Archives de catégorie : Actualité locale

JLM2017 ou l’initiative d’un rassemblement de la gauche

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C’était il a 7 mois dans l’Aube, comme en témoigne cet article paru dans l’Est Éclair du 1er avril 2016. Nous lancions la première réunion de rassemblement citoyen dans l’Aube autour de la proposition de candidature de Jean-Luc Mélenchon.

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Suite à la création de quelques groupes de soutien (trop peu, mais de l’est à l’ouest du département), une deuxième assemblée s’est tenue le jeudi 20 octobre… En voici le compte-rendu dans l’Oeil de Libé du 23 octobre 2016…

D’autres camarades sont partisans d’une manière autre … Mais de grâce qu’on ne nous fasse pas de faux procès…

Nous avons réuni sans exclusive celles et ceux qui voulaient venir…

Nous l’avons fait publiquement et la presse en a rendu compte…

Nous avons collaboré avec, et témoigné au nom des 140000 soutiens à la démarche de la France insoumise, et de son candidat, Jean-Luc Mélenchon…

Alors ne nous demandons plus comment il aurait fallu faire les choses, mais comment les faire avancer à partir de ce qui a déjà été construit…

 

CETA ou quand Ubu s’invite à l’Assemblée nationale !

Bref retour sur une conférence CETA et TAFTA à Collemiers

Jeudi  dernier 13 octobre, à l’initiative des collectifs STOP TAFTA de l’Yonne (il en existe plusieurs dans ce département, qui sont des collectifs « locaux » et qui correspondent  dans la plupart des cas à une couverture géographique autour d’une municipalité) se tenait à Collemiers, près de Sens, une conférence intitulée «TAFTA – CETA où en sommes-nous ?» à laquelle j’ai assisté. Frédéric Viale (juriste, membre de la commission Europe et du CA d’ATTAC France), et Pascal Durand, député écologiste élu au parlement européen étaient les invités de cette soirée.
Frédéric Viale nous a appris que notre gouvernement nous mentait puisque la France n’a pas demandé l’arrêt des négociations sur le TAFTA, mais un « aménagement » (lire ici par exemple).
Là-dessus, Pascal Durand, député écologiste élu au parlement européen a appuyé le propos en déplorant que la France soit majoritairement représentée par des élus de droite au parlement européen et que ces élus votaient quasi-unanimement pour la ratification de ces traités.

Pour plus de détails sur cette soirée, on pourra consulter le compte-rendu détaillé ici.

Tibéri faisait voter les morts, le gouvernement et son bras armé, le PS, inventent la démission temporaire pour cause de vote «délicat»

Cerise sur le gâteau (au goût un peu amer), Frédéric Viale nous a livré une information que personne dans l’assemblée ne semblait avoir vue, lue ni entendue dans les médias. Il s’agit d’un coup des plus tordus qu’on puisse imaginer, mené par le PS. Tout est dit dans le billet qu’il a rédigé intitulé «Ubu à l’Assemblée nationale : le PS a encore frappé !» et qui montre comment ce gouvernement a d’autres cordes à son arc que le 49.3 pour s’asseoir sur la contestation citoyenne lorsqu’elle tente de s’inviter à l’assemblée nationale.

Si après ça il en reste quelques-uns pour penser qu’en 2017 il faut se la rejouer «tout sauf Sarkozy»… mieux vaut rigoler et pour ça Nicole Ferroni a le talent requis.

Soutenir la lutte des salariés d’Allia !

allia-bandeauSamedi 24 septembre, 400 personnes se sont mobilisées pour dire non à la fermeture d’Allia à La Villeneuve aux Chênes.

Après la fermeture de Simpa, c’est un nouveau coup dur pour ce bassin d’emploi, d’autant plus révoltant que c’est le fruit d’une stratégie du groupe Gébarit, qui cherche à délocaliser ses productions en des terres plus « compétitives », à savoir Pologne et Portugal.

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Pour en savoir plus, sur l’histoire de l’usine et la stratégie du groupe dans l’affaire…

Après le défilé, l’avocat des salariés a bien insisté sur la nécessité de la lutte pour arracher une victoire, et faire en sorte que « Gébarit  mette la main au porte-monnaie, soit pour relancer l’activité, soit relancer une activité industrielle nouvelle qui fasse qu’à chaque emploi perdu corresponde un emploi créé. »

Ont suivi les interventions consternantes des élus de droite, postures de matamores et de pleureuses faciles, promettant de tout faire pour sauver une situation dont sont responsables les politiques d’austérité libérale qu’ils défendent sans discontinuer à tous les échelons de la France et de l’Europe !

A l’heure où il nous faut encore nous mobiliser contre la loi travail qui aurait mis les salariés d’Allia dans l’impossibilité de se défendre, l’heure est à la solidarité avec eux.

Rappelons simplement quelques vérités :

  • Pourquoi notre parlement n’a jamais voulu, sous quelque président de la République que ce soit, et quelle qu’y soit la majorité, voter une loi contre les licenciements boursiers, comme proposée systématiquement par le Front de Gauche ?
  • Le Parti de Gauche propose de  mettre en place une politique de protectionnisme solidaire,
    • afin de ne plus accepter le dumping social avec des pays que les conditions de vie indignes des salarié(e)s rendent plus « compétitifs » ;
    • afin de préserver la planète de l’inflation des tranports, et produire au plus près, pour le bien-être des populations et la préservation de l’environnement.

Deux initiatives :

  • une pétition circule. Vous pouvez la télécharger et la faire signer autour de vous …
  • un déplacement en Suisse est prévu, au siège du groupe Geberit…

 

 

TAFTA-CETA – Rencontre/Débat à La Rivière de Corps

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Rencontre/débat du 20/09/2016 à La salle Lacaille de La Rivière de Corps

Dans la continuité des soirées information/débat «délocalisées» autour du TAFTA (18 juin 2015 à Bar sur Aube, 12 novembre 2015 à La Chapelle Saint Luc et 26 novembre 2015 à Bouilly), une nouvelle rencontre, à l’initiative du collectif STOP TAFTA de l’Aube, s’est tenue mardi 20 septembre à La rivière de Corps. Environ 35 personnes ont répondu à l’invitation. C’est assez peu si on considère que la liste de diffusion du collectif est riche de plus de 260 contacts et que l’information avait été relayée dans un très bon article publié sur une pleine page (l’Œil de Libé) de Libération Champagne le samedi 17 septembre (lire l’article ici). En revanche, c’est un peu plus que les deux réunions précédentes de Bouilly et La Chapelle Saint Luc et  cette rencontre a donné lieu à des questions et discussions fort intéressantes pendant et après la présentation, qui se sont poursuivies de façon conviviale en dégustant, autour d’un verre, ce que chacun avait apporté.

Après avoir présenté le contexte historique et politique des grands enjeux des accords de libre échange (ALE) tels que CETA et TAFTA, André Smolarz, animateur du collectif stop TAFTA de l’Aube, a détaillé le «cœur de ces systèmes» qui repose sur deux mécanismes essentiels que sont les tribunaux d’arbitrage et la coopération réglementaire.  Il s’agit en effet de bien comprendre que ces deux mécanismes sont redoutables dans la mesure où ils permettent de conclure des accords incomplets (aspect  «accords vivants») et n’autorisent aucun retour en arrière (effet «cliquet»). Quelques exemples d’arbitrages rendus ou en cours ont été ensuite présentés ainsi qu’un bilan non exhaustif de l’ALENA. L’ALENA est un ALE entre les États-Unis d’Amérique, le Mexique et le Canada. Il est entré en vigueur en 1994, ce qui permet aujourd’hui d’en mesurer les effets dévastateurs (lire par exemple ici). Quelques éléments ont également été présentés sur les menaces que font peser ces accords sur notre modèle agricole et en particulier sur l’agriculture paysanne. L’agriculture est en effet jusqu’à présent un des seuls secteurs encore «protégé» par des droits de douane, mais un des objectifs principaux de l’accord CETA est de les supprimer.

Pour comprendre la terminologie ainsi que quelques aspects techniques évoqués dans la présentation faite lors de cette soirée, une note de synthèse, rédigée par A. Smolarz, est disponible ici.

Résumé succinct des questions et échanges

Les personnes présentes se sont montrées très réactives, tant en posant des questions qu’en intervenant pour compléter la présentation.

Concernant les interrogations, il s’est agi essentiellement de questions sur les dates de mise en application, sur la place de l’humain dans ces traités, sur la position de nos responsables et dirigeants politiques, sur le rôle et l’action des élus et aussi et surtout sur les moyens dont nous disposons, nous citoyens, pour empêcher la ratification de tels accords. En effet, puisqu’il s’agit d’accords incomplets et sans possibilité de retour en arrière, il est vain et irréaliste de vouloir les amender ou les modifier à la marge. La seule alternative permettant de ne pas les subir est de faire en sorte qu’ils ne soient tout simplement jamais mis en application.

En réponse à ces questions, l’aspect non démocratique et éminemment politique des ces projets a été souligné et débattu à plusieurs reprises.


Que faire ?

Sur le plan politique en France

Il a semblé assez clair pour tout le monde que, puisqu’en dernier ressort les décisions devront être prises par les responsables politiques au pouvoir, il nous faut faire pression sur eux pour les contraindre à ne pas ratifier ces accords. Dans la mesure où une incertitude plane sur le calendrier de signature des accords et qu’il est question de fin 2016, début 2017, plusieurs personnes ont fait remarquer que dans la perspective des échéances électorales de 2017 (élections présidentielle et législatives), aucun candidat déclaré, hormis Jean-Luc Mélenchon qui porte la candidature de la France Insoumise, ne s’est clairement prononcé sur ce sujet (lire ici  par exemple). Les autres formations politiques étant pour le moment empêtrées dans les tractations et stratégies de primaires, dont les thèmes de campagne prévisibles seront  imposés par les «têtes d’affiche» et relayés à l’envi par les grosses machines médiatiques, il est à craindre que le sujet du libre-échange ait un peu de difficulté à s’y rendre visible.

Sur le plan international

Le 26 juin 2014, malgré l’opposition de la France, de l’Allemagne et des États-Unis, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU s’est prononcé en faveur d’un projet de résolution déposé par l’Équateur, apportant avec lui le soutien de 85 pays, et l’Afrique du Sud afin d’élaborer de nouvelles normes internationales contraignantes sur les entreprises multinationales et les droits humains. Là encore au niveau des parlementaires européens, il semble que seul le député européen Jean-Luc Mélenchon soutienne cette résolution (voir ici). Sur cet aspect, l’Équateur étant, avec l’Afrique du Sud, à l’initiative de cette résolution, il sera très intéressant d’assister à la  projection en avant première le 7 octobre prochain au Ciné City du dernier film de Pierre Carles et Nina Faure sur le Président équatorien Rafael Correa Delgado. La projection sera suivie d’un débat avec la co-réalisatrice Nina Faure (toutes les infos sur cet événement sont disponibles sur ce lien).

Actions diverses

Outre les initiatives et actions mentionnées ci-dessus, il reste encore et toujours la possibilité de signer les pétitions ci-dessous.
Par ailleurs, une journée d’actions est prévue le samedi 15 octobre prochain. A ce sujet, nous invitons toutes les personnes ayant des propositions d’actions (plutôt à caractère festif et communicatif) à nous en faire part en les adressant à  stoptaftaaube@gmail.com

  1. Vidéo et pétition en ligne
  2. Une autre pétition
On a toutes et tous une bonne raison de s’opposer au TAFTA et au CETA
On a toutes et tous une bonne raison de s’opposer au TAFTA et au CETA

Quelques liens et documents à consulter en ligne ou à télécharger

Petit guide pour contrer la propagande en faveur du CETA

TAFTA et CETA : NON, les lignes rouges ne sont pas respectées

Kit de mobilisation pour en finir avec TAFTA et CETA

Petit guide synthétique proposé par A. Smolarz sur ce site

 

Le 15 septembre, tou(te)s dans la rue contre la loi travail

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Le PG 10 appelle tou(te)s ses adhérent(e)s et sympathisant(e)s à s’associer au mouvement intersyndical du 15 septembre…

Ce n’est qu’un début, continuons le combat !

BAR SUR AUBE : Place de la Mairie, 15 h 30

ROMILLY SUR SEINE : Rond-Point de la Belle Idée, 17 heures

TROYES : Place Jean Jaurès, 14 heures

Réfugiés du City Plaza

Le Collectif de soutien au Peuple grec – Aube organise une exposition de photos sur l’occupation du City Plaza à Athènes, que des bénévoles grecs et étrangers ont transformé en lieu d’accueil pour les réfugiés, au contraire des politiques policières de l’UE.

Tous les détails sur le site du collectif, en cliquant sur l’affiche !aFF-photoExpo2-copie

Justice est rendue au bois Lejuc !

Le communiqué du PG 52 vaut bien évidemment pour le PG 10 !

Et car il ne faut pas gâcher son plaisir, celui, commun, du Réseau “Sortir du nucléaire, MIRABEL – Lorraine Nature Environnement, Meuse Nature Environnement, ASODEDRA, CEDRA 52, Les Habitants vigilants de Gondrecourt, BureStop55, Bure Zone Libre et des opposant-e-s et habitant-e-s en lutte contre CIGÉO de Bure et d’ailleurs – 1er août 2016

PG 52

1er août 2016

Le comité Haute-Marne du Parti de Gauche se félicite de la décision du Tribunal de Grande Instance de Bar-le-Duc qui, ce jour, rend justice aux huit associations et aux quatre habitants de Mandres-en-Barrois qui ont contesté la légalité des travaux menés par l’Andra au lieu dit le Bois Lejuc. Le défrichement de cette forêt est bien illégal au regard des Codes Forestier, de l’Environnement et de l’Urbanisme. Le jugement oblige l’Andra à remettre les parcelles touchées à leur état initial.

Nul doute que l’Andra va faire appel de cette décision. En attendant elle met un coup d’arrêt aux passages en force de l’Andra et jette une lumière crue sur ses méthodes peu soucieuses du respect du droit : Conseil municipal de Mandres-en-Barrois qui se réuni à 6h du matin pour décider de lui céder le Bois Lejuc contre l’avis majoritaire des habitants consultés par référendum, défrichement de la forêt sans autorisation préalable, recours à des vigiles privés aux pratiques violentes pour garder le Bois Lejuc…

Justice est rendue pour préserver la forêt de Mandres-en-Barrois. Mais d’autres décisions doivent suivre pour stopper définitivement CiGéo et le saccage de plusieurs communes par ce projet aussi inutile que dangereux.

Réseau “Sortir du nucléaire, MIRABEL – Lorraine Nature Environnement, Meuse Nature Environnement, ASODEDRA, CEDRA 52, Les Habitants vigilants de Gondrecourt, BureStop55, Bure Zone Libre et des opposant-e-s et habitant-e-s en lutte contre CIGÉO de Bure et d’ailleurs

1er août 2016

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Clic sur l’image pour lire le communiqué sur le site Plus Bure sera leur chute

L’ordonnance du TGI de Bar-le-Duc est à lire en intégralité ici.

Mandres : chronique d’une réoccupation !

Les impressions rédigées par Mireille, les photos prises par Jean-Marc, en balade à Bure avec Reynald… Merci camarades !

« S’ils nous expulsent, on reviendra ! ». C’est ce que déclarait un flyer qui nous avait été remis lors d’une précédente visite à Mandres ; une Gazette éditée par les Résistants ⃰ précisait même la date de ce retour dans la forêt, le 16 juillet, ainsi que l’heure du rendez-vous et le détail de la « manif de réoccupation » organiséWP_20160716_11_38_51_Proe par les militants : départ à 11h de la Maison de la Résistance à Bure, direction entrée Sud du Bois Lejuc, de l’autre côté de cette butte. Il fait très beau et très chaud ; ça monte dur et pas un cm2 d’ombre…

WP_20160716_12_00_51_ProIl est midi quand on arrive au sommet de la butte. Un échange courtois, mais ferme, s’engage entre une militante locale « responsable ⃰» et deux manifestants venus de Mirecourt avec des autocollants et des drapeaux PCF  ⃰, qu’ils vont, finalement, accepter de ranger. Prises de parole : on nous donne des consignes : constituer dès maintenant des binômes ou des trinômes pour ne jamais se retrouver seul-e ; on nous indique le nom de l’avocate à contacter en cas d’arrestation et on nous précise que, parmi les manifestants, se trouvent des « médics » (dont on nous donne le numéro de téléphone) à appeler si on a besoin de soins ; enfin, dernière info : la cantine sera installée à l’entrée Nord.
WP_20160716_12_53_43_ProQuelques centaines de mètres sur terrain plat et on aborde la descente. Plus facile que de grimper mais, dès qu’on aperçoit l’entrée Sud, on comprend que l’accueil qui nous est réservé sera chaud mais pas chaleureux…

WP_20160716_13_14_41_ProLes gendarmes sont beaucoup moins nombreux que les manifestants mais beaucoup mieux armés et, après nous avoir sommés, en vain, de nous arrêter, c’est l’échange gaz lacrymo contre pierres qui s’engage. Reynald nous a équipés de masques, une militante va de groupe en groupe pour proposer du jus de citron : on en imprègne l’intérieur du masque, ce qui le rend très efficace ; je remonte mon foulard PG jusque sous mes lunettes pour protéger mes yeux, mais ça pique quand même. Beaucoup de militants s’agenouillent face contre terre, dans le chemin ou, mieux, dans les blés qui le bordent. La situation semble figée ; aussi, la manif va se diviser en deux groupes : ceux, dont nous trois, qui restent devant l’entrée Sud et ceux qui décident de rejoindre l’entrée Nord à travers le champ de blé ; on voit alors des gendarmes se déployer le long de la lisière du bois et on imagine qu’il ne leur sera pas plus facile qu’ici d’entrer dans la forêt.

WP_20160716_13_31_38_ProCommence alors une très longue attente. Les gendarmes bloquent l’entrée d’un chemin qui longe la forêt acquise par l’ANDRA a minima de façon contestable et contestée par les Résistants, voire en toute illégalité ⃰ ; un habitant de Mandres leur explique que ce chemin appartient à la commune, qu’on ne peut pas nous en interdire l’accès ; il lui est répondu que l’ordre leur a été donné par la Préfecture…dans le cadre de l’état d’urgence ! Le soleil est au zénith et je jette des regards d’envie vers ce chemin ombragé mais interdit.
Soudain, le miracle : sans un mot d’explication, tous les gendarmes s’en vont ; l’accès au chemin communal est désormais libre et les militants s’y engouffrent aux cris de : « On a gagné ! » WP_20160716_14_25_07_ProNouvelle division des manifestants : quelques-uns trouvent tout près un coin où s’asseoir, beaucoup remontent le chemin vers l’entrée Nord et la cantine ; quant aux  Résistants venus réoccuper la forêt, ils traversent le fossé et le talus qui séparent le terrain communal de la « propriété de l’ANDRA » …

WP_20160716_14_29_44_Pro…et se retrouvent face à la milice de l’ANDRA. A peu de choses près, on pourrait les prendre pour des gendarmes : mêmes casques, boucliers semblables à ceux de la police grecque , ils ne craignent ni les pierres, ni les bâtons des Résistants ; je ne peux pas affirmer qu’ils ont des armes à feu mais, en revanche, je les ai vus manier le gourdin sans retenue pour expulser ceux qui viennent réoccuper la forêt, même pas gênés par les caméras de France Télévision… Ils ont l’habitude et savent bien que ce ne sont pas ces scènes que le service public de l’audiovisuel va diffuser ! Retour des gendarmes quand les heurts deviennent trop violents. Nous, on se demande s’il n’y a pas comme une entente tacite entre les services d’ordre d’Etat et la milice privée pour se partager le sale boulot et je (me) dis que, lorsque l’Etat aura signé le TAFTA, on entrera de plain-pied dans ce monde de la police privée et de la justice privée.

L’après-midi se déroule dans cette alternance de moments paisibles (pendant lesquels j’ai l’occasion d’échanger avec des militants : je vous en rendrai compte dans un prochain message) et de reprise des hostilités ; puis les manifestants venus soutenir la réoccupation quittent les lieux, par petits groupes. On allait en faire autant quand, vers 19h, les gendarmes reprennent l’offensive et, de nouveau, on a droit aux gaz lacrymogènes, prélude à une entrée musclée dans la forêt pour procéder aux expulsions. C’est alors que Reynald se plante devant six d’entre eux, fermement décidé à déjouer leur projet de « cueillir » un Résistant planqué dans la lisière. Il va rester là …un certain temps, ne voulant pas « lâcher » un centimètre aux représentants des puissants.
Quand nous reprendrons le chemin du retour, nous croiserons des petits groupes de Résistants qui regagnent la forêt pour y passer la nuit.

Notes  ⃰ :
Les « Résistants » : Même pour éviter les répétitions, je ne les nommerai pas « Zadistes » ; ils refusent cette appellation sans pour autant mépriser les luttes contre l’aéroport. Ils étaient d’ailleurs invités d’honneur au weekend des 9 et 10 juillet à NDDL et, en retour, un car de 47 Nantais est venu les soutenir ce 16 juillet.
Une « responsable » : les guillemets signalent simplement que les occupants Résistants ne se sont pas donné de chefs, que tout ici est décidé démocratiquement en plénière chaque soir dans la Salle à Mandres…
Les drapeaux PCF (ou autres) n’ont pas droit de cité ; les Résistants refusent tout soutien politique officiel et craignent avant tout la récupération.
L’illégalité de cette acquisition de la forêt par l’ANDRA : en janvier 2013, la population avait refusé l’offre de l’ANDRA d’échange de cette forêt contre 350 ha d’autre forêt et promesse d’emplois et de recettes fiscales. En  juillet 2015, le maire a réuni un Conseil municipal en catimini, à 6h du matin pour répondre positivement à l’offre de l’ANDRA, au mépris du choix des habitants.

Lire en plus, sur le blogs de Mediapart, Street Medic Paris : plus Bure sera leur chute…, communiqué de presse de équipes médicale et juridique du mouvement d’occupation du Bois Lejuc sur les violences subies par les manifestant-e-s dans le cadre de la lutte contre le projet d’enfouissement des déchets nucléaires CIGEO.

Lire aussi, sur EclairCit, l’article que Rémy Dufaut consacre à Ce qui se joue à Bure.

8 Aubois à Notre Dame des Landes, les 9 et 10 juillet

Ci-dessous un article reportage de Reynald Guérin, du Collectif Aubois « contre le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes » et présent à NDDL le week-end des 9 et 10 juillet

Cette année, 8 Aubois du Collectif Aubois « contre le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes » (NDDL) se sont rendus à la fête annuelle (organisée par la Coordination des Opposants* depuis 2013) qui, cette année, a accueilli 25 000 visiteurs sur les 25 hectares situés aux abords du site retenu pour la construction d’un nouvel aéroport en Loire Atlantique. (Le lieu change chaque année afin de limiter les nuisances sur la faune et la flore protégée).

Motivés à soutenir les résistants locaux, les Aubois s’y sont rendus par covoiturage ou en train. En plus de la solidarité qu’ils souhaitaient témoigner aux insoumis locaux, ils sont allés s’enrichir des forums et débats qui se sont déroulés durant les deux journées, dans les 50 agoras. Actualité oblige, le thème de cette manifestation était « Semailles et Démocratie ». Tout un programme !

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. . . pour une convergence des luttes afin d’arrêter la frénésie
des Grand Projets Inutiles et Imposés.

Ensemble, ils ont parlé de légitimité, de légalité, de nécessité . . .  Ils ont échangés sur le(s) droit(s), la(les) liberté(s), l’émancipation, . . . Ils ont réfléchi sur les notions de « démocratie », de « devoir ». Ils ont discuté des moyens de résister à la destruction irrémédiable des Zones A Défendre (ZAD) comme à Notre Dame des Landes (44), bien sûr, mais aussi à Bure (55), Roybon (38), Villenave d’Ornon (33), etc. , dont les aménagements auraient un impact irréversible.

image018Le barrage de Sivens est un exemple de l’égarement des « bâtisseurs » escortés par les administrations publiques. Le 1er juillet dernier, après la mort de Rémi Fraisse (26 octobre 2014), le Tribunal Administratif annulait trois arrêtés préfectoraux : la Déclaration d’Utilité Publique (DUP), l’autorisation de défrichement et la dérogation à la loi sur les espèces protégées (la zone humide de Sivens en comporte une centaine). Constat était fait que ce projet ne trouvait sa légitimité qu’à travers l’imbrication d’irrégularités.

NDDL et Bure sont probablement les 2 projets français contestés par les opposants aux « Grands Projets Inutiles et Imposés » (GPII) qui sont les plus médiatisés. Ils symbolisent tant la volonté des Pouvoirs Publics à construire des justifications pour orienter des financements auprès de grosses entreprises que la volonté de citoyens à préserver un patrimoine commun. Ce n’est pas revenir à « l’âge de pierre » que de veiller à la planète et aux espèces qu’un soit disant « progrès » anéanti inexorablement. L’humain n’a pas le droit de piller ce qui lui est mis à disposition. Il a le devoir de le protéger !

2 rendez-vous ont été pris pour poursuivre la résistance vis-à-vis des GPII :
–          à Bure, les 16 et 17 juillet
–          à Notre Dame des Landes, les 8 et 9 octobre
Le Collectif Aubois reste mobilisé pour y participer

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Martine Billard (Parti de Gauche) et Yves Jadot (Europe Ecologie – Les Verts) ont montré leurs convergences et certaines fois leurs divergences dans l’atelier « à l’heure du TAFTA / CETA et de l’après COP21 » devant de nombreux auditeurs attentifs qui, à la fin, ont scandés « Tous ensemble ! Tous ensemble ! Ouais ! Ouais ! » . . .

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* Associations citoyennes et organisations de résistances contre le projet d’aéroport à NDDL

URGENCE : contre CIGEO, sauver le bois de Mandres en Barrois

Ci-dessous l’appel à résistance contre les travaux de déboisement à Mandres en Barrois, dans le cadre du projet CIGEO …

Comme pour la loi El Khomri, comme pour NDDL, face à des politiques sourds et obtus, seule la lutte paiera…

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Aujourd’hui, dimanche 19 juin, nous avons temporairement libéré le bois communal de Mandres-en-Barrois du joug de l’ANDRA et sa poubelle nucléaire CIGEO. Devant notre grand préau de bois érigé là où les premiers déboisements ont eu lieu, nous, habitant-e-s en résistance d’ici et ailleurs, associations, collectifs, déclarons la forêt de Mandres occupée !

Nous engageons un nouveau pas dans la résistance : face aux débuts des travaux, nous opposons notre joie et notre espoir tenace. Nous ne voulons pas d’une « zone des puits » branchée sur des milliers de tonnes de déchets remisés à l’oubli dans les entrailles de la terre : nous allons défendre physiquement cette forêt qui appartient à toutes et tous. Ce qui se joue derrière ces taillis de charmes et de hêtres, c’est le symbole de la lutte contre l’arrogance et la violence de l’ANDRA. Sous la canopée des grands chênes, notre volonté, herbe folle, ne se laissera pas bétonner.

En 2013, l’agence a agité ses millions et ses promesses d’emploi pour faire main basse sur ce bois : lors d’une consultation, la majorité des habitant-e-s de Mandres a dit non. Car dans cette forêt on fait les affouages pour le bois de chauffe, on flâne, on chasse, on se promène, on cueille : elle fait partie de la vie. Les habitant-e-s ont dit non car il y a là 300 ans de souvenirs, d’usages et de secrets qui ne peuvent être échangés ou compensés. A la manne financière nous préférons les chemins de terre, aux fausses promesses d’emploi celles d’un chêne qui vieillit.

A l’été 2015 l’ANDRA est revenue à la charge. A 6h du matin, le conseil municipal a voté l’échange du bois par 7 voix pour et 4 contre. Cette fois, pas d’illusion de démocratie ou de « consultation », mais deux vigiles pour barricader l’entrée de la mairie. Depuis presque un an, les habitant-e-s ont multiplié les recours pour récupérer ce bois et empêcher le début de la décharge atomique. Réunions publiques, recours gracieux et recours au tribunal administratif contre l’échange du bois ont fait renaître une résistance locale, mais n’ont pas empêché le début des travaux. Nous ne sommes pas dupes : ce n’est pas uniquement devant les tribunaux qu’on enterrera un projet aussi vital et stratégique pour l’Etat et sa filière nucléaire.

#OCCUPYLAMEUSE
 

Aujourd’hui, nous occupons cette forêt pour nous opposer physiquement à l’annexion de ce bois par l’ANDRA. Nous l’occupons car le craquement des arbres qu’on arrache nous est insupportable, car leurs barbelés-rasoirs, leurs vigiles mercenaires et leurs gros chiens ne nous arrêteront pas. Nous l’occupons pour empêcher le vol du territoire par les mains voraces de l’industrie nucléaire.

Nous occupons cette forêt pour bloquer le début des travaux de CIGEO. Nous savons que rien n’arrêtera l’avancée de la poubelle dans les couloirs feutrés du Parlement, sinon le rapport de force sur le terrain. De gauche à droite, les politiciens applaudissent à tout rompre au son du clairon atomique, plus encore quand il s’agit de «rendre service aux générations futures». Occuper maintenant, c’est reprendre la main sur un projet refusé depuis plus de 20 ans, c’est tenter d’avoir une prise sur un ennemi qui, partout ailleurs, s’est rendu insaisissable.

Nous occupons cette forêt d’une autre vie, joyeuse, inventive, collective, contre la société nucléaire et son monde de militaires et de vigiles, d’experts souriants et de dosimètres, d’exploitation des terres et des peuples. Là où ils veulent déboiser, nous construisons des refuges. Là où ils érigent des barbelés nous ouvrons des chemins. Là où ils fabriquent leur désert de solitude et de résignation, nous affirmons notre joie d’être ensemble, en résistance.
Maintenant, tout l’été, toutes et tous à Bure pour bloquer CIGEO !

Sous les piliers de notre préau il y a, sédimentée, toute l’épaisseur de 30 ans de lutte contre la colonisation du territoire, ici et ailleurs, par l’ANDRA. Les cabanes d’aujourd’hui et de demain sont les complices de nos patates rebelles qui squattent les terres de l’agence, les alliées des grandes marches populaires contre la poubelle, les camarades des campements de résistance à CIGEO et son monde.

Ce début d’occupation ne doit pas être le point d’orgue de deux semaines d’action mais le prélude d’un été déterminé. Notre préau, c’est l’invitation à un pique-nique interminable, un nouveau lieu de rencontre et de passage contre la fabrique du désert de l’ANDRA. Notre préau, c’est un appel en bois massif à converger largement vers Bure dès maintenant pour soutenir l’occupation et empêcher, par tous les moyens nécessaires, la destruction de ce bois et le début des travaux de CIGEO. Nous pensons pique- niques, actions directes, manifestations populaires. Nous imaginons blocages, balades et actions décentralisées.

Des peuples spoliés par les mines d’uranium d’Arlit aux bocages rebelles de Notre-Dame-des-Landes, en passant par les reliefs escarpés du Val de Suse et le campement anti-nucléaire de Pyhajöki en Finlande, nous nous tenons sur une seule et même chaîne de résistance contre ceux qui prétendent aménager nos vies !

ON NE NOUS ATOMISERA JAMAIS ! ANDRA, DÉGAGE !
 

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