Archives de catégorie : 2016

La Convention des insoumis à Lille, je n’y étais pas, mais qu’est-ce que c’était bien !

172Je le sais, parce que j’ai suivi beaucoup de ses travaux sur internet, et je n’ai pas loupé le discours de clôture de Jean Luc Mélenchon.

En plus, les participants de l’Aube sont revenus très enthousiastes en louant la qualité et le sérieux des travaux sur les mesures à prendre en priorité.

Mais c’est l’implication des Insoumis, et pas seulement de ceux qui étaient à Lille, qui est remarquable : les quelques 135 000 signataires de l’appui à JLM ont été invités à participer au tirage au sort des « conventionnels ». Il faut remarquer qu’environ 40 000 d’entre eux s’étaient portés volontaires, ce qui est énorme en pourcentage et montre que les « appuis » à JLM ne sont pas seulement venus poser une signature quelque part sur internet…..

On ne peut pas dans ce cas douter de la légitimité de la convention

Sur ces 40 000 volontaires, 1 000 ont été retenus : environ 400 désignés (afin de permettre entre autres aux organisations membres du rassemblement de contribuer au débat) et 600 tirés au sort (la majorité donc !) qui se sont retrouvés par groupe de 5 ou 6 autour de petites tables rondes pour débattre, se positionner et rendre compte à l’assemblée tout entière sur les points du programme qui leur ont été proposés.

Plus de 100 000 personnes ont suivi peu ou prou par internet en direct les travaux de cette convention, et plus de 30 000 d’entre elles ont pu participer aux votes en direct .

57 Cette convention n’a pas été seulement un modèle d’organisation pour l’expression démocratique dans le mouvement, mais aussi une réelle réussite si on regarde les gens qui ont joué le jeu et répondu « présent ».

Les journalistes ne s’y sont pas trompé, qui ont salué au lendemain de la convention le sérieux de l’organisation et du travail effectué. (voir ci-dessous les 15 mesures à prendre)

Les quinze mesures à mettre en avant votées par la Convention de Lille…

 

CETA et la France insoumise

GEORG HOCHMUTH / APA / AFP
GEORG HOCHMUTH / APA / AFP

Les négociations de la dernière chance entre le gouvernement wallon et la ministre du commerce international du Canada Chrystia Freeland ont échoué, ce vendredi 21 octobre 2016. Nos voisins Wallons ont refusé de ratifier l’accord de libre-échange UE-Canada (CETA). Au delà du positionnement pour ou contre CETA, il me semble que nous ne pouvons que les féliciter pour avoir eu un tel courage politique face à l’armée surpuissante des lobbies et des médias.

Côté Canada

La ministre du commerce international du Canada Chrystia Freeland a quant à elle pleurniché au sortir du siège de l’exécutif wallon : « Il me semble évident, à moi et au Canada, que l’Union européenne n’est pas aujourd’hui capable de conclure un accord international, même avec un pays qui a autant de valeurs européennes que le Canada », avant de lâcher un dernier soupir : « Le Canada est déçu, moi personnellement je suis très déçue. J’ai travaillé très fort, mais je pense que c’est impossible. Nous avons décidé de retourner chez nous et je suis très triste. »

Côté France

François Hollande, plus à l’aise que jamais avec les médias, a tenu des propos d’indigné, tentant d’expliquer que s’il avait décidé d’abandonner TAFTA (prononcé TITIP par lui, à l’américaine), c’était justement parce que CETA présentait tous les avantages ou plutôt ne présentait pas les inconvénients de TAFTA, que CETA était un accord beaucoup mieux ficelé et offrant beaucoup plus de garanties que TAFTA.

Côté Wallonie

La signature du traité, théoriquement prévue pour le 27 octobre, était suspendue à l’accord de la Wallonie, qui refuse de donner les pleins pouvoirs à Bruxelles pour parapher l’accord en raison d’une série de problèmes qu’elle relève dans le texte.

Le ministre Président de la Walonnie
Le ministre Président de la Wallonie

La Wallonie a besoin d’«un peu de temps» Le chef du gouvernement wallon, Paul Magnette, s’est dit «surpris» par l’échec des discussions avec Ottawa. «On convergeait bien, on avait une discussion constructive avec les Canadiens, mais on n’a pas pu s’entendre sur le temps et je le regrette.»
Le ministre-président wallon a une fois de plus expliqué que si les discussions commerciales conduites par la Commission européenne avec le Canada ont duré sept ans, la Wallonie, elle, n’a commencé à négocier qu’au début d’octobre avec la Commission, alors que le Parlement régional avait fait connaître ses griefs depuis de nombreux mois. Lire à ce sujet l’interview du ministre-président de la Wallonie : « On ne peut pas nous dire “ce traité est parfait, vous avez le choix entre oui et oui” » «C’est une question de démocratie, simplement», a-t-il plaidé. «Beaucoup ne se sont pas aperçus que nous devions aussi apporter notre signature», a déploré M. Magnette, en référence à ses interlocuteurs européens et canadiens.

Alors doit-on être rassuré ?

L’analyse présentée ici étant tout à fait personnelle, elle sera donc exprimée à la première personne et engage uniquement son auteur.

  • Le Canada  est triste (entendons-nous bien, allusion est faite ici au gouvernement canadien par la voix de sa ministre du commerce international et non pas aux nombreux citoyens canadiens qui ne veulent pas de cet accord. Voir  à ce sujet une excellente vidéo ici qui nous a été suggérée par une abonnée du collectif stop TAFTA Aube).
  • La France tente de sauver les meubles (allusion est faite ici au Président français et à ses collaborateurs et non pas aux nombreux citoyens français qui ne veulent pas de cet accord).
  • La Wallonie, par la voix de son ministre Président, demande «un peu de temps».

Face à ces postures, il faut cependant garder la tête froide et rappeler quelques éléments factuels, encore et encore, puisque les toutous médiatiques continuent, dans leur grande majorité à aboyer uniquement sur les tribunaux d’arbitrage, dont on leur dit de dire que le problème est réglé avec le CETA depuis que l’ISDS est devenu l’ICS. Il est utile de lire à ce sujet (environ 50 pages) l’analyse détaillée de Corporate Europe Observatory.

Donc, revenons aux fondamentaux.
CETA, comme TAFTA, contient deux mécanismes stratégiques et redoutables qui sont :

  1. Le mécanisme privé d’arbitrage qui permet aux firmes transnationales d’attaquer les États lorsqu’elle jugent que les réglementations (à tout niveau, État, région, département, commune) ou normes nuisent à leurs intérêts (entendons libre exercice du business).
  2. Le mécanisme de coopération réglementaire, baptisé «forum de coopération réglementaire» pour le CETA et «conseil de coopération réglementaire» pour le TAFTA. Ce mécanisme donne aux firmes transnationales le pouvoir d’intervenir à tout moment et à tout niveau dans l’élaboration des normes et des règlementations. Il est composé de hauts fonctionnaires, sans mandat populaire.

Dans les faits, ces deux mécanismes permettent donc de ratifier des accords de libre-échange tels que CETA ou TAFTA sur la base d’une version incomplète, donc «rassurante». Pas besoin en effet de dire qu’on autorisera l’exploitation du gaz de schiste ou la libéralisation des produits de consommation à base d’OGM, ou l’autorisation de pesticides puisque tout ceci pourra venir après. C’est, dans le jargon, ce qu’on nomme des «accords vivants» qui reposent sur un «effet cliquet» interdisant (grâce au mécanisme des tribunaux d’arbitrage) tout retour en arrière sur une réglementation adoptée par les firmes privées.

Les jérémiades et les discours «rassurants» sur l’air de «nous n’avons pas encore assez fait de pédagogie sur le sujet» ne sont que des leurres pour masquer le fait que les personnes (car il s’agit de personnes et pas d’objets immatériels) qui sont censées représenter le Peuple et les citoyens qui leur ont démocratiquement accordé leur confiance, ont délibérément choisi d’abandonner le pouvoir aux firmes transnationales. Le qualificatif transnational prend ici tout son sens. Ces firmes n’ont pas de nation de rattachement. Leur géographie se décline selon une cartographie financière de la planète dans laquelle il n’existe que des banques, des produits et des consommateurs.

Alors ne nous laissons pas abuser et ne lâchons rien !

Dans le cadre des élections présidentielles et législatives de 2017, seule la France Insoumise propose un mode de rassemblement citoyen inédit et unique dans cette campagne, permettant une élaboration collective et citoyenne du programme l’«Avenir en commun» qui sera porté par Jean-Luc Mélenchon.

Il est important de noter, à ce sujet, que la mesure programmatique qui est arrivée en tête des votes citoyens à la première convention de la France insoumise les 15 et 16 octobre dernier à Lille, s’intitule :

«Refuser les traités de libre-échange : le traité transatlantique TAFTA entre l’UE et la France, CETA avec la France et le traité TISA de libéralisation des services»

Faisons donc fi de toutes les critiques et attaques sur la personnalité de JLM. Il n’a pas renié son programme ni tourné le dos aux citoyens qui l’ont soutenu et qui ont voté pour lui en 2012. Ne nous trompons donc pas d’ennemi !

S’il demeure une lueur de confiance dans la perspective de ces échéances électorales, c’est bien là qu’elle se trouve et nulle part ailleurs !


Quelques déclarations marquantes sur la volonté de faire advenir un gouvernement mondial privé.

  • R. Reagan – 20 janvier 1981 « Le gouvernement n’est pas la solution à nos problèmes ; le gouvernement est le problème. »
  • M. Thatcher – septembre 1987 « […] qui est la société ? Cela n’existe pas ! Il n’y a que des individus, hommes et femmes, et des familles. »
  • David Rockefeller – 1er février 1999 « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire. »
  • Warren Buffett – 25 mai 2005 (CNN) « Il y a une guerre des classes, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous sommes en train de gagner. »
  • J-C Juncker – 29 janvier 2015 (le Figaro) « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens »

Quelques références

  • Raoul-Marc Jennar, «Le Grand Marché Transatlantique – La menace sur les peuples d’Europe», Ed. Cap Béar, 2014
  • Vivien Rebière, «Les territoires face au grand marché transatlantique», Ed. Bruno Leprince, 2015
  • Frédéric Viale, «Le Manifeste contre les accords transatlantiques», Ed. Erick Bonnier, 2015
  • Hors Série Le Monde Diplomatique, «Manuel d’économie critique», 2016. Chapitre VII «Mondialisation : la mise en concurrence des peuples»

Convention de Lille : les 15 propositions qui sortent en tête

fililleLes 15 propositions ci-dessous qui sortent en tête à l’issue de la première convention de la France insoumise qui a eu lieu ce week-end à Lille sont assez explicites et devraient être attrayantes pour qui ne croit plus aujourd’hui aux promesses des candidats monarchiques, embourbés dans les ornières de leurs partis et de leurs primaires sans perspective politique.

Il est temps de réfléchir sérieusement à la perspective de la société que nous voulons et l’opportunité de 2017 n’est pas un fantasme. Mais celles et ceux qui pensent encore qu’une alternative à gauche n’est pas possible ou bien que c’est plié d’avance, eh bien ceux-là travaillent pour le camp adverse qui demain bâillonnera encore davantage leurs protestations à grands coups de 49.3, de tasers et de Flash Balls.

  1. 48% : Refuser les traités de libre-échange : le traité transatlantique TAFTA entre l’UE et la France, CETA avec la France et le traité TISA de libéralisation des services
  2. 43,5% : Abroger la loi El Khomri, rétablir la hiérarchie des normes sociales et le principe de faveur
  3. 38,5% : Règle verte : ne pas prélever sur la nature davantage que ce qu’elle peut reconstituer, ni produire plus que ce qu’elle peut supporter
  4. 38% : Plan A : Proposer une refondation démocratique, sociale et écologique des traités européens par la négociation / Appliquer un « plan B » en cas d’échec des négociations
  5. 36% : Plan de transition énergétique vers les énergies renouvelables par la sortie du nucléaire
  6. 35,5% : Droit de révoquer un-e élu-e
  7. 35% : Référendum pour engager le processus constituant
  8. 33,5% : Protection des biens communs : l’air, l’eau, l’alimentation, le vivant, la santé, l’énergie, la monnaie ne sont pas des marchandises
  9. 31,5% : Séparation des banques d’affaires et de détail et création d’un pôle public bancaire
  10. 28% : Smic mensuel à 1300 euros nets et revalorisation des salaires des fonctionnaires
  11. 27% : Droit de retraite à 60 ans
  12. 26% : Refuser les OGM, bannir les pesticides nuisibles
  13. 25% : Application réelle et immédiate des 35h, aller vers les 32h
  14. 24,5% : Sortie de l’OTAN
  15. 21% : Rembourser à 100% les soins prescrits

Page complète sur la convention de Lille

CETA ou quand Ubu s’invite à l’Assemblée nationale !

Bref retour sur une conférence CETA et TAFTA à Collemiers

Jeudi  dernier 13 octobre, à l’initiative des collectifs STOP TAFTA de l’Yonne (il en existe plusieurs dans ce département, qui sont des collectifs « locaux » et qui correspondent  dans la plupart des cas à une couverture géographique autour d’une municipalité) se tenait à Collemiers, près de Sens, une conférence intitulée «TAFTA – CETA où en sommes-nous ?» à laquelle j’ai assisté. Frédéric Viale (juriste, membre de la commission Europe et du CA d’ATTAC France), et Pascal Durand, député écologiste élu au parlement européen étaient les invités de cette soirée.
Frédéric Viale nous a appris que notre gouvernement nous mentait puisque la France n’a pas demandé l’arrêt des négociations sur le TAFTA, mais un « aménagement » (lire ici par exemple).
Là-dessus, Pascal Durand, député écologiste élu au parlement européen a appuyé le propos en déplorant que la France soit majoritairement représentée par des élus de droite au parlement européen et que ces élus votaient quasi-unanimement pour la ratification de ces traités.

Pour plus de détails sur cette soirée, on pourra consulter le compte-rendu détaillé ici.

Tibéri faisait voter les morts, le gouvernement et son bras armé, le PS, inventent la démission temporaire pour cause de vote «délicat»

Cerise sur le gâteau (au goût un peu amer), Frédéric Viale nous a livré une information que personne dans l’assemblée ne semblait avoir vue, lue ni entendue dans les médias. Il s’agit d’un coup des plus tordus qu’on puisse imaginer, mené par le PS. Tout est dit dans le billet qu’il a rédigé intitulé «Ubu à l’Assemblée nationale : le PS a encore frappé !» et qui montre comment ce gouvernement a d’autres cordes à son arc que le 49.3 pour s’asseoir sur la contestation citoyenne lorsqu’elle tente de s’inviter à l’assemblée nationale.

Si après ça il en reste quelques-uns pour penser qu’en 2017 il faut se la rejouer «tout sauf Sarkozy»… mieux vaut rigoler et pour ça Nicole Ferroni a le talent requis.

Gérardmer : le « vote utile » est de ce côté-là

Communiqué du Parti de Gauche

Election cantonale partielle Gerardmer :

Avec 52 % des voix notre camarade Gilbert Poirot et sa co-listiere Jacqueline Valentin reprennent à la droite le canton de Gerardmer (Vosges).

Le PG se réjouit de ce succès. Cette victoire sans appel d’une candidature de gauche totalement indépendante du PS montre que les forces réactionnaires n’ont pas encore gagné dans notre pays .

C’est un signe pour 2017 : le « vote utile » est de ce côté là.

L’article du journal Vosgesmatin

L’article de l’Humanité

« Jeu de société » : vidéo fiction ?

Regardez vite ce court-métrage… Comment dire en images, sans langue de bois, avec humour et talent, les mécanismes financiers qui rongent notre monde !

Nicolas va rencontrer la famille de sa fiancée Victoire. Pour leur plaire, il va devoir jouer à un jeu de société qui dure depuis des générations.

Avec : Bastien Ughetto, Roxane Bret, Antoine Basler, Anouchka Csernakova, Ernst Umhauer, Julie Caignault, Adrien Melin

parasites

 

Clic pour accéder à la page Facebook du collectif de réalisateurs Les parasites

 

 

humaniteClic pour accéder à l’article de Pascal Jouary dans l’Huma !

Editorial : Confusion des genres… (marche de soutien à l’usine Allia)

michel-5Michel Bach

Co-secrétaire départemental

Ce fut une manifestation difficile… au point que certains camarades ont, le coeur lourd, préféré s’abstenir, après avoir fait le déplacement…

Comment en effet soutenir la mobilisation de salariés quand la marche qu’ils organisent rassemble élus de droite… et d’extrême-droite !

On peut penser après tout que l’émotion, le souci de l’autre, la volonté du bien-être collectif (après tout les raisons d’être de l’action politique) devraient l’emporter sur les clivages partisans… Mais faut-il pour autant oublier que la situation dramatique dans laquelle se trouvent les salarié(e)s d’Allia est le résultat des politiques menées par celles et ceux qui arboraient leur bannière tricolore comme seul argument ?

Qu’avons-nous entendu en effet ?

une conseillère générale qui nous a annoncé que l’on se réunissait beaucoup : pour quoi ? quelle proposition concrète ?
un vice-président de région se gargarisant d’une région de cinq millions d’habitants, donc  avec qui le groupe Geberit allait devoir compter … Ne s’est-il pas rendu compte, ce cher monsieur, que le premier résultat évident pour cette ACAL qui le fait encore plus baron qu’hier, c’est la prédation d’Alstom au détriment d’une autre région de France ? Plus besoin de délocaliser au Portugal, en Pologne ou en Chine… Nos oligarques vont pouvoir jouer des muscles entre eux, mais c’est le peuple de France qui sera KO.
un député qui fait mine de découvrir le monde, en se demandant comment il est possible qu’on ferme une usine rentable, qui «n’est pas là pour faire un discours politique», mais qui n’hésite pas à ratisser à tout vent en mettant l’humain au centre de l’action politique, en se faisant un ennemi personnel d’un ministre (ça vous pose un homme) et enfin en enchaînant une longue tirade sur les faiblesses structurelles de l’Europe !

Cette Europe-là dont les Français n’avaient pas voulu en 2005 et que Monsieur Sarkozy a réintroduit par la petite porte avec le traité de Lisbonne… l’Europe du dumping social et de l’austérité…

Mais le mieux, c’est que ce monsieur-là, en plus d’être député, est philosophe, et en grec s’il vous plaît… Ainsi de voir dans cette situation une manifestation de ce que les anciens Grecs appelaient hubris (*)… On se serait volontiers contenté de «démesure», et on aurait surtout voulu que ce grec-là ne cache pas l’absence d’une analyse économique…

Car Allia, c’est le monde du capitalisme sans limite, celui de la loi travail qui aurait dispensé le groupe Geberit de créer les difficultés économiques de l’entreprise pour justifier son plan de licenciements…

Car Allia, c’est le monde du capitalisme mondialisé, qui transporte à tout va au détriment de la planète, au mépris de l’intérêt bien compris de l’humanité…

A cette frénésie, nous voulons, avec Jean-Luc Mélenchon, imposer le temps long de l’humanité, et arrêter la course à la spéculation : c’est pourquoi nous voulons «diminuer, à l’intérieur de l’entreprise (…) les droits et les pouvoirs de vote [des actionnaires] qui ne prennent pas d’engagements sur la durée de leur placement.» (Des paroles et des actes, 25 avril 2016)  et empêcher les licenciements illégaux par un droit de veto suspensif des comités d’entreprises.

A ce grec poussiéreux, langue morte de cuistre en goguette, on préférera la réponse de nos amis Grecs d’aujourd’hui : solidarité (*) dans la crise qui les submerge et dont sont responsables les Monsieur Dhuicq et consorts, même avec celles et ceux qu’une Europe riche se refuse d’accueillir…
C’est de cette solidarité là, celle du peuple en lutte, dont les salariés d’Allia ont besoin.

(*) ϋϐρις, αλληλεγγύη

Soutenir la lutte des salariés d’Allia !

allia-bandeauSamedi 24 septembre, 400 personnes se sont mobilisées pour dire non à la fermeture d’Allia à La Villeneuve aux Chênes.

Après la fermeture de Simpa, c’est un nouveau coup dur pour ce bassin d’emploi, d’autant plus révoltant que c’est le fruit d’une stratégie du groupe Gébarit, qui cherche à délocaliser ses productions en des terres plus « compétitives », à savoir Pologne et Portugal.

bandeaug1
Clic pour lire l’article !

Pour en savoir plus, sur l’histoire de l’usine et la stratégie du groupe dans l’affaire…

Après le défilé, l’avocat des salariés a bien insisté sur la nécessité de la lutte pour arracher une victoire, et faire en sorte que « Gébarit  mette la main au porte-monnaie, soit pour relancer l’activité, soit relancer une activité industrielle nouvelle qui fasse qu’à chaque emploi perdu corresponde un emploi créé. »

Ont suivi les interventions consternantes des élus de droite, postures de matamores et de pleureuses faciles, promettant de tout faire pour sauver une situation dont sont responsables les politiques d’austérité libérale qu’ils défendent sans discontinuer à tous les échelons de la France et de l’Europe !

A l’heure où il nous faut encore nous mobiliser contre la loi travail qui aurait mis les salariés d’Allia dans l’impossibilité de se défendre, l’heure est à la solidarité avec eux.

Rappelons simplement quelques vérités :

  • Pourquoi notre parlement n’a jamais voulu, sous quelque président de la République que ce soit, et quelle qu’y soit la majorité, voter une loi contre les licenciements boursiers, comme proposée systématiquement par le Front de Gauche ?
  • Le Parti de Gauche propose de  mettre en place une politique de protectionnisme solidaire,
    • afin de ne plus accepter le dumping social avec des pays que les conditions de vie indignes des salarié(e)s rendent plus « compétitifs » ;
    • afin de préserver la planète de l’inflation des tranports, et produire au plus près, pour le bien-être des populations et la préservation de l’environnement.

Deux initiatives :

  • une pétition circule. Vous pouvez la télécharger et la faire signer autour de vous …
  • un déplacement en Suisse est prévu, au siège du groupe Geberit…

 

 

TAFTA-CETA – Rencontre/Débat à La Rivière de Corps

042
Rencontre/débat du 20/09/2016 à La salle Lacaille de La Rivière de Corps

Dans la continuité des soirées information/débat «délocalisées» autour du TAFTA (18 juin 2015 à Bar sur Aube, 12 novembre 2015 à La Chapelle Saint Luc et 26 novembre 2015 à Bouilly), une nouvelle rencontre, à l’initiative du collectif STOP TAFTA de l’Aube, s’est tenue mardi 20 septembre à La rivière de Corps. Environ 35 personnes ont répondu à l’invitation. C’est assez peu si on considère que la liste de diffusion du collectif est riche de plus de 260 contacts et que l’information avait été relayée dans un très bon article publié sur une pleine page (l’Œil de Libé) de Libération Champagne le samedi 17 septembre (lire l’article ici). En revanche, c’est un peu plus que les deux réunions précédentes de Bouilly et La Chapelle Saint Luc et  cette rencontre a donné lieu à des questions et discussions fort intéressantes pendant et après la présentation, qui se sont poursuivies de façon conviviale en dégustant, autour d’un verre, ce que chacun avait apporté.

Après avoir présenté le contexte historique et politique des grands enjeux des accords de libre échange (ALE) tels que CETA et TAFTA, André Smolarz, animateur du collectif stop TAFTA de l’Aube, a détaillé le «cœur de ces systèmes» qui repose sur deux mécanismes essentiels que sont les tribunaux d’arbitrage et la coopération réglementaire.  Il s’agit en effet de bien comprendre que ces deux mécanismes sont redoutables dans la mesure où ils permettent de conclure des accords incomplets (aspect  «accords vivants») et n’autorisent aucun retour en arrière (effet «cliquet»). Quelques exemples d’arbitrages rendus ou en cours ont été ensuite présentés ainsi qu’un bilan non exhaustif de l’ALENA. L’ALENA est un ALE entre les États-Unis d’Amérique, le Mexique et le Canada. Il est entré en vigueur en 1994, ce qui permet aujourd’hui d’en mesurer les effets dévastateurs (lire par exemple ici). Quelques éléments ont également été présentés sur les menaces que font peser ces accords sur notre modèle agricole et en particulier sur l’agriculture paysanne. L’agriculture est en effet jusqu’à présent un des seuls secteurs encore «protégé» par des droits de douane, mais un des objectifs principaux de l’accord CETA est de les supprimer.

Pour comprendre la terminologie ainsi que quelques aspects techniques évoqués dans la présentation faite lors de cette soirée, une note de synthèse, rédigée par A. Smolarz, est disponible ici.

Résumé succinct des questions et échanges

Les personnes présentes se sont montrées très réactives, tant en posant des questions qu’en intervenant pour compléter la présentation.

Concernant les interrogations, il s’est agi essentiellement de questions sur les dates de mise en application, sur la place de l’humain dans ces traités, sur la position de nos responsables et dirigeants politiques, sur le rôle et l’action des élus et aussi et surtout sur les moyens dont nous disposons, nous citoyens, pour empêcher la ratification de tels accords. En effet, puisqu’il s’agit d’accords incomplets et sans possibilité de retour en arrière, il est vain et irréaliste de vouloir les amender ou les modifier à la marge. La seule alternative permettant de ne pas les subir est de faire en sorte qu’ils ne soient tout simplement jamais mis en application.

En réponse à ces questions, l’aspect non démocratique et éminemment politique des ces projets a été souligné et débattu à plusieurs reprises.


Que faire ?

Sur le plan politique en France

Il a semblé assez clair pour tout le monde que, puisqu’en dernier ressort les décisions devront être prises par les responsables politiques au pouvoir, il nous faut faire pression sur eux pour les contraindre à ne pas ratifier ces accords. Dans la mesure où une incertitude plane sur le calendrier de signature des accords et qu’il est question de fin 2016, début 2017, plusieurs personnes ont fait remarquer que dans la perspective des échéances électorales de 2017 (élections présidentielle et législatives), aucun candidat déclaré, hormis Jean-Luc Mélenchon qui porte la candidature de la France Insoumise, ne s’est clairement prononcé sur ce sujet (lire ici  par exemple). Les autres formations politiques étant pour le moment empêtrées dans les tractations et stratégies de primaires, dont les thèmes de campagne prévisibles seront  imposés par les «têtes d’affiche» et relayés à l’envi par les grosses machines médiatiques, il est à craindre que le sujet du libre-échange ait un peu de difficulté à s’y rendre visible.

Sur le plan international

Le 26 juin 2014, malgré l’opposition de la France, de l’Allemagne et des États-Unis, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU s’est prononcé en faveur d’un projet de résolution déposé par l’Équateur, apportant avec lui le soutien de 85 pays, et l’Afrique du Sud afin d’élaborer de nouvelles normes internationales contraignantes sur les entreprises multinationales et les droits humains. Là encore au niveau des parlementaires européens, il semble que seul le député européen Jean-Luc Mélenchon soutienne cette résolution (voir ici). Sur cet aspect, l’Équateur étant, avec l’Afrique du Sud, à l’initiative de cette résolution, il sera très intéressant d’assister à la  projection en avant première le 7 octobre prochain au Ciné City du dernier film de Pierre Carles et Nina Faure sur le Président équatorien Rafael Correa Delgado. La projection sera suivie d’un débat avec la co-réalisatrice Nina Faure (toutes les infos sur cet événement sont disponibles sur ce lien).

Actions diverses

Outre les initiatives et actions mentionnées ci-dessus, il reste encore et toujours la possibilité de signer les pétitions ci-dessous.
Par ailleurs, une journée d’actions est prévue le samedi 15 octobre prochain. A ce sujet, nous invitons toutes les personnes ayant des propositions d’actions (plutôt à caractère festif et communicatif) à nous en faire part en les adressant à  stoptaftaaube@gmail.com

  1. Vidéo et pétition en ligne
  2. Une autre pétition
On a toutes et tous une bonne raison de s’opposer au TAFTA et au CETA
On a toutes et tous une bonne raison de s’opposer au TAFTA et au CETA

Quelques liens et documents à consulter en ligne ou à télécharger

Petit guide pour contrer la propagande en faveur du CETA

TAFTA et CETA : NON, les lignes rouges ne sont pas respectées

Kit de mobilisation pour en finir avec TAFTA et CETA

Petit guide synthétique proposé par A. Smolarz sur ce site