Archives de catégorie : Editos

Massacre à la tronçonneuse du code du travail

marche_contre_coup_etat_social_finalEdouard Philippe et Muriel Pénicaud n’ont rien annoncé aujourd’hui. Après des semaines de supposées concertations avec les syndicats, la nocivité du contenu des ordonnances telles qu’adoptées par l’assemblée en juillet est intacte. Inversion de la hiérarchie des normes, facilitation des licenciements avec la barêmisation des dommages et intérêts aux prud’hommes, CDI de chantier et CDD adaptables par branche, affaiblissement de la représentativité du personnel, contournement des syndicats, punition des instances de réprésentation du personnel en les obligeant à financer en partie les expertises demandées : c’est bien un massacre à la tronçonneuse du code du travail qu’ont annoncé les deux social killers.

Ils y ont rajouté la facilitation des licenciements collectifs déguisés avec la possibilité de rupture conventionnelle collective anticipant des problèmes économiques. Le Medef peut être content, il a obtenu nombre des reculs sociaux qu’il exigeait depuis des années. Seule la mobilisation peut désormais éviter que ce scénario ne débouche sur un très mauvais film d’horreur. Le PG appelle plus que jamais à se mobiliser derrière les syndicats à partir du 12 septembre et à déferler dans les rues le 23 septembre à l’initiative de FI.

Eric Coquerel et Danielle Simonnet, co-secrétaires nationaux

Un moment crucial !

Voilà des mois que les médias occultent la France Insoumise (FI), trop attirées par l’exercice facile du buzz autour des primaires. On peut dire que LR et PS ont parfaitement accordé leurs calendriers pour leur faciliter la tâche et occuper l’espace médiatique.
Pendant ce temps, que faisions-nous à la France Insoumise ?
Rien moins qu’un lancement de rassemblement, dès le mois de février 2016, après que Jean-Luc Mélenchon ait proposé sa candidature à la candidature de la Présidentielle 2017.
Aucun autre candidat ne s’est alors manifesté et c’est donc fort de plus de 100 000 soutiens et devant plus de 10 000 insoumis qu’il a annoncé, le 5 juin 2016, sa candidature pour la France insoumise.
Ensuite ce fut la convention de la FI à Lille en octobre 2016 dont le succès et la qualité des débats ont été (une fois n’est pas coutume) salués par quelques médias. De cette convention est sorti le programme qui avait été élaboré collectivement et enrichi par des milliers de contributions. Ce programme est en vente en librairie depuis le 1er décembre.

Maintenant que l’épisode calamiteux des primaires est achevé, on pourrait penser qu’il va être question de politique et qu’enfin, nous allons être interrogés sur notre programme.

Eh bien non ! Les médias nous parlent maintenant d’alliances, de rapprochements, de stratégies. Il semble qu’ils n’aient pas tout à fait tort puisque les principaux concernés, qui ont parfaitement ignoré la FI jusqu’à présent se sentent pousser des ailes après ce qu’ils nomment entre eux « une victoire de la gauche » à la primaire du PS. C’est ainsi qu’on entend dire ici et là que le PCF pourrait se rapprocher de B. Hamon, de même que Y. Jadot.
Que penser de tout ça ?
Que penser du PCF dont les militants décident de soutenir Jean-Luc Mélenchon, mais pas son programme ?
Que penser d’un tel soutien lorsqu’on est obligé d’expliquer aux personnes dont nous allons à la rencontre sur les marchés, que le tract signé « Front de gauche – PCF » n’est pas le même que celui que nous leur tendons au nom de la FI ?
Que penser de EELV qui décide de faire sa primaire (fort réussie sur le plan calamiteux) pour avoir SON candidat en sachant parfaitement qu’il n’a aucune chance de dépasser les 1% ?
Que penser du « frondeur » B. Hamon qui, n’étant pas un perdreau de l’année en politique, sait parfaitement que le PS, qu’il n’a toujours pas quitté, a tourné le dos à la classe ouvrière depuis plus de 30 ans ?

Je ne sais pas vous, mais moi personnellement, j’ai le sentiment depuis déjà quelques temps que ces acteurs politiques n’ont pas conscience du moment qui se joue. Plus encore, j’ai des doutes très sérieux sur leur sens de l’intérêt général et du bien commun. Je ne vois derrière leurs postures qu’une espèce de « sauve qui peut » à base de calculs tactiques irresponsables, comme un ultime baroud de déshonneur.

Pendant ce temps, la France insoumise est dans l’action et dans la dynamique de rassemblement.

Chers camarades qui faites appel au rassemblement des gauches, les portes de la FI sont grandes ouvertes et les mains tendues, mais comprenez une chose essentielle pour ce qui nous concerne :
A la France insoumise, nous n’exigeons pas d’avoir la carte du PC pour être communiste, nous n’exigeons pas la carte d’EELV pour être écologiste, nous n’exigeons pas d’avoir la carte du PS pour être socialiste, nous n’exigeons pas d’avoir la carte du Parti de Gauche pour être de gauche. Nous sommes déjà le rassemblement de toutes ces idées, animés par le seul souci de l’action collective pour mettre un coup d’arrêt aux politiques infernales qui nous sont imposées depuis des décennies par la droite et le PS.

Vous avez le choix, chers camarades, entre vous accrocher désespérément à votre appareil et le mener à sa perte ou bien prendre conscience du moment crucial qui se joue et nous rejoindre. Dans ce dernier cas, la victoire n’est plus un rêve et vos appareils n’en sortiront que ragaillardis. A bons entendeurs…

Un pour tous ?

Au chapitre des mauvaises nouvelles qui nous viennent d’Outre-Atlantique, il y a pire que celle de l’éléphant qui trompe énormément. L’Equateur a signé ce 11 novembre un traité de libre-échange avec l’Union européenne, sur la base de ce qui avait été négocié avec le Pérou et la Colombie, dont les gouvernements font montre depuis toujours d’un remarquable zèle néo-libéral.

rechazo-tlc-union-europea-720x477Comment cette signature d’un gouvernement issu il y a une dizaine d’années de la contestation de la Zone de Libre-Echange des Amériques a-t-elle été possible ? La société civile ne s’y trompe pas, qui dénonce encore une fois le triomphe des « corporations », en particulier le secteur agro-exportateur équatorien.

Plus d’informations sur cet accord sur la page suivante du Centre National de coopération au développement de Belgique. Comme le dit l’article, malgré ses dénégations, Rafaël Correa a-t-il mangé sa parole ? Faut-il être aussi sévère que Acción Ecologica quand elle écrit : « La différence (avec d’autres pays NDLR) est que l’Equateur a été mis sur ces rails par un gouvernement qui se proclame de gauche et qui a pour président quelqu’un qui a écrit plusieurs livres qui décrivent les arguments fallacieux du libre-échange. Trahison ? non, seulement une capacité quasi infinie à tromper ! (La diferencia está en que el Ecuador ha sido lanzado a este destino por un gobierno que se autodefine de izquierda y que tiene como presidente a quien fuera autor de varios libros que describen las falacias del libre comercio. ¿Traición? no, sólo una capacidad casi infinita de engañar.)« 

Quelle que soit la réponse que l’on y apporte, après Tsipras et Syriza, après Iglesias et Podemos, encore une fois s’impose au mouvement d’émancipation le fait que celle-ci n’est jamais l’oeuvre d’un homme, quelles que soient ses qualités,  mais celle du peuple se battant pour son avenir…

C’est le sens que nous donnerons tout au long de la campagne à la construction de la France insoumise !

En 2017, prenons le relais de la Wallonie !

 

Donald Tusk - Président du conseil européen.
Donald Tusk – Président du conseil européen.

L’actualité de ces derniers jours à propos du CETA, a de nouveau relégué les citoyens européens au rang de sous-représentants face à une institution européenne de fin de règne qui, devant son incapacité à affronter politiquement la réalité, n’a plus d’autres recours que le passage en force en affichant ostensiblement un visage de plus en plus autoritaire.

Nos voisins Wallons avaient montré vendredi 21 octobre dernier un bel exemple de courage politique en refusant de ratifier le CETA, mais ils avaient ainsi causé beaucoup de peine à la ministre du commerce international du Canada Chrystia Freeland. Ce fut une posture un peu trop audacieuse face au mur de Bruxelles qui a alors considéré que cet affront d’un tout petit (cette région représente un peu moins de 1% de la population de l’Europe des 27) devait être effacé sur-le-champ.

Signature du CETA – c’est donc chose faite

Cela n’a pas tardé. Après que le Premier Ministre Belge ait déclaré jeudi soir dernier devant son parlement que : «Pas une virgule n’a bougé dans le texte du CETA», les différents parlements régionaux belges donnaient leur accord au texte amendé et le président du conseil européen, Donald Tusk, annonçait dans la foulée la signature du traité entre le Canada et l’Union européenne.
Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, se félicitait de son côté de l’accord trouvé et annonçait sa venue à Bruxelles où l
’accord sur le CETA a été signé ce dimanche 30 octobre.
Pour enfoncer ce clou rouillé dans nos têtes trop dures, la prochaine étape très attendue et souhaitée par nombre de technocrates européens est que les négociations et les processus de ratification des traités de libre-échange relèvent désormais de la seule compétence de la commission et du parlement européens. En d’autres termes qu’il n’y ait plus d’accords «mixtes». En cela, si la cour européenne de justice décide que l’accord commercial avec Singapour est de la compétence exclusive de la commission, la voie sera libre et il n’y aura plus de compte à rendre aux parlements nationaux pour engager les pays de l’Union européenne dans les futurs accords commerciaux.

Alors que beaucoup de commentateurs accusaient la Wallonnie de prendre l’Europe en otage, une majorité de citoyens européens et canadiens se ralliaient à la cause wallonne. Comme l’écrivait encore fort justement Martine Orange vendredi «le problème, pour nombre d’Européens, n’est pas que 1 % de la population européenne puisse bloquer 500 millions d’Européens, mais que seulement 1 % de la population européenne ait été autorisée à débattre sur cette importante question commerciale de cette façon approfondie, que leurs propres élus ne se soient jamais exprimés véritablement sur le sujet.»

Et maintenant ?

Perspectives politiques

Le texte du CETA devra désormais être ratifié par le Parlement européen, sans doute au début de 2017, ce qui permettra sa mise en œuvre provisoire. Dans ce contexte, les élections présidentielles et législatives qui auront lieu en France dans cette période, doivent mobiliser tous les citoyens qui souhaitent sortir de ce carcan.

logo_phi_600La candidature de «La France insoumise» portée par Jean-Luc Mélenchon constitue, à ce titre, un recours inédit et unique en France pour sortir par le haut des traités européens, mais aussi du système de monarchie Présidentielle d’une 5ème République moribonde.

La Convention des insoumis à Lille, je n’y étais pas, mais qu’est-ce que c’était bien !

172Je le sais, parce que j’ai suivi beaucoup de ses travaux sur internet, et je n’ai pas loupé le discours de clôture de Jean Luc Mélenchon.

En plus, les participants de l’Aube sont revenus très enthousiastes en louant la qualité et le sérieux des travaux sur les mesures à prendre en priorité.

Mais c’est l’implication des Insoumis, et pas seulement de ceux qui étaient à Lille, qui est remarquable : les quelques 135 000 signataires de l’appui à JLM ont été invités à participer au tirage au sort des « conventionnels ». Il faut remarquer qu’environ 40 000 d’entre eux s’étaient portés volontaires, ce qui est énorme en pourcentage et montre que les « appuis » à JLM ne sont pas seulement venus poser une signature quelque part sur internet…..

On ne peut pas dans ce cas douter de la légitimité de la convention

Sur ces 40 000 volontaires, 1 000 ont été retenus : environ 400 désignés (afin de permettre entre autres aux organisations membres du rassemblement de contribuer au débat) et 600 tirés au sort (la majorité donc !) qui se sont retrouvés par groupe de 5 ou 6 autour de petites tables rondes pour débattre, se positionner et rendre compte à l’assemblée tout entière sur les points du programme qui leur ont été proposés.

Plus de 100 000 personnes ont suivi peu ou prou par internet en direct les travaux de cette convention, et plus de 30 000 d’entre elles ont pu participer aux votes en direct .

57 Cette convention n’a pas été seulement un modèle d’organisation pour l’expression démocratique dans le mouvement, mais aussi une réelle réussite si on regarde les gens qui ont joué le jeu et répondu « présent ».

Les journalistes ne s’y sont pas trompé, qui ont salué au lendemain de la convention le sérieux de l’organisation et du travail effectué. (voir ci-dessous les 15 mesures à prendre)

Les quinze mesures à mettre en avant votées par la Convention de Lille…

 

CETA et la France insoumise

GEORG HOCHMUTH / APA / AFP
GEORG HOCHMUTH / APA / AFP

Les négociations de la dernière chance entre le gouvernement wallon et la ministre du commerce international du Canada Chrystia Freeland ont échoué, ce vendredi 21 octobre 2016. Nos voisins Wallons ont refusé de ratifier l’accord de libre-échange UE-Canada (CETA). Au delà du positionnement pour ou contre CETA, il me semble que nous ne pouvons que les féliciter pour avoir eu un tel courage politique face à l’armée surpuissante des lobbies et des médias.

Côté Canada

La ministre du commerce international du Canada Chrystia Freeland a quant à elle pleurniché au sortir du siège de l’exécutif wallon : « Il me semble évident, à moi et au Canada, que l’Union européenne n’est pas aujourd’hui capable de conclure un accord international, même avec un pays qui a autant de valeurs européennes que le Canada », avant de lâcher un dernier soupir : « Le Canada est déçu, moi personnellement je suis très déçue. J’ai travaillé très fort, mais je pense que c’est impossible. Nous avons décidé de retourner chez nous et je suis très triste. »

Côté France

François Hollande, plus à l’aise que jamais avec les médias, a tenu des propos d’indigné, tentant d’expliquer que s’il avait décidé d’abandonner TAFTA (prononcé TITIP par lui, à l’américaine), c’était justement parce que CETA présentait tous les avantages ou plutôt ne présentait pas les inconvénients de TAFTA, que CETA était un accord beaucoup mieux ficelé et offrant beaucoup plus de garanties que TAFTA.

Côté Wallonie

La signature du traité, théoriquement prévue pour le 27 octobre, était suspendue à l’accord de la Wallonie, qui refuse de donner les pleins pouvoirs à Bruxelles pour parapher l’accord en raison d’une série de problèmes qu’elle relève dans le texte.

Le ministre Président de la Walonnie
Le ministre Président de la Wallonie

La Wallonie a besoin d’«un peu de temps» Le chef du gouvernement wallon, Paul Magnette, s’est dit «surpris» par l’échec des discussions avec Ottawa. «On convergeait bien, on avait une discussion constructive avec les Canadiens, mais on n’a pas pu s’entendre sur le temps et je le regrette.»
Le ministre-président wallon a une fois de plus expliqué que si les discussions commerciales conduites par la Commission européenne avec le Canada ont duré sept ans, la Wallonie, elle, n’a commencé à négocier qu’au début d’octobre avec la Commission, alors que le Parlement régional avait fait connaître ses griefs depuis de nombreux mois. Lire à ce sujet l’interview du ministre-président de la Wallonie : « On ne peut pas nous dire “ce traité est parfait, vous avez le choix entre oui et oui” » «C’est une question de démocratie, simplement», a-t-il plaidé. «Beaucoup ne se sont pas aperçus que nous devions aussi apporter notre signature», a déploré M. Magnette, en référence à ses interlocuteurs européens et canadiens.

Alors doit-on être rassuré ?

L’analyse présentée ici étant tout à fait personnelle, elle sera donc exprimée à la première personne et engage uniquement son auteur.

  • Le Canada  est triste (entendons-nous bien, allusion est faite ici au gouvernement canadien par la voix de sa ministre du commerce international et non pas aux nombreux citoyens canadiens qui ne veulent pas de cet accord. Voir  à ce sujet une excellente vidéo ici qui nous a été suggérée par une abonnée du collectif stop TAFTA Aube).
  • La France tente de sauver les meubles (allusion est faite ici au Président français et à ses collaborateurs et non pas aux nombreux citoyens français qui ne veulent pas de cet accord).
  • La Wallonie, par la voix de son ministre Président, demande «un peu de temps».

Face à ces postures, il faut cependant garder la tête froide et rappeler quelques éléments factuels, encore et encore, puisque les toutous médiatiques continuent, dans leur grande majorité à aboyer uniquement sur les tribunaux d’arbitrage, dont on leur dit de dire que le problème est réglé avec le CETA depuis que l’ISDS est devenu l’ICS. Il est utile de lire à ce sujet (environ 50 pages) l’analyse détaillée de Corporate Europe Observatory.

Donc, revenons aux fondamentaux.
CETA, comme TAFTA, contient deux mécanismes stratégiques et redoutables qui sont :

  1. Le mécanisme privé d’arbitrage qui permet aux firmes transnationales d’attaquer les États lorsqu’elle jugent que les réglementations (à tout niveau, État, région, département, commune) ou normes nuisent à leurs intérêts (entendons libre exercice du business).
  2. Le mécanisme de coopération réglementaire, baptisé «forum de coopération réglementaire» pour le CETA et «conseil de coopération réglementaire» pour le TAFTA. Ce mécanisme donne aux firmes transnationales le pouvoir d’intervenir à tout moment et à tout niveau dans l’élaboration des normes et des règlementations. Il est composé de hauts fonctionnaires, sans mandat populaire.

Dans les faits, ces deux mécanismes permettent donc de ratifier des accords de libre-échange tels que CETA ou TAFTA sur la base d’une version incomplète, donc «rassurante». Pas besoin en effet de dire qu’on autorisera l’exploitation du gaz de schiste ou la libéralisation des produits de consommation à base d’OGM, ou l’autorisation de pesticides puisque tout ceci pourra venir après. C’est, dans le jargon, ce qu’on nomme des «accords vivants» qui reposent sur un «effet cliquet» interdisant (grâce au mécanisme des tribunaux d’arbitrage) tout retour en arrière sur une réglementation adoptée par les firmes privées.

Les jérémiades et les discours «rassurants» sur l’air de «nous n’avons pas encore assez fait de pédagogie sur le sujet» ne sont que des leurres pour masquer le fait que les personnes (car il s’agit de personnes et pas d’objets immatériels) qui sont censées représenter le Peuple et les citoyens qui leur ont démocratiquement accordé leur confiance, ont délibérément choisi d’abandonner le pouvoir aux firmes transnationales. Le qualificatif transnational prend ici tout son sens. Ces firmes n’ont pas de nation de rattachement. Leur géographie se décline selon une cartographie financière de la planète dans laquelle il n’existe que des banques, des produits et des consommateurs.

Alors ne nous laissons pas abuser et ne lâchons rien !

Dans le cadre des élections présidentielles et législatives de 2017, seule la France Insoumise propose un mode de rassemblement citoyen inédit et unique dans cette campagne, permettant une élaboration collective et citoyenne du programme l’«Avenir en commun» qui sera porté par Jean-Luc Mélenchon.

Il est important de noter, à ce sujet, que la mesure programmatique qui est arrivée en tête des votes citoyens à la première convention de la France insoumise les 15 et 16 octobre dernier à Lille, s’intitule :

«Refuser les traités de libre-échange : le traité transatlantique TAFTA entre l’UE et la France, CETA avec la France et le traité TISA de libéralisation des services»

Faisons donc fi de toutes les critiques et attaques sur la personnalité de JLM. Il n’a pas renié son programme ni tourné le dos aux citoyens qui l’ont soutenu et qui ont voté pour lui en 2012. Ne nous trompons donc pas d’ennemi !

S’il demeure une lueur de confiance dans la perspective de ces échéances électorales, c’est bien là qu’elle se trouve et nulle part ailleurs !


Quelques déclarations marquantes sur la volonté de faire advenir un gouvernement mondial privé.

  • R. Reagan – 20 janvier 1981 « Le gouvernement n’est pas la solution à nos problèmes ; le gouvernement est le problème. »
  • M. Thatcher – septembre 1987 « […] qui est la société ? Cela n’existe pas ! Il n’y a que des individus, hommes et femmes, et des familles. »
  • David Rockefeller – 1er février 1999 « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire. »
  • Warren Buffett – 25 mai 2005 (CNN) « Il y a une guerre des classes, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous sommes en train de gagner. »
  • J-C Juncker – 29 janvier 2015 (le Figaro) « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens »

Quelques références

  • Raoul-Marc Jennar, «Le Grand Marché Transatlantique – La menace sur les peuples d’Europe», Ed. Cap Béar, 2014
  • Vivien Rebière, «Les territoires face au grand marché transatlantique», Ed. Bruno Leprince, 2015
  • Frédéric Viale, «Le Manifeste contre les accords transatlantiques», Ed. Erick Bonnier, 2015
  • Hors Série Le Monde Diplomatique, «Manuel d’économie critique», 2016. Chapitre VII «Mondialisation : la mise en concurrence des peuples»

Editorial : Cui cui ! Quand l’hiver approche le printemps n’est pas loin !!!

andre_s_photopgAndré Smolarz

Adhérent PG 10

Convention de la France insoumise. Lille 15-16 octobre 2016
Convention de la France insoumise. Lille 15-16 octobre 2016

Ce week-end (anglicisme heureux, synonyme de temps libre si on se projette hors lois Macron et El Khomri, mais aussi petit coucou amical à nos voisins brexitiens), ce week-end donc, a eu lieu à Lille la première convention de la France insoumise. Je n’y étais pas faute d’être ailleurs, mais d’autres y étaient et pourront nous rapporter en détails ce qui s’y est dit, ce qui en ressort…

Ce jeudi 20 octobre à 18h30
au Grand salon de Musique
rue Lamoricière à Sainte-Savine

En attendant jeudi,

il y a toujours la possibilité de visionner les vidéos et différents retours sur les éléments de programme qui ont été débattus. En effet, si on est sérieusement conscient et partisan d’une véritable alternative politique au capitalisme et à sa déclinaison post-moderne qu’on appelle le libéralisme, il vaut mieux chercher le contenu directement à la source plutôt que de se fier au traitement biaisé, réducteur et caricatural qu’en font la plupart des médias. Tous les liens utiles sont disponibles à la fin de ce billet.

Y’en a qui doutent ?

Bien sûr, il y a les dubitatifs ou les réfractaires à l’idée d’une perspective politique de sortie de crise, qui se méfient « des politiques » sur le mode du « tous les mêmes ».
Celles et ceux qui pensent que la solution se réduit à quelques bons sentiments (entendons par là aumône, charité ou compassion qui ne riment pas avec solidarité ou souci du bien commun ou de l’intérêt général) ou à quelques respectables, mais gentilles actions à l’intérieur d’une bulle (« agir localement », mais dans l’entre-soi), tels de jolis oiseaux jouant au canadair en éteignant des feux au goutte à goutte.
Sur ce sujet on pourra lire avec intérêt un très bon article du 23 septembre dernier dans lequel Emmanuel Wathelet pointe Un malentendu répété à l’envi, résumé par le film «Demain» dont le slogan promet de «parcourir le monde des solutions». Il démontre dans cet article que, non, malheureusement, il n’y a dans ces alternatives aucune «solution».

Alors, ces chers douteux, ces chers indécis (indécis, ça commence et ça finit comme insoumis, reste plus qu’à transformer l’essai), devraient prendre un peu de leur temps pour parcourir l’espace ouvert de la France insoumise et nous rejoindre pour faire leur part afin de faire gagner, en 2017, un programme qui porte un véritable projet émancipateur, écologiste, social et de restauration de la démocratie. « Les politiques » dans la France insoumise, c’est eux, c’est nous, ensemble. La photo en entête de cet article l’illustre parfaitement.

Editorial : Confusion des genres… (marche de soutien à l’usine Allia)

michel-5Michel Bach

Co-secrétaire départemental

Ce fut une manifestation difficile… au point que certains camarades ont, le coeur lourd, préféré s’abstenir, après avoir fait le déplacement…

Comment en effet soutenir la mobilisation de salariés quand la marche qu’ils organisent rassemble élus de droite… et d’extrême-droite !

On peut penser après tout que l’émotion, le souci de l’autre, la volonté du bien-être collectif (après tout les raisons d’être de l’action politique) devraient l’emporter sur les clivages partisans… Mais faut-il pour autant oublier que la situation dramatique dans laquelle se trouvent les salarié(e)s d’Allia est le résultat des politiques menées par celles et ceux qui arboraient leur bannière tricolore comme seul argument ?

Qu’avons-nous entendu en effet ?

une conseillère générale qui nous a annoncé que l’on se réunissait beaucoup : pour quoi ? quelle proposition concrète ?
un vice-président de région se gargarisant d’une région de cinq millions d’habitants, donc  avec qui le groupe Geberit allait devoir compter … Ne s’est-il pas rendu compte, ce cher monsieur, que le premier résultat évident pour cette ACAL qui le fait encore plus baron qu’hier, c’est la prédation d’Alstom au détriment d’une autre région de France ? Plus besoin de délocaliser au Portugal, en Pologne ou en Chine… Nos oligarques vont pouvoir jouer des muscles entre eux, mais c’est le peuple de France qui sera KO.
un député qui fait mine de découvrir le monde, en se demandant comment il est possible qu’on ferme une usine rentable, qui «n’est pas là pour faire un discours politique», mais qui n’hésite pas à ratisser à tout vent en mettant l’humain au centre de l’action politique, en se faisant un ennemi personnel d’un ministre (ça vous pose un homme) et enfin en enchaînant une longue tirade sur les faiblesses structurelles de l’Europe !

Cette Europe-là dont les Français n’avaient pas voulu en 2005 et que Monsieur Sarkozy a réintroduit par la petite porte avec le traité de Lisbonne… l’Europe du dumping social et de l’austérité…

Mais le mieux, c’est que ce monsieur-là, en plus d’être député, est philosophe, et en grec s’il vous plaît… Ainsi de voir dans cette situation une manifestation de ce que les anciens Grecs appelaient hubris (*)… On se serait volontiers contenté de «démesure», et on aurait surtout voulu que ce grec-là ne cache pas l’absence d’une analyse économique…

Car Allia, c’est le monde du capitalisme sans limite, celui de la loi travail qui aurait dispensé le groupe Geberit de créer les difficultés économiques de l’entreprise pour justifier son plan de licenciements…

Car Allia, c’est le monde du capitalisme mondialisé, qui transporte à tout va au détriment de la planète, au mépris de l’intérêt bien compris de l’humanité…

A cette frénésie, nous voulons, avec Jean-Luc Mélenchon, imposer le temps long de l’humanité, et arrêter la course à la spéculation : c’est pourquoi nous voulons «diminuer, à l’intérieur de l’entreprise (…) les droits et les pouvoirs de vote [des actionnaires] qui ne prennent pas d’engagements sur la durée de leur placement.» (Des paroles et des actes, 25 avril 2016)  et empêcher les licenciements illégaux par un droit de veto suspensif des comités d’entreprises.

A ce grec poussiéreux, langue morte de cuistre en goguette, on préférera la réponse de nos amis Grecs d’aujourd’hui : solidarité (*) dans la crise qui les submerge et dont sont responsables les Monsieur Dhuicq et consorts, même avec celles et ceux qu’une Europe riche se refuse d’accueillir…
C’est de cette solidarité là, celle du peuple en lutte, dont les salariés d’Allia ont besoin.

(*) ϋϐρις, αλληλεγγύη