faux procès…

Nous avons réuni sans exclusive celles et ceux qui voulaient venir…

Nous l’avons fait publiquement et la presse en a rendu compte…

Nous avons collaboré avec, et témoigné au nom des 140000 soutiens à la démarche de la France insoumise, et de son candidat, Jean-Luc Mélenchon…

Alors ne nous demandons plus comment il aurait fallu faire les choses, mais comment les faire avancer à partir de ce qui a déjà été construit…

 

Mélenchon est-il parti tout seul à la présidentielle ? Ou de l’amnésie collective.

« L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant. » René Char : si je n’invente absolument rien dans ce billet emprunté au blog de Martine Billard, au point d’emprunter cette citation dans le 23ème commentaire de l’article par un militant revendiquant son appartenance au PCF, je pense que la lecture en est indispensable contre l’inexactitude dont on se complait à entourer la chronologie de la candidature de JLM…

Comme quoi il ne s’agit peut-être pas tant de parler de rassemblement que de le construire…

Martine BillardIl est de bon ton dans les rangs du défunt Front de Gauche de se lamenter sur l’auto-proclamation de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, le coup de force que cela aurait été, le fait qu’il serait parti tout seul sans attendre que les autres forces du Front de Gauche prennent position, etc … Jacques Fortin parle même de « candidature imposée par une captation de voix et de notoriété qui « appartenaient » politiquement à la coalition « Front de Gauche » d’il y a cinq ans ».

Quelle drôle de caricature

On peut lire aussi les commentaires à diverses notes de blog où des militants communistes accusent Jean-Luc Mélenchon de vouloir imposer son programme et exigent maintenant qu’on reparte de l’Humain d’abord. Mais qui l’a abandonné ? Mélenchon qui le propose comme ouvrage de référence sur son site jlm2017  ? Ou P. Laurent qui a préféré faire un QCM ? L’Avenir en commun, programme de la France Insoumise a vu intervenir de nombreux contributeurs alors qu’en 2012 le programme avait été négocié entre des équipes restreintes du PCF, du PG et de la Fase. Le problème n’est donc pas là. Le contenu ? Pour le moment aucune critique argumentée n’a été publiée, même si on peut se douter que la fermeture de Fessenheim et la sortie du nucléaire peuvent poser problème.

A lire tous ces propos accusateurs, un observateur extérieur à la scène politique française pourrait se demander qui est cet aventurier, comment il se fait que personne n’ait pu l’arrêter lors de cette annonce, et pourquoi il trouve plus de 142 000 soutiens quand les appels divers à refuser le programme et la démarche de France Insoumise cumulent au mieux 20 000 signataires entre les 3 appels.

Refaisons la chronologie des faits que beaucoup ont tendance à oublier.

Le score, 11,1% soit 4 millions de voix, obtenu par Jean-Luc Mélenchon, candidat commun de toutes les forces du Front de Gauche à la présidentielle de 2012, ainsi que la fabuleuse campagne menée pendant les 10 mois précédents avaient permis de soulever beaucoup d’espoir. Mais rappelons quand même qu’ à l’époque certains, qui aujourd’hui dans la mouvance Ensemble sont contre la candidature de Mélenchon, n’avaient déjà pas souhaité rejoindre cette campagne et avaient attendu les élections législatives.

estivalesDans la foulée des deux élections, se sont tenues en août 2012 les Estivales du Front de Gauche à Grenoble rassemblant des militants encartés ou non dans des partis participant au Front de Gauche. Elles représentaient l’espoir de travail en commun de tous les militants au delà des appartenances partidaires. Ces estivales se tiendront une deuxième et dernière fois en août 2013. En fait le PCF n’y avait jamais été très favorable et y participa de façon plus que modérée.

Lors des municipales le PCF choisira de faire liste commune avec le PS dans la moitié des grandes villes de France à commencer par Paris ou Nantes ville du premier ministre du moment Jean-Marc Ayrault. Non seulement il sera sur des listes communes avec des membres du gouvernement dont l’ensemble du Front de Gauche sans exception critiquait durement les politiques, mais en plus il le fera en utilisant le sigle commun Front de Gauche, le déconsidérant et entretenant ainsi la confusion.

Y-a-t-il eu une décision collective du Front de Gauche à l’époque pour valider cette stratégie ? Non, jamais. Cela a-t-il gêné la direction du PCF de choisir une stratégie contraire à ce que défendait la moitié du FG ? Non plus.

L’été suivant ne verra plus d’Estivales communes et la méfiance s’installera. Lors des élections départementales et régionales le PG mettra tous ses efforts pour obtenir des candidatures communes non seulement du FG mais aussi avec d’autres forces telles EELV et Nouvelle Donne. Le PG acceptera de laisser les titulaires ou les têtes de liste à EELV ou au PCF au nom de la recherche d’unité.

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Patrick Peron, candidat de rassemblement dans le Grand Est… Proposé par le PC, accepté sans discussion par les partenaires au vu de ses qualités… Pourquoi ce genre de chose ne serait-il possible que dans un sens ? (Note de Michel Bach)

Doit-on rappeler l’auto-proclamation de la candidature de Pierre Laurent pour la tête de liste aux régionales en IDF, alors qu’il était déjà sénateur, président du PGE, secrétaire nationale du PCF et ce contre les demandes de discussion de Ensemble ! du PCOF et du PG ? C’était à prendre ou à laisser pour Pascal Savoldelli en charge des élections : « On a la tête de liste la plus crédible ». Pour ne pas créer de la division, nous nous sommes inclinés. Idem dans la région centre avec la tête de liste pour Nicolas Sansu, député-maire de Vierzon, ou Sébastien Jumel, maire de Dieppe en région Normandie etc … Bizarre tout le monde oublie aujourd’hui ces épisodes à moins que pour le PCF tout soit permis ?

A la sortie des départementales et régionales (décembre 2015), de son côté, EELV dit publiquement que les accords avec le Front de Gauche ne servent à rien (entendez ne leur permet pas d’avoir plus d’élus).

L’année 2016 commence le 11 janvier avec l’appel de personnalités à « une primaire des gauches et des écologistes . Pierre Laurent, lors des vœux du PCF le même soir à Colonel Fabien déclare «Certains me disent: primaire. Ce n’est pas ma culture, mais je dis: discutons, échangeons, construisons ensemble».

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF confirme cet engagement de la direction du PCF dans les primaires avec le PS : « On prend cet appel très positivement, nous sommes favorables et disponibles » Il a souhaité que la gauche soit « capable de collectivement cheminer vers un espace commun » dans les six prochains mois.

Ce à quoi le même soir, Jean-Luc Mélenchon présent à Fabien répond aux journalistes : « Je n’y serai pas parce que quand on va à une primaire, c’est qu’on en accepte le résultat et si Hollande vient, je n’ai aucune raison de le faire alors que je le combats depuis 2012« .

Nous sommes donc le 11 janvier 2016 , la direction du PCF ne rejette pas l’idée de primaires incluant le PS contrairement à Mélenchon qui dit clairement non.

A l’époque tout le monde se demande si la position officielle du PCF est bien de participer à une primaire avec le PS incluant les membres du gouvernement. Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, le 14 janvier Olivier Dartigolles réaffirme cette position : «La primaire convoque l’idée d’alternative de gauche, lui redonne ses lettres de noblesse. Elle permettrait de relancer un débat de contenu, de redéfinir des points d’accord». Au risque de devoir se ranger derrière le PS s’il emportait la mise? «Qu’Hollande essaie d’y participer, et il perdra si le peuple de gauche se mobilise».

Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas, à l’époque la coordination du FG se réunissait encore mais Pierre Laurent ou Olivier Dartigolles n’ont pas jugé bon de venir devant pour mettre le sujet en discussion. C’est seulement une fois qu’ils se sont exprimés publiquement que l’opportunité d’en discuter en coordination a été envisagée.

C’est dans cette confusion totale ainsi créée, que Jean-Luc Mélenchon, soutenu par le PG, décide d’utiliser sa présence le 11 février au 20 heures de TF1 pour dire sa disponibilité à être de nouveau candidat à la présidentielle.

Vous avez bien lu, l’annonce de la disponibilité de Jean-Luc Mélenchon pour la candidature a eu lieu le 11 février soit un mois après l’annonce par le PCF de l’acceptation du cadre des primaires de toute la gauche avec le PS ! Comme proposition de candidature précipitée, on fait mieux !

D’accord vont me répondre certains, mais quand même à part le PG personne d’autre n’a été consulté. Mais toutes les autres forces du Front de Gauche étaient partie prenante des primaires à part le PCOF qui annonce son retrait en désaccord justement avec cette participation. Vous avez oublié ? Ou c’est trop douloureux de s’en souvenir ?

Ensemble ! participera comme observateur aux réunions d’organisation de la primaire organisée à l’assemblée nationale jusqu’en mars même si de nombreux militants sont contre : Dans le cadre des réunions proposées par les initiateurs de l’appel pour une primaire à gauche publiée dans Libération – auxquelles participent le PS, le PCF, Nouvelle Donne, EELV, Caroline de Haas et les initiateurs de « l’autre primaire », Ensemble! étant observateur – le débat doit se clarifier.

Comité de liaison de la primaire : jeudi 16 mars

Présents : Appel « Libération » : Yannick Jadot, Guillaume Duval, Marie Depleschin ; Appel « primaire de gauche » : Eliot Lepers, Adrien Jeantet ; Direction du PS : Rachid Temal, Christophe Borgel ; Motion B du PS : Christian Paul, Guillaume Balas ; EELV : Marine Tondelier ; ND : Pierre Larrouturou, Marc Obadia ; UDE : 2 pers ; PCF : Olivier Dartigolles, François Auguste ; Ensemble ! : JP Mamet (observateur).

Le PCF ne rompra qu’en juin lorsqu’il apparaîtra clairement que la majorité des militants sont contre et que de toute façon cela ne se fera pas.

Avant, de nombreuses déclarations défendront la démarche. Ainsi le 18 février Nous voulons un débat d’idées qui unit. Déclaration d’Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, et Isabelle de Almeida, présidente du Conseil national, lors de la réunion du comité de liaison de la primaire de la gauche et des écologistes. Le 22 février Pierre Laurent : .

Le 6 avril Tribune dans le JDD « Pour une primaire des idées » signée par O. Dartigolles et I. de Almeida

Le 14 avril Tribune d’Olivier Dartigolles dans Libération. Extraits : « Pour le PCF, une telle primaire, ou tout autre processus citoyen, passe d’abord par la priorité donnée à la construction d’un projet politique élaboré lors de réunions publiques et de débats citoyens sur une question : «Quelle France voulons-nous ?» Le débat sur les candidatures et le vote citoyen pour choisir la ou le candidat(e) n’est donc pas, à ce stade, la question prioritaire. Si l’Elysée et la direction du PS cherchent, par tous les moyens, à planter la primaire, c’est qu’ils ne veulent ni du débat d’alternative à la politique actuelle ni d’un processus confirmant le rejet de la candidature de François Hollande ou de tout autre représentant des renoncements et des trahisons. »

Fallait-il pendant ce temps se tourner les pouces en laissant s’installer le rejet sur le thème « vous êtes tous pareils » ?

Dès le début, le PCF a exigé de Jean-Luc Mélenchon qu’il vienne dans le cadre commun avec le PS. Il a toujours refusé. A partir de là il devenait difficile de discuter.

Au PS, les « frondeurs » ont décidé de s’inscrire dans cette primaire en s’engageant à ne pas s’opposer à la désignation de François Hollande si celui-ci gagnait la primaire. Mieux, ils sont 4 candidats à concourir (Montebourg, Hamon, Filoche, Lienemann ). Même pas capables de se mettre d’accord entre eux pour gagner la primaire ! Et après on vient nous donner des leçons d’unité ?

Quant à EELV, dès leur congrès, ils ont affirmé qu’il y aurait un candidat issu de leurs rangs sans alliance avec personne et qu’il y aurait des candidats de leur parti dans toutes les circonscriptions. On ne peut pas faire plus clair !

A quoi servent donc ces appels à l’unité de forces qui ont déjà fait des choix divergents ?

Et le ridicule ne tue pas, puisque ces jours-ci on a droit à 3 appels à l’unité différent : un lancé par Gérard Filoche, un par l’appel des cent incluant des membres de la direction du PCF et d’Ensemble ! et le dernier par Pierre Laurent lui-même dans un texte où l’écologie a tout simplement disparu comme si c’était un sujet anecdotique pour la présidentielle de 2017.

On peut ne pas aimer, Jean-Luc Mélenchon, avoir des désaccords (mais avec qui est-on en accord total?), mais ce qui serait invraisemblable c’est que certains préféreraient soutenir Montebourg, ancien ministre de Valls, en espérant qu’il gagne la primaire comme Olivier Dartigolles prompt à chercher les divergences avec Mélenchon mais soulignant les convergences avec Montebourg.

Mais comme je le dis dans ce billet, les mêmes qui critiquent JL Mélenchon pour avoir déclarer sa candidature sans l’avoir négociée avec le PCF (il serait toujours en train d’attendre une réponse) trouvent normal que le PCF déclare partout ses candidats aux législatives. Il y aurait donc urgence pour ces élections mais l’entrée en campagne pour la présidentielle pourrait attendre.

Pourtant aujourd’hui, la campagne pour la présidentielle a déjà largement commencé. La candidature de Jean-Luc Mélenchon répond largement à des attentes de la population. On peut choisir de rester dans le microcosme militant à chercher les divergences dans le programme (il y en a forcément, même moi j’ai des points de désaccord comme le vote obligatoire). On peut aussi se dire que pour s’adresser largement à nos concitoyens il faut savoir retenir le principal. Déjà de nombreux communistes et militants d’Ensemble ont fait ce choix et, nous militants de partis, nous travaillons toutes et tous en bonne intelligence aux côtés de toutes celles et ceux bien plus nombreux qui ne supportent tout simplement plus le PS, la droite et l’extrême droite et qui veulent que dans cette échéance présidentielle il y ait une voix pour porter leur colère et proposer des solutions.

Comme le disent Hélène Adam, François Coustal et Olivier Martin dans un billet sur le site d’Ensemble « L’élection présidentielle est, en France, le moment où un maximum de gens, notamment dans les classes populaires, s’intéressent au débat politique. On peut le critiquer, le regretter. Mais c’est ainsi. »

Alors j’espère que le maximum de militants du PCF et d’Ensemble qui n’ont pas envie de rester sur le bord du chemin vont nous rejoindre pour mener toutes et tous ensemble cette belle aventure. Et si la ou le candidat-e d’EELV n’avait pas les 500 signatures, l’écologie aura de toute façon une voie forte dans cette élection par l’intermédiaire de JL Mélenchon. Ce sera à eux de décider de s’y joindre ou de regarder parler d’écologie sans eux.

Lire l’article sur le blog de Martine Billard

Ceci n’est pas un congrès…

Ceci n’est pas un congrès…

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A gauche, Mireille Brouillet

En effet. Entrons dans la salle de conférence : pas de fauteuils, en rangs serrés pour recevoir les conventionnels et les invités, face à un plateau d’où ceux qui savent pourront prodiguer les leçons et la bonne parole à des auditeurs attentifs… et passifs ; rien de tout ça, mais des tables, une kyrielle de petites tables rondes, chacune d’entre elles devant accueillir 5 à 6 personnes : il n’y a plus qu’à chercher sa place. En circulant à travers la salle, on rencontre bien quelques têtes connues, mais ce n’est pas ce qu’on cherche : on cherche Sa Table, la table qu’on a tirée au sort dans celle des deux grandes coupes, Femmes ou Hommes, qui nous concerne : la parité est respectée sur l’ensemble des participants, elle est également imposée autour des tables. Dans cette errance, on est aidé par des guides munis d’un plan des tables et la salle se remplit en même temps qu’augmente le volume sonore et que les nappes blanches se recouvrent peu à peu, non d’assiettes et de couverts, mais de nos documents de travail.tables-rondesCar, s’il ne s’agit pas ici d’un congrès, ce n’est pas non plus un banquet républicain : c’est une convention, la Convention programmatique de la France Insoumise, et les choses sérieuses vont commencer. Les camarades, qui ont mis en place cette convention et qui en conduisent les travaux, parlent depuis un plateau rond et blanc, comme nos tables, mais bien plus grand et plus haut : on les voit de partout mais on peut aussi les suivre sans se contorsionner grâce aux écrans installés sur tous les murs. On entendra aussi, grâce à ce dispositif, les nombreux témoignages d’insoumis-es, en direct ou en vidéo, intercalés entre les différentes séquences de cet après-midi de travail. Des témoignages de l’urgence démocratique, de l’urgence sociale et de l’urgence écologique qui sont au cœur de notre programme.

Alexis Corbière

Le mot d’accueil d’Alexis Corbière, porte parole de la campagne, donne le ton : nous avons bousculé l’ordre établi et notre campagne sera frontale. Nous avons notre candidat, nous avons maintenant notre programme, un programme que nous avons construit ensemble : à nous de le diffuser, à nous de convaincre nos proches, nos voisins, nos collègues. Et nous ne devons compter que sur nous-mêmes pour le faire valoir. C’est l’implication du peuple qui permettra l’application de notre programme ; les media nationaux, outre qu’ils attaquent Jean-Luc Mélenchon, déforment nos propos.

Charlotte Girard

Charlotte Girard, ensuite, rappelle l’historique de l’élaboration de notre programme : s’appuyant sur notre programme de 2012, « l’Humain d’abord », il a été enrichi de 3000 propositions des Insoumis-es qui ont été classées et synthétisées. Puis, des auditions de personnalités d’horizons divers ont permis d’approfondir certains thèmes. Enfin, des organisations politiques qui souhaitaient nous rejoindre ont apporté leur pierre au travail collectif. Aujourd’hui, nous allons choisir les thèmes et les mesures qui seront mis en valeur pendant la campagne.
Viennent enfin les précisions sur les tâches qui nous attendent pour l’heure qui s’ouvre maintenant ; elles nous sont données par Maxime Laisney : 3 séquences de « cogitation » de 20 mn, chacune comprenant 17 mn d’échanges, entre nous autour de la table, sur nos pratiques militantes et 3 mn pour rédiger, sur une fiche collective, nos propositions pour : a. convaincre le plus grand monde ; b. permettre l’implication de toutes et tous ; 3. avoir 577 candidat-e-s aux législatives. On nous donne le signal du départ de la première séquence et toutes les ruches que constituent nos tablées entrent en bourdonnement…
Quand s’achève la troisième cogitation, Maxime et Charlotte reprendront la parole pour nous proposer une dernière tâche : parmi 60 mesures énumérées sur un document de travail, choisir les 10 qui nous paraissent prioritaires pour la campagne ; nous pourrons voter avec nos Smartphones ou sur des ordinateurs mis à disposition dans la salle d’accueil ; les insoumis-es qui nous suivent en direct par internet peuvent également participer au vote, et le résultat nous sera communiqué le lendemain.
Dimanche matin : fin de la Convention…qui ressemble, cette fois, à une fin de Congrès. En effet, outre les résultats du vote de la veille, nous saluons toutes les personnalités étrangères qui suivent de près et soutiennent la démarche de la France Insoumise. Je me dois de souligner que, parmi ces témoignages, deux ont été particulièrement ovationnés et qu’il s’agit de deux femmes : Zoé la Grecque et Aminata la Malienne… Presqu’autant que Jean-Luc, qui clôt les travaux. Pour ma part, j’envoie un salut et un grand merci aux 250 paires de petites mains bénévoles qui ont apporté tous leurs soins à l’installation et à l’animation du Village militant.

"Il faut choisir : se reposer ou être libre" (Thucydide, par Castoriadis)