Archives de catégorie : Actualité régionale

Justice est rendue au bois Lejuc !

Le communiqué du PG 52 vaut bien évidemment pour le PG 10 !

Et car il ne faut pas gâcher son plaisir, celui, commun, du Réseau “Sortir du nucléaire, MIRABEL – Lorraine Nature Environnement, Meuse Nature Environnement, ASODEDRA, CEDRA 52, Les Habitants vigilants de Gondrecourt, BureStop55, Bure Zone Libre et des opposant-e-s et habitant-e-s en lutte contre CIGÉO de Bure et d’ailleurs – 1er août 2016

PG 52

1er août 2016

Le comité Haute-Marne du Parti de Gauche se félicite de la décision du Tribunal de Grande Instance de Bar-le-Duc qui, ce jour, rend justice aux huit associations et aux quatre habitants de Mandres-en-Barrois qui ont contesté la légalité des travaux menés par l’Andra au lieu dit le Bois Lejuc. Le défrichement de cette forêt est bien illégal au regard des Codes Forestier, de l’Environnement et de l’Urbanisme. Le jugement oblige l’Andra à remettre les parcelles touchées à leur état initial.

Nul doute que l’Andra va faire appel de cette décision. En attendant elle met un coup d’arrêt aux passages en force de l’Andra et jette une lumière crue sur ses méthodes peu soucieuses du respect du droit : Conseil municipal de Mandres-en-Barrois qui se réuni à 6h du matin pour décider de lui céder le Bois Lejuc contre l’avis majoritaire des habitants consultés par référendum, défrichement de la forêt sans autorisation préalable, recours à des vigiles privés aux pratiques violentes pour garder le Bois Lejuc…

Justice est rendue pour préserver la forêt de Mandres-en-Barrois. Mais d’autres décisions doivent suivre pour stopper définitivement CiGéo et le saccage de plusieurs communes par ce projet aussi inutile que dangereux.

Réseau “Sortir du nucléaire, MIRABEL – Lorraine Nature Environnement, Meuse Nature Environnement, ASODEDRA, CEDRA 52, Les Habitants vigilants de Gondrecourt, BureStop55, Bure Zone Libre et des opposant-e-s et habitant-e-s en lutte contre CIGÉO de Bure et d’ailleurs

1er août 2016

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Clic sur l’image pour lire le communiqué sur le site Plus Bure sera leur chute

L’ordonnance du TGI de Bar-le-Duc est à lire en intégralité ici.

Mandres : chronique d’une réoccupation !

Les impressions rédigées par Mireille, les photos prises par Jean-Marc, en balade à Bure avec Reynald… Merci camarades !

« S’ils nous expulsent, on reviendra ! ». C’est ce que déclarait un flyer qui nous avait été remis lors d’une précédente visite à Mandres ; une Gazette éditée par les Résistants ⃰ précisait même la date de ce retour dans la forêt, le 16 juillet, ainsi que l’heure du rendez-vous et le détail de la « manif de réoccupation » organiséWP_20160716_11_38_51_Proe par les militants : départ à 11h de la Maison de la Résistance à Bure, direction entrée Sud du Bois Lejuc, de l’autre côté de cette butte. Il fait très beau et très chaud ; ça monte dur et pas un cm2 d’ombre…

WP_20160716_12_00_51_ProIl est midi quand on arrive au sommet de la butte. Un échange courtois, mais ferme, s’engage entre une militante locale « responsable ⃰» et deux manifestants venus de Mirecourt avec des autocollants et des drapeaux PCF  ⃰, qu’ils vont, finalement, accepter de ranger. Prises de parole : on nous donne des consignes : constituer dès maintenant des binômes ou des trinômes pour ne jamais se retrouver seul-e ; on nous indique le nom de l’avocate à contacter en cas d’arrestation et on nous précise que, parmi les manifestants, se trouvent des « médics » (dont on nous donne le numéro de téléphone) à appeler si on a besoin de soins ; enfin, dernière info : la cantine sera installée à l’entrée Nord.
WP_20160716_12_53_43_ProQuelques centaines de mètres sur terrain plat et on aborde la descente. Plus facile que de grimper mais, dès qu’on aperçoit l’entrée Sud, on comprend que l’accueil qui nous est réservé sera chaud mais pas chaleureux…

WP_20160716_13_14_41_ProLes gendarmes sont beaucoup moins nombreux que les manifestants mais beaucoup mieux armés et, après nous avoir sommés, en vain, de nous arrêter, c’est l’échange gaz lacrymo contre pierres qui s’engage. Reynald nous a équipés de masques, une militante va de groupe en groupe pour proposer du jus de citron : on en imprègne l’intérieur du masque, ce qui le rend très efficace ; je remonte mon foulard PG jusque sous mes lunettes pour protéger mes yeux, mais ça pique quand même. Beaucoup de militants s’agenouillent face contre terre, dans le chemin ou, mieux, dans les blés qui le bordent. La situation semble figée ; aussi, la manif va se diviser en deux groupes : ceux, dont nous trois, qui restent devant l’entrée Sud et ceux qui décident de rejoindre l’entrée Nord à travers le champ de blé ; on voit alors des gendarmes se déployer le long de la lisière du bois et on imagine qu’il ne leur sera pas plus facile qu’ici d’entrer dans la forêt.

WP_20160716_13_31_38_ProCommence alors une très longue attente. Les gendarmes bloquent l’entrée d’un chemin qui longe la forêt acquise par l’ANDRA a minima de façon contestable et contestée par les Résistants, voire en toute illégalité ⃰ ; un habitant de Mandres leur explique que ce chemin appartient à la commune, qu’on ne peut pas nous en interdire l’accès ; il lui est répondu que l’ordre leur a été donné par la Préfecture…dans le cadre de l’état d’urgence ! Le soleil est au zénith et je jette des regards d’envie vers ce chemin ombragé mais interdit.
Soudain, le miracle : sans un mot d’explication, tous les gendarmes s’en vont ; l’accès au chemin communal est désormais libre et les militants s’y engouffrent aux cris de : « On a gagné ! » WP_20160716_14_25_07_ProNouvelle division des manifestants : quelques-uns trouvent tout près un coin où s’asseoir, beaucoup remontent le chemin vers l’entrée Nord et la cantine ; quant aux  Résistants venus réoccuper la forêt, ils traversent le fossé et le talus qui séparent le terrain communal de la « propriété de l’ANDRA » …

WP_20160716_14_29_44_Pro…et se retrouvent face à la milice de l’ANDRA. A peu de choses près, on pourrait les prendre pour des gendarmes : mêmes casques, boucliers semblables à ceux de la police grecque , ils ne craignent ni les pierres, ni les bâtons des Résistants ; je ne peux pas affirmer qu’ils ont des armes à feu mais, en revanche, je les ai vus manier le gourdin sans retenue pour expulser ceux qui viennent réoccuper la forêt, même pas gênés par les caméras de France Télévision… Ils ont l’habitude et savent bien que ce ne sont pas ces scènes que le service public de l’audiovisuel va diffuser ! Retour des gendarmes quand les heurts deviennent trop violents. Nous, on se demande s’il n’y a pas comme une entente tacite entre les services d’ordre d’Etat et la milice privée pour se partager le sale boulot et je (me) dis que, lorsque l’Etat aura signé le TAFTA, on entrera de plain-pied dans ce monde de la police privée et de la justice privée.

L’après-midi se déroule dans cette alternance de moments paisibles (pendant lesquels j’ai l’occasion d’échanger avec des militants : je vous en rendrai compte dans un prochain message) et de reprise des hostilités ; puis les manifestants venus soutenir la réoccupation quittent les lieux, par petits groupes. On allait en faire autant quand, vers 19h, les gendarmes reprennent l’offensive et, de nouveau, on a droit aux gaz lacrymogènes, prélude à une entrée musclée dans la forêt pour procéder aux expulsions. C’est alors que Reynald se plante devant six d’entre eux, fermement décidé à déjouer leur projet de « cueillir » un Résistant planqué dans la lisière. Il va rester là …un certain temps, ne voulant pas « lâcher » un centimètre aux représentants des puissants.
Quand nous reprendrons le chemin du retour, nous croiserons des petits groupes de Résistants qui regagnent la forêt pour y passer la nuit.

Notes  ⃰ :
Les « Résistants » : Même pour éviter les répétitions, je ne les nommerai pas « Zadistes » ; ils refusent cette appellation sans pour autant mépriser les luttes contre l’aéroport. Ils étaient d’ailleurs invités d’honneur au weekend des 9 et 10 juillet à NDDL et, en retour, un car de 47 Nantais est venu les soutenir ce 16 juillet.
Une « responsable » : les guillemets signalent simplement que les occupants Résistants ne se sont pas donné de chefs, que tout ici est décidé démocratiquement en plénière chaque soir dans la Salle à Mandres…
Les drapeaux PCF (ou autres) n’ont pas droit de cité ; les Résistants refusent tout soutien politique officiel et craignent avant tout la récupération.
L’illégalité de cette acquisition de la forêt par l’ANDRA : en janvier 2013, la population avait refusé l’offre de l’ANDRA d’échange de cette forêt contre 350 ha d’autre forêt et promesse d’emplois et de recettes fiscales. En  juillet 2015, le maire a réuni un Conseil municipal en catimini, à 6h du matin pour répondre positivement à l’offre de l’ANDRA, au mépris du choix des habitants.

Lire en plus, sur le blogs de Mediapart, Street Medic Paris : plus Bure sera leur chute…, communiqué de presse de équipes médicale et juridique du mouvement d’occupation du Bois Lejuc sur les violences subies par les manifestant-e-s dans le cadre de la lutte contre le projet d’enfouissement des déchets nucléaires CIGEO.

Lire aussi, sur EclairCit, l’article que Rémy Dufaut consacre à Ce qui se joue à Bure.

Nucléaire : l’été des sales coups ?

Martine BillardCommuniqué de Martine Billard, secrétaire générale à l’écologie

L’assemblée nationale a voté lundi soir le lancement des travaux du projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure. Il s’agit d’un nouveau coup de force. Il a débuté le 7 juillet par l’évacuation violente des occupants du Bois Lejuc à Mandes-en-Barrois qui contestaient le déboisement non conforme au code forestier. Il s’est poursuivi par ce vote en catimini au mépris de l’assemblée : ministre de l’environnement absente, amendements systématiquement repoussés sans argument.

Décidément lorsqu’il s’agit de décisions pro-nucléaire tout est mis en oeuvre pour accélérer la procédure. A l’inverse tout est fait pour que la fermeture de Fessenheim ne se fasse pas. Ce « deux poids/deux mesures » est dans la logique d’une Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) qui non seulement a été présentée avec un retard de 6 mois mais en outre ne respecte pas la loi de transition énergétique. Elle prévoit en effet une part du nucléaire comprise entre 65 et 75% de la production d’électricité en 2023, contre 50 % prévus en 2025 dans le texte.

Hors mobilisations nous n’avons rien à attendre de ce gouvernement. C’est pourquoi le Parti de Gauche soutient plus que jamais les mobilisations antinucléaires à venir. Il sera présent à la réoccupation du Bois Lejuc à Mandres-en-Barrois ces 16 et 17 juillet puis au grand rassemblement des 1er et 2 octobre contre l’EPR à Flamanville.

Le communiqué sur le site national du PG

En soutien à Mandres en Barrois…

Des camarades se sont rendus dimanche 7 juillet à Mandres, pour apporter la solidarité du PG 10 contre une des nombreuses conséquences du projet CIGEO.

 

 

Occupation du Bois Lejuc à Mandres-en-Barrois : la désobéissance civique est un droit

Communiqué du Parti de Gauche

ob_e7f867_tracto-barricadeHormis les grands prêtres du productivisme, qui peut affirmer qu’enfouir les déchets nucléaires les plus dangereux est raisonnable ? Qui peut garantir dur comme fer aux générations futures que l’enfouissement sera entièrement réversible ? Qui peut certifier sans erreur possible que tout accident sera prévenu ?…

Plutôt que de réciter leur bréviaire scientiste, les soi-disant ingénieurs de l’Andra devraient relire Descartes : le doute est la première qualité de toute pensée rationnelle. Et CiGéo ne résiste pas à l’analyse rationnelle : par son coût et ses incertitudes, CiGéo est inutile et dangereux. Par ailleurs CiGéo n’a pas de légitimité politique : il ne s’est développé jusqu’alors que par l’achat des consciences avec l’argent de l’Andra, les passages en force du lobby nucléaire au parlement et au gouvernement. Dernier exemple en date : le député Christophe Bouillon, déjà Président de l’Andra, est nommé rapporteur de la loi sur la réversibilité actuellement en « débat » au parlement. Le conflit d’intérêts est criant.

Face à ce déni de raison et de représentation politique, le Parti de Gauche considère comme légitime de contester des décisions « officielles » contraires à l’intérêt général. Ainsi le droit de propriété de l’Andra sur la forêt communale de Mandres-en-Barrois (Meuse) peut être considéré comme indu.

Le Parti de Gauche exige que Christophe Bouillon soit dessaisi de son mandat de rapporteur de la loi sur la réversibilité et soutient la désobéissance civique des occupants du Bois Lejuc à Mandes-en-Barrois, qui ne font que se réapproprier un bien commun et contester un déboisement non conforme au Code forestier.

Le 29 juin 2016

URGENCE : contre CIGEO, sauver le bois de Mandres en Barrois

Ci-dessous l’appel à résistance contre les travaux de déboisement à Mandres en Barrois, dans le cadre du projet CIGEO …

Comme pour la loi El Khomri, comme pour NDDL, face à des politiques sourds et obtus, seule la lutte paiera…

Mandres 01

Aujourd’hui, dimanche 19 juin, nous avons temporairement libéré le bois communal de Mandres-en-Barrois du joug de l’ANDRA et sa poubelle nucléaire CIGEO. Devant notre grand préau de bois érigé là où les premiers déboisements ont eu lieu, nous, habitant-e-s en résistance d’ici et ailleurs, associations, collectifs, déclarons la forêt de Mandres occupée !

Nous engageons un nouveau pas dans la résistance : face aux débuts des travaux, nous opposons notre joie et notre espoir tenace. Nous ne voulons pas d’une « zone des puits » branchée sur des milliers de tonnes de déchets remisés à l’oubli dans les entrailles de la terre : nous allons défendre physiquement cette forêt qui appartient à toutes et tous. Ce qui se joue derrière ces taillis de charmes et de hêtres, c’est le symbole de la lutte contre l’arrogance et la violence de l’ANDRA. Sous la canopée des grands chênes, notre volonté, herbe folle, ne se laissera pas bétonner.

En 2013, l’agence a agité ses millions et ses promesses d’emploi pour faire main basse sur ce bois : lors d’une consultation, la majorité des habitant-e-s de Mandres a dit non. Car dans cette forêt on fait les affouages pour le bois de chauffe, on flâne, on chasse, on se promène, on cueille : elle fait partie de la vie. Les habitant-e-s ont dit non car il y a là 300 ans de souvenirs, d’usages et de secrets qui ne peuvent être échangés ou compensés. A la manne financière nous préférons les chemins de terre, aux fausses promesses d’emploi celles d’un chêne qui vieillit.

A l’été 2015 l’ANDRA est revenue à la charge. A 6h du matin, le conseil municipal a voté l’échange du bois par 7 voix pour et 4 contre. Cette fois, pas d’illusion de démocratie ou de « consultation », mais deux vigiles pour barricader l’entrée de la mairie. Depuis presque un an, les habitant-e-s ont multiplié les recours pour récupérer ce bois et empêcher le début de la décharge atomique. Réunions publiques, recours gracieux et recours au tribunal administratif contre l’échange du bois ont fait renaître une résistance locale, mais n’ont pas empêché le début des travaux. Nous ne sommes pas dupes : ce n’est pas uniquement devant les tribunaux qu’on enterrera un projet aussi vital et stratégique pour l’Etat et sa filière nucléaire.

#OCCUPYLAMEUSE
 

Aujourd’hui, nous occupons cette forêt pour nous opposer physiquement à l’annexion de ce bois par l’ANDRA. Nous l’occupons car le craquement des arbres qu’on arrache nous est insupportable, car leurs barbelés-rasoirs, leurs vigiles mercenaires et leurs gros chiens ne nous arrêteront pas. Nous l’occupons pour empêcher le vol du territoire par les mains voraces de l’industrie nucléaire.

Nous occupons cette forêt pour bloquer le début des travaux de CIGEO. Nous savons que rien n’arrêtera l’avancée de la poubelle dans les couloirs feutrés du Parlement, sinon le rapport de force sur le terrain. De gauche à droite, les politiciens applaudissent à tout rompre au son du clairon atomique, plus encore quand il s’agit de «rendre service aux générations futures». Occuper maintenant, c’est reprendre la main sur un projet refusé depuis plus de 20 ans, c’est tenter d’avoir une prise sur un ennemi qui, partout ailleurs, s’est rendu insaisissable.

Nous occupons cette forêt d’une autre vie, joyeuse, inventive, collective, contre la société nucléaire et son monde de militaires et de vigiles, d’experts souriants et de dosimètres, d’exploitation des terres et des peuples. Là où ils veulent déboiser, nous construisons des refuges. Là où ils érigent des barbelés nous ouvrons des chemins. Là où ils fabriquent leur désert de solitude et de résignation, nous affirmons notre joie d’être ensemble, en résistance.
Maintenant, tout l’été, toutes et tous à Bure pour bloquer CIGEO !

Sous les piliers de notre préau il y a, sédimentée, toute l’épaisseur de 30 ans de lutte contre la colonisation du territoire, ici et ailleurs, par l’ANDRA. Les cabanes d’aujourd’hui et de demain sont les complices de nos patates rebelles qui squattent les terres de l’agence, les alliées des grandes marches populaires contre la poubelle, les camarades des campements de résistance à CIGEO et son monde.

Ce début d’occupation ne doit pas être le point d’orgue de deux semaines d’action mais le prélude d’un été déterminé. Notre préau, c’est l’invitation à un pique-nique interminable, un nouveau lieu de rencontre et de passage contre la fabrique du désert de l’ANDRA. Notre préau, c’est un appel en bois massif à converger largement vers Bure dès maintenant pour soutenir l’occupation et empêcher, par tous les moyens nécessaires, la destruction de ce bois et le début des travaux de CIGEO. Nous pensons pique- niques, actions directes, manifestations populaires. Nous imaginons blocages, balades et actions décentralisées.

Des peuples spoliés par les mines d’uranium d’Arlit aux bocages rebelles de Notre-Dame-des-Landes, en passant par les reliefs escarpés du Val de Suse et le campement anti-nucléaire de Pyhajöki en Finlande, nous nous tenons sur une seule et même chaîne de résistance contre ceux qui prétendent aménager nos vies !

ON NE NOUS ATOMISERA JAMAIS ! ANDRA, DÉGAGE !
 

Plus d’infos sur logo

La colère de Bure, les pieds sur terre

Un lien vers le site de nos camarades de la Haute-Marne, par rapport à Bure et à la journée d’action du 5 juin…

« Deux vidéos sur les 200 000 pas à Bure ce dimanche 5 juin : marches, défilé de tracteurs, concert de casseroles, construction collective du monstre CiGéo pour faire entendre que les déchets nucléaires ne s’enfouissent pas, ni ici ni ailleurs. Seule solution d’avenir : arrêter d’en produire, donc sortir du nucléaire. »

Les vidéos sur le site du PG : cliquez sur l’affichette…ob_d9c92d_200000-pas-a-bure

Tribune : 2016, année à haut risque pour le nucléaire

ArevaNiger.jpgAvec l’accélération des événements chacun dispose désormais de tous les éléments pour justifier la décision immédiate d’une sortie progressive du nucléaire. Un fiasco industriel, un gouffre financier, un scandale social, une hérésie sur les déchets produits et des risques d’accident inacceptables… Voici le papier que j’ai rédigé pour l’hebdo L’Heure du Peuple il y a quelques jours, avant la démission du directeur financier d’EDF notamment. « Au nom de la grandeur de la filière nucléaire, quitte à couler le groupe » Depuis le temps qu’on le dit… Merci. Les salariés et sous traitants du nucléaire, eux, sont condamnés à rester, et les citoyens à subir risques et futures pertes à renflouer…

2016, année à haut risque pour le nucléaire

Tribune publiée dans l’hebdo L’Heure du Peuple parCorinne MOREL DARLEUX

 Entre la plainte déposée par la Suisse contre la centrale du Bugey et les déclarations de la Ministre Royal qui se dit prête à prolonger les centrales de dix ans, les événements se précipitent dans le secteur nucléaire, dans un contexte où la filière coûte de plus en plus cher au pays. Elle plombe toute stratégie industrielle d’avenir à EDF et voit s’avancer une casse sociale sans précédent. Or c’est un angle peu utilisé par le mouvement antinucléaire. On connaît les arguments sur les déchets dont personne ne sait que faire, relancé avec la mort d’un technicien à Bure en janvier et l’arrivée du projet d’enfouissement des déchets nucléaires Cigeo devant le Parlement. Alors qu’on commémorera cette année les 5 ans de la catastrophe de Fukushima et les 30 ans de Chernobyl, on sait les risques d’accident. Mais aujourd’hui s’y ajoutent le fiasco industriel, économique et social que représente le nucléaire et les risques financiers qu’il fait peser sur l’opérateur historique EDF. Petit résumé de la situation.

 L’impossible équation financière d’EDF

Le contexte est sans précédent pour EDF. Déjà endettée de près de 40 milliards d’euros, elle est sommée de racheter l’activité réacteurs nucléaires d’Areva pour 2,7 milliards d’euros, afin de sortir celle-ci de l’abîme financier. EDF doit également faire face aux 50 à 100 milliards de coût estimé du « grand carénage », opération de remise aux normes de sécurité post-Fukushima sur des réacteurs vieillissants. Quant au projet Cigeo, il coûtera entre 25 et 32 milliards d’euros. Sans parler du futur démantèlement des centrales. De l’avis général, et malgré l’annonce de la vente d’actifs à l’étranger pour 10 milliards d’euros, EDF ne peut pas s’en sortir.

 Une stratégie industrielle plombée par l’EPR

Et pour corser l’affaire, alors qu’EDF mise tout sur le réacteur dit de troisième génération, le fameux EPR, celui-ci s’avère être un véritable fiasco industriel. A Flamanville, son coût a été réévalué à 10 milliards d’euros, soit le double du coût initial. Le chantier a déjà pris 7 ans de retard, et le projet d’EPR en Finlande fait face aux mêmes dérives. Pourtant Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF, persiste : « A partir de 2028, 2030, nous allons commencer à installer en France des EPR nouveau modèle (…) Et puis en 2050, 2055, on (…) en aura 30, 35 ou 40». Même fuite en avant à Hinkley Point en Angleterre, où EDF vient de signer avec le chinois CGN un accord de financement pour deux EPR. Un engagement financier risqué, alors que l’avantage compétitif français s’effrite : le premier EPR en service sera vraisemblablement 100% chinois, et le nucléaire recule à l’échelle mondiale : alors qu’en 1996 il représentait 18 % de la production d’électricité, cette part est tombée à 11 %.

 Travailleurs du nucléaire : un scandale social

Comme souvent, ce sont les travailleurs qui servent de variable d’ajustement. Recours à la sous-traitance et dumping social sont courants dans le nucléaire. Sur le chantier de Flamanville toujours, en 2015, Bouygues et ses sous-traitants ont été condamnés pour travail dissimulé et l’exploitation de 460 ouvriers roumains et polonais. Et l’avenir ne s’annonce guère plus réjouissant pour les salariés d’EDF : le 21 janvier dernier, simultanément à son annonce de 2 nouveaux EPR en 2030, l’entreprise annonçait en comité central d’entreprise la suppression de 4.200 postes en France en 3 ans.

Ce chiffre est à comparer, par exemple, aux 1.600 emplois créés par l’éolien en France en 2015, aux besoins immenses dans le domaine de la rénovation des bâtiments et de l’éco-construction, ou encore au potentiel d’1 million d’emplois que générerait une véritable politique écosocialiste. Selon l’étude de l’économiste Philippe Quirion sur la base du scénario Negawatt, 700 000 emplois pourraient ainsi être créés dans la seule transition énergétique d’ici 2030.

 Le gouvernement toujours dans le déni

Mais ceux qui clament qu’ils vont inverser la courbe du chômage rament à contre-courant. La promesse de M. Hollande de fermer Fessenheim avant la fin du quinquennat ne sera pas tenue. La loi de transition énergétique a maintenu la capacité du parc nucléaire à 63,2 MW. Pas d’arrêt de réacteurs avant que l’EPR de Flamanville soit en service, donc. Et en attendant, le nucléaire continue de siphonner les investissements. Mais tout va bien, puisque même la Ministre de l’environnement Mme Royal le dit : « l’énergie nucléaire est un atout évident (…) dans la construction d’une économie décarbonnée ».

 Le nucléaire, bon pour le climat ?

Non. Pas si on prend en compte l’ensemble du cycle de vie, de l’extraction désastreuse dans les mines d’uranium au démantèlement des centrales. Pas selon un rapport récent de WISE-Paris, pour lequel le nucléaire n’est pas si avantageux : il vient en plus, et non en substitution des centrales thermiques les plus polluantes, et ne permet d’éviter qu’environ 4 % des émissions de CO2. Nul besoin de sortir de l’ENA pour comprendre que plus l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables progressent, plus l’avantage du nucléaire recule mécaniquement. Mais aujourd’hui les sommes englouties par le nucléaire empêchent l’État d’investir massivement dans les économies d’énergie et les filières d’avenir, ce qui serait pourtant bien plus fructueux. Ainsi, alors qu’il maintient à bout de bras le nucléaire, le gouvernement abandonne Nexcis et vend la seule centrale géothermique du pays, celle de Bouillante en Guadeloupe. Un contre-sens absolu.

 Reprendre la main

Produire autrement, c’est pourtant possible. En avril 2015, un rapport commandé par l’Ademe a prouvé que les renouvelables pouvaient fournir 95 % de l’électricité en 2050, sans que cela coûte plus cher que de continuer dans le nucléaire. Les coûts de l’éolien et du solaire vont baisser de 20 à 40% d’ici 2050 alors que ceux du nucléaire vont augmenter de 30 %. Cette étude confirme ce que disent depuis longtemps les experts de Negawatt ou de Global Chance : le nucléaire coûte cher et il serait plus rentable, plus sûr et pour tout dire plus malin d’en sortir.

Pour mettre fin aux errements stratégiques guidés par le profit et l’aveuglement des lobbies, la renationalisation d’EDF et d’Areva s’impose. Nous l’avons chiffrée et scénarisée en 2012 : vente des filiales et participations qui ne participent pas de la mission de service public, et rachat des parts de capital des autres investisseurs. Cela coûterait cher ? Oui. Mais en réalité, le mur d’investissements pour rester dans le nucléaire est tout aussi imposant : il faut remonter à la construction du parc nucléaire, dans les années 70, pour retrouver de tels montants.

 Un nouvel élan national

Alors quitte à investir, faisons preuve d’audace. Ce dont la France a été capable alors avec le nucléaire, nous pouvons encore le faire. Avec le savoir-faire des travailleurs, ingénieurs, chercheurs, relevons un défi autrement exaltant : celui de jeter toutes nos forces dans l’avenir, avec la fierté de réaliser un virage radical, exemplaire, et de devenir le champion des renouvelables et de l’efficacité énergétique dans le monde.

Nous y gagnerons sur tous nos axes de bataille, des conditions de travail à la souveraineté populaire en passant par l’autonomie de notre production et la fin du pillage au Sud, la maîtrise publique de ce bien commun qu’est l’énergie, la sécurité des citoyens et leur participation active à un grand projet fédérateur.

Clic sur l’image pour accéder au blog de Corinne Morel-Darleux

écosocialisme intégral (graines, fleurs et épines)
écosocialisme intégral (graines, fleurs et épines)

Régionales : 9 cartes pour tout comprendre de l’ALCA

rue 89Le site Rue 89 Strasbourg publie un ensemble de carte, qui permet de mieux comprendre la géographie électorale de notre nouvelle grande région. Cliquez sur le logo pour accéder à cet article !

Bure, le drame de trop !

Déclaration nationale du Parti de Gauche

Un éboulement a provoqué hier la mort d’un technicien et en a blessé un autre à Bure

Bure. Le PG présente toutes ses condoléances et soutien à leurs familles.

Il serait du à un forage d’étude de la constitution géologique du futur site de stockage de déchets nucléaires, dans une galerie du laboratoire de l’Andra dont la mission est « d’étudier la constitution et l’évolution géologique dans l’optique de la construction de Cigeo« . Cigeo, c’est ce projet d’enfouissement de déchets nucléaire à forte radioactivité et très grande longévité, à 500 mètres sous le sol, dont le coût vient d’être réévalué par l’Andra à 35 milliards d’euros.

L’enquête ouverte par le Procureur de la République après ce drame sera cruciale. Il repose la question des conditions de travail, et doit rouvrir le débat sur la pertinence de l’enfouissement en profondeur de déchets nucléaires notamment eu égard aux conditions géologiques, et ce avant le vote sur le projet Cigeo qui doit être soumis au Parlement cette année.

En cette année de commémoration des 5 ans de Fukushima et des 30 ans de Tchernobyl, alors que le nucléaire coûte de plus en plus cher au pays, plombe toute stratégie industrielle d’avenir à EDF et annonce une casse sociale sans précédent, le débat doit enfin se faire de manière transparente, argumentée et en responsabilité sur le nucléaire qui produit des déchets dont personne ne sait quoi faire.

Conditions de travail, recours à la sous traitance, souveraineté populaire, indépendance énergétique, privatisation du bien commun vital qu’est l’énergie, et bien sûr défense de l’environnement, sans parler des générations à venir : sur tous ces sujets, engageons la convergence des luttes écologistes et des travailleurs du nucléaire, pour l’intérêt général.

Faisons de Bure – Cigeo un de nos sujets centraux, pour que ce drame soit le dernier.

Corinne MOREL-DARLEUX

Pour rappel :

Notre cahier d’acteurs PG sur Cigeo à Bure
Et celui sur les conditions de travail dans le nucléaire à l’occasion du débat national sur la transition énergétique

 

"Il faut choisir : se reposer ou être libre" (Thucydide, par Castoriadis)