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Deuxième tour : résolution nationale du Parti de Gauche

Déclaration du CN du Parti de Gauche Le 1er tour de l’élection présidentielle du 23 avril constitue à la fois un regret et un formidable espoir.
C’est un regret pour le pays car Jean-Luc Mélenchon échoue d’un rien à se qualifier pour remporter l’élection. C’était une chance pour la France et un espoir attendu par beaucoup en Europe et dans le monde.
C’est un formidable espoir car plus rien ne sera comme avant. Seul le mode de scrutin de la 5ème République peut donner l’illusion d’une France coupée entre le candidat de l’extrême-marché et celle de l’extrême- droite. Sur fond de décomposition des Républicains et surtout du PS, la réalité est tout autre. La belle campagne de la France Insoumise avec Jean-Luc Mélenchon et a atteint ses objectifs. Nous avons remobilisé une partie importante du peuple qui a ainsi repris confiance en ses capacités collectives à agir et réfléchir. La reconquête culturelle est engagée à un niveau que nous n’avions plus atteint depuis des décennies. Avec la force que nous donnent les plus de 7 millions de suffrages qui se sont portés sur Jean-Luc Mélenchon et le programme l’Avenir en commun, le poids dans la jeunesse, l’impact gagné dans les quartiers populaires, la France Insoumise a accompli un pas décisif vers la révolution citoyenne. En France comme dans plusieurs pays européens, le Parti socialiste n’est plus hégémonique dans le camp progressiste.
C’est le succès de notre stratégie, celle de la révolution citoyenne visant à fédérer le peuple en assumant un programme de rupture radicale avec les logiques du système oligarchique et de son productivisme. C’est le succès d’une méthode de campagne citoyenne au service de l’action par l’implication du plus grand nombre. C’est le succès d’un programme visant à répondre à l’urgence sociale, écologique, et démocratique et à œuvrer pour la paix.
Pour poursuivre la dynamique révolution citoyenne, le Parti de Gauche souhaite que la France Insoumise se développe comme le cadre de la recomposition de notre espace politique sans préjuger de ses formes d’organisation à venir. A la sortie de cette campagne présidentielle nous possédons le programme, la stratégie et la force pour atteindre nos objectifs dans un proche avenir : c’est un pas en avant décisif.
Le PG se prononce pour que ce cadre de recomposition reste grand ouvert à toutes les forces émancipatrices qui jusqu’à maintenant n’ont pas souhaité en faire partie pendant la campagne, mais à condition évidemment d’en respecter les formes et méthodes. C’est ce que nous disons notamment aux partis, courants, militants qui ont soutenu Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne sans souhaiter participer à la France Insoumise. L’heure n’est plus de revenir en arrière vers un cartel de partis mais au contraire de mobiliser toutes nos énergies dans la réussite de ce mouvement citoyen. C’est ce à quoi travaillera le Parti de Gauche dans les mois à venir.
Ce chemin commence par les élections législatives. La confiscation du 2ème tour de la présidentielle fera de ces législatives un 3ème tour. Le résultat de la présidentielle autorise beaucoup d’espoir pour les candidat-e- s de la France Insoumise dans toute la métropole et les Outremers. En poursuivant la mobilisation de notre électorat de la présidentielle, nous pouvons empêcher celui ou celle qui l’aura emporté d’obtenir une majorité et ainsi bloquer ses funestes projets pour le pays. Nous pouvons faire la démonstration par l’exemple de la force du peuple par la poursuite des ateliers législatifs déclinant concrètement notre programme l’Avenir en commun au service de l’avènement des jours heureux.
Mais auparavant il faut achever le cycle de la présidentielle. La progression de Jean-Luc Mélenchon a permis de limiter le résultat de Marine Le Pen sans malheureusement pouvoir l’empêcher d’accéder au 2ème tour. Ceux qui, de François Hollande au PS, ont ciblé, dans les derniers jours de campagne, Jean-Luc Mélenchon comme l’homme à abattre au lieu de concentrer leurs attaques sur le FN en portent une lourde responsabilité. Sans doute préféraient-ils voir leur champion officieux, Emmanuel Macron, face au FN plutôt que de devoir affronter Jean-Luc Mélenchon. Il est vrai que la partie eut été autrement plus dure pour lui. Ceux qui ont ainsi travaillé objectivement à l’accession de Marine Le Pen au 2ème tour, sont discrédités dans leur prétention aujourd’hui à nous faire des leçons d’antifascisme. Ce deuxième tour oppose donc deux maux pour le pays. Toutefois nous avons toujours su hiérarchiser les dangers. La campagne honteusement racoleuse de Marine Le Pen entre les deux tours où elle n’hésite pas une fois encore à emprunter notre vocabulaire et même nos thèmes, ne fera pas oublier que depuis des mois elle a été la candidate de la haine, de la division et d’un véritable apartheid social et « racial » sans remettre le moins du monde le système en question.
Nous combattons Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Nous sommes irréductiblement opposés aux politiques d’Emmanuel Macron du tout marché et du libre-échange mis au service du capitalisme financiarisé. Mais les particularités du FN et du courant historique dans lequel il s’inscrit en font un danger spécifique et immédiat pour les libertés et la démocratie. Avec Marine Le Pen élue dans le cadre des pouvoirs exorbitants donnés au Président par la 5ème République, nul n’est certain de pouvoir compter à l’avenir sur le suffrage universel pour la battre. Sa vision raciste de l’organisation de la société est aussi un poison mortel, à commencer pour les plus discriminés et les plus fragiles de nos concitoyen-ne-s. Enfin il suffit de lire le programme du FN pour savoir que ce parti, une fois arrivé au pouvoir, serait l’adversaire résolu des organisations syndicales et plus largement des mouvements de revendication des salariés. C’est pourquoi nous serons toujours, nous, les adversaires les plus résolus du FN et sur sa route pour les empêcher de prendre le pouvoir. Marine Le Pen ne doit pas l’emporter. Nous combattons et combattrons Emmanuel Macron avant comme après cette élection.
Le Parti de Gauche appelle à voter au 2ème tour et à ne pas donner une seule voix au FN mais il dénonce les leçons morales hypocrites des pompiers pyromanes. En tant qu’Insoumis-e-s, ses militant-e-s participeront à la consultation ouverte par la France Insoumise jusqu’au 2 mai. Il appartiendra ensuite à chaque responsable et militant-e du PG de décider en toute conscience de son vote. Les un-e-s, jugeant que leur voix n’est pas nécessaire à la défaite de Marine Le Pen, voudront éviter toute récupération à travers un vote blanc ou nul ; les autres, analysant la campagne cynique et arrogante d’Emmanuel Macron comme un risque de laisser accéder Marine Le Pen au pouvoir, mettront le seul bulletin à leur disposition dans cette élection piège pour la battre. Quoi qu’il en soit Emmanuel Macron ne saurait se prévaloir d’un score élevé lié au rejet du Front National pour mener sa politique libérale. Le scrutin du 7 mai ne saurait être un plébiscite.
Au deuxième tour de la présidentielle Marine Le Pen doit être dégagée, aux élections législatives dégageons le projet d’Emmanuel Macron !
Le Conseil national du Parti de Gauche appelle dans l’immédiat à participer en masse aux manifestations syndicales et citoyennes du 1er mai et en faire une journée de mobilisation contre l’austérité, les politiques antisociales et tout danger xénophobe et liberticide.
Le Parti de Gauche 20-22 rue Doudeauville 75018 PARIS www.lepartidegauche.fr

Un moment crucial !

Voilà des mois que les médias occultent la France Insoumise (FI), trop attirées par l’exercice facile du buzz autour des primaires. On peut dire que LR et PS ont parfaitement accordé leurs calendriers pour leur faciliter la tâche et occuper l’espace médiatique.
Pendant ce temps, que faisions-nous à la France Insoumise ?
Rien moins qu’un lancement de rassemblement, dès le mois de février 2016, après que Jean-Luc Mélenchon ait proposé sa candidature à la candidature de la Présidentielle 2017.
Aucun autre candidat ne s’est alors manifesté et c’est donc fort de plus de 100 000 soutiens et devant plus de 10 000 insoumis qu’il a annoncé, le 5 juin 2016, sa candidature pour la France insoumise.
Ensuite ce fut la convention de la FI à Lille en octobre 2016 dont le succès et la qualité des débats ont été (une fois n’est pas coutume) salués par quelques médias. De cette convention est sorti le programme qui avait été élaboré collectivement et enrichi par des milliers de contributions. Ce programme est en vente en librairie depuis le 1er décembre.

Maintenant que l’épisode calamiteux des primaires est achevé, on pourrait penser qu’il va être question de politique et qu’enfin, nous allons être interrogés sur notre programme.

Eh bien non ! Les médias nous parlent maintenant d’alliances, de rapprochements, de stratégies. Il semble qu’ils n’aient pas tout à fait tort puisque les principaux concernés, qui ont parfaitement ignoré la FI jusqu’à présent se sentent pousser des ailes après ce qu’ils nomment entre eux « une victoire de la gauche » à la primaire du PS. C’est ainsi qu’on entend dire ici et là que le PCF pourrait se rapprocher de B. Hamon, de même que Y. Jadot.
Que penser de tout ça ?
Que penser du PCF dont les militants décident de soutenir Jean-Luc Mélenchon, mais pas son programme ?
Que penser d’un tel soutien lorsqu’on est obligé d’expliquer aux personnes dont nous allons à la rencontre sur les marchés, que le tract signé « Front de gauche – PCF » n’est pas le même que celui que nous leur tendons au nom de la FI ?
Que penser de EELV qui décide de faire sa primaire (fort réussie sur le plan calamiteux) pour avoir SON candidat en sachant parfaitement qu’il n’a aucune chance de dépasser les 1% ?
Que penser du « frondeur » B. Hamon qui, n’étant pas un perdreau de l’année en politique, sait parfaitement que le PS, qu’il n’a toujours pas quitté, a tourné le dos à la classe ouvrière depuis plus de 30 ans ?

Je ne sais pas vous, mais moi personnellement, j’ai le sentiment depuis déjà quelques temps que ces acteurs politiques n’ont pas conscience du moment qui se joue. Plus encore, j’ai des doutes très sérieux sur leur sens de l’intérêt général et du bien commun. Je ne vois derrière leurs postures qu’une espèce de « sauve qui peut » à base de calculs tactiques irresponsables, comme un ultime baroud de déshonneur.

Pendant ce temps, la France insoumise est dans l’action et dans la dynamique de rassemblement.

Chers camarades qui faites appel au rassemblement des gauches, les portes de la FI sont grandes ouvertes et les mains tendues, mais comprenez une chose essentielle pour ce qui nous concerne :
A la France insoumise, nous n’exigeons pas d’avoir la carte du PC pour être communiste, nous n’exigeons pas la carte d’EELV pour être écologiste, nous n’exigeons pas d’avoir la carte du PS pour être socialiste, nous n’exigeons pas d’avoir la carte du Parti de Gauche pour être de gauche. Nous sommes déjà le rassemblement de toutes ces idées, animés par le seul souci de l’action collective pour mettre un coup d’arrêt aux politiques infernales qui nous sont imposées depuis des décennies par la droite et le PS.

Vous avez le choix, chers camarades, entre vous accrocher désespérément à votre appareil et le mener à sa perte ou bien prendre conscience du moment crucial qui se joue et nous rejoindre. Dans ce dernier cas, la victoire n’est plus un rêve et vos appareils n’en sortiront que ragaillardis. A bons entendeurs…

PCF mode d’emploi

Conférence de presse du PCF, analysée par François Coq… tribune que l’on peut aussi lire sur son blog.

De quoi se poser bien des questions, et relever l’impérative nécessité de construire un rassemblement qui se soucie des gens et non des écuries électorales.

Laurent DartigollesLe secrétaire national du parti communiste français Pierre Laurent et son porte-parole Olivier Dartigolles avaient appelé ce lundi 16 janvier une conférence de presse dans les sous-sols de la place du Colonel Fabien pour parler des législatives. Plus que la mise en scène publique de désaccords qui nuisent à la dynamique de campagne, les observateurs attentifs attendaient des
éléments nouveaux de discussion sur le sujet. Au temps pour eux. L’absence d’avancées et de prise en compte de l’existant les laisse dans la perplexité.Force est tout d’abord de constater que des appréciations différentes subsistent sur l’analyse de la situation et la capacité à y faire face. Ainsi quand Pierre Laurent affirme : « Nous croyons aux coalitions qui nous rendent plus fort », il y a là manifestement une analyse différente sur les méthodes pour mettre en mouvement le peuple dans la période, la juxtaposition des sigles n’apparaissant pas du côté de la France Insoumise comme le préalable nécessaire à la construction de majorités sociales et politiques.
Il y a de la même manière une appréciation très différente de la jonction entre l’élection présidentielle et l’élection législative. Pour la France Insoumise, ces deux élections relèvent d’une même démarche et d’une même cohérence quand Pierre Laurent est au contraire venu présenter le « programme de gouvernement et de mandature du Parti Communiste Français » intitulé « La France en commun ». Ce programme, qui vaut engagement pour les candidat-e-s estampillés PCF lors des législatives, est une surprise pour la France Insoumise. Celle-ci n’a en effet eu de cesse de proposer jusqu’au mois d’octobre au PCF de participer à l’écriture collaborative du programme L’avenir en commun. Ce programme est, depuis la convention de Lille au cours de laquelle il fut adopté, celui de la France Insoumise, de ses candidat-e-s aux législatives et de son candidat à l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon. Quelle surprise donc de voir fleurir en ce début d’année un opuscule différent, tiré si l’on a bien compris des questionnaires que le PCF a fait circuler.
Or ce n’est pas tant l’objet que la nature de ce document qui pose un problème politique : les candidats du PCF sont en effet appelés à se revendiquer pour leur action future de La France en commun et c’est tout à leur honneur que de s’engager sur des éléments concrets et factuels. Mais il est tout aussi évident que ce programme diffère de L’avenir en commun qui lui engage la France Insoumise, ses candidat-e-s aux législatives et son candidat à l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon. Là où les candidat-e-s de la France Insoumise auront pour eux la cohérence de la démarche entre l’élection présidentielle et l’élection législative, articulées autour d’un même programme, les candidats communistes, comptables eux-aussi devant les électrices et les électeurs, porteront un engagement différent de celui qui aura suscité une dynamique populaire lors de l’élection présidentielle dans laquelle ils prétendent pourtant s’inscrire en soutenant la candidature de Jean-Luc Mélenchon.
Dès lors, Pierre Laurent se trompe lorsqu’il déclare que « les candidatures peuvent être soutenues, par le PCF, par FI et par d’autres…Pourquoi faire de la signature de la charte un préalable ? ». Et bien justement parce que c’est cette charte (http://www.jlm2017.fr/charte_legislatives) qui est le garant de cette cohérence politique, c’est elle qui engage celles et ceux qui la signent à « faire campagne sur le même programme national : « L’avenir en commun » ». C’est la signature de cette charte qui garantit pareillement le lien entre le dialogue populaire de la campagne et les actions à engager après l’élection. Refuser le principe de la charte, c’est nier la démarche de la France Insoumise et lui refuser le droit de porter une construction démocratique originale qui cherche à résoudre ce hiatus entre le rejet de la politique et la nécessité de réhabiliter la souveraineté populaire.
Le refus de principe de la charte ne tient donc pas face aux arguments politiques. C’est donc qu’autre chose bloque sur la charte elle-même pour la direction communiste. Mais quoi ? Si l’on peut regretter que le PCF n’ait pas souhaité s’inscrire dans le cadre de l’espace politique de la France politique où s’est notamment discutée cette charte il y a trois mois, il faut également convenir que la conférence de presse de ce lundi n’a pas fourni plus d’explications ce qui ne facilite pas la discussion. Le problème est-il financier ? La charte a pourtant était construite de manière à ce que cette question ne puisse gêner personne. Elle demande en effet de « se rattacher à l’association de financement « La France insoumise » lors du dépôt de candidature, ce qui inclut la possibilité d’accords de reversement entre cette association de financement et les candidats ou le groupement politique particulier qu’ils désigneront pour la première comme pour la seconde fraction du financement public ». Autrement dit chaque candidat-e sera libre de désigner à qui il souhaite reverser l’ensemble du financement public qui sera lié à son élection. Pas un centime ne manquera à l’appel. Cet argument tient d’autant moins que le système a été éprouvé : c’est en effet ce qui a été mis en place en 2012 entre diverses organisations du Front de Gauche sans bien évidemment qu’il y ait le moindre problème. De la même manière, est-ce la discipline de groupe ponctuelle qui est demandée aux futurs parlementaires qui pose problème ? La formule de la charte qui demande à « respecter la discipline de vote du groupe lorsqu’une décision collective a été prise conformément au programme l’Avenir en commun » semble bien le moins qui puisse être fait. Chacun sait que la loi protège les parlementaires et nul ne peut leur imposer des choix contraints. Il leur est demandé ici de s’engager devant les électeurs à porter et défendre les éléments programmatiques structurants de L’Avenir en commun. Mais bien sûr de fait si les élu-e-s se référent à un autre programme…
Ce contre quoi la charte lutte par contre, c’est l’invisibilisation du mouvement populaire qui se construit autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. En 2012, les candidats PCF représentaient 80% des candidats du Front de Gauche aux législatives qui ont suivi la présidentielle. La valse des étiquettes a fait que ceux-ci prenaient alors l’étiquette PCF, tandis que le reste du Front de Gauche prenait des étiquettes différentes. Au final, tout le monde était perdant. Le Front de gauche qui ne pouvait pas comptabiliser l’ensemble des siens et apparaître comme un acteur de la séquence électorale qui s’ouvrait ; les membres du Front de gauche non-issus du PCF qui voyaient le total de leurs voix (acquises donc sur 20 % des circonscriptions) être ramené à l’ensemble du corps électoral national et donc réduites à la portion congrue ; et même le PCF qui souffrait dans une moindre mesure (du fait des 80% des candidat-e-s qu’il avait imposés alors) de ce biais dans le calcul. La charte anticipe cet écueil dont joue le système d’élection en élection pour effacer ce que nous sommes du paysage politique en demandant de « se rattacher à l’étiquette politique « La France insoumise » lors du dépôt de candidature afin de participer à la totalisation des voix au niveau national ». Rien de plus simple.
La charte est un marqueur politique qui a déjà été largement accepté. Non seulement les candidat-e-s investis pour l’heure par la France Insoumise dans les quelques 300 circonscriptions l’ont signée. Mais toutes celles et ceux qui les ont désignés se sont aussi liés à eux par cet engagement en paraphant le document lors des plus de 700 réunions qui ont eu lieu le 10 décembre et le 10 janvier. Ceux-là, pas plus que les candidat-e-s communistes investis par la France Insoumise en ayant signé la charte, ne peuvent se voir demander de modifier les règles qui fondent le projet de révolution citoyenne qui est à l’oeuvre.
Après avoir initié son processus d’investitures dès la rentrée de septembre, le conseil national du week-end dernier du PCF a donc désigné 253 candidat-e-s sur des bases différentes. La France Insoumise avait bien dû prendre acte dès la rentrée de septembre du lancement de ce processus au sein du PCF. Et à moins de changer la nature du projet qui la fonde, FI avait donc initié elle-même à partir du mois de novembre ses propres investitures. Celles-ci, issues des remontées et propositions des assemblées de circonscription et soumises au travail d’un comité national législatif qui veille à assurer la parité et une cohérence et une diversité des candidatures, sont ouvertes à toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans la charte et qui l’approuvent. La convergence, on l’a vu, ne peut être le fruit d’un échange d’étiquettes car celles-ci recouvrent des spectres politiques non superposables. Pas plus qu’elle ne peut s’effectuer sur la base d’héritages politiques considérés comme un privilège léonin. Le PCF est soucieux des circonscriptions où il a des sortants ? Cela s’entend. Mais les situations ne peuvent se résoudre par la mise au pied du mur et le fait du prince déconnecté de toute considération politique. Encore moins par la menace comme lorsqu’André Chassaigne avait lancé en fin de semaine dernière : « Tout cela crée un trouble terrible. Ça pourrait avoir énormément de retombées pour la campagne de Mélenchon, dont les conséquences sont, selon moi, sous-estimées par son équipe ».
L’objet de la discussion est du début à la fin politique. Il est dommage qu’il demeure évanescent et soit travesti derrière des attaques ad hominem comme ce lundi où Pierre Laurent et Olivier Dartigolles ont préféré charger Jean-Luc Mélenchon pour mieux essayer d’agréger autour d’eux et face à lui leurs militants : « Nous ne croyons plus à la centralité politique », « nous voulons une campagne de propositions et non hyper-présidentialisée », « la politique ce n’est pas une affaire de supporters, c’est une affaire de citoyens » ou même un mesquin «Avec quelle majorité le Président Jean-Luc Mélenchon pourrait-il gouverner ? ». Pour le plaisir d’une bonne phrase, ces méthodes affaiblissent le projet que nous portons. Sans compter les atermoiements d’un Olivier Dartigolles venu une fois encore affirmer aux côtés de Pierre Laurent que le PCF « serait très attentif au résultat de la primaire ». Le même de venir ensuite comme toujours faire le service après-vente du PS et nous expliquer qu’il s’agit d’un évènement politique dont il faut tenir compte et auquel il faut même apparemment rendre une centralité … alors même que l’inutilité de cette primaire et d’une candidature issue du PS est en train d’infuser dans l’opinion. Merci pour le coup de main. Sauf à ce qu’Olivier Dartigolles entretienne volontairement le doute pour préparer une échappatoire socialiste pour le PCF ? C’est naturellement ce que les journalistes en ont déduit puisque c’était fait pour, comme Sophie Delpont de France Culture qui a bien compris le message et qui s’est empressée de twitter : « Potentiel ralliement ? Abandon de JLM ? ». La volonté d’affaiblir la candidature de Jean-Luc Mélenchon n’a décidément d’égal chez Olivier Dartigolles que son aspiration profonde à être la bouée de sauvetage du PS…
Sur le fond, il n’y avait donc rien qui n’ait été dit au préalable dans cette conférence de presse. Le PCF annonce qu’il refuse la charte ? Les choses avaient été déjà été dites dans les médias. Sans doute la France Insoumise serait-elle instruite de savoir pourquoi si les choses lui étaient dites de vive voix mais au moins avait-elle déjà dû en prendre acte. Le PCF annonce 253 investitures aux législatives et souhaite présenter des candidatures issues du PCF dans toutes les circonscriptions ? Effectivement, Pierre Laurent s’en est ouvert toute la semaine passée. Le PCF a son programme pour les législatives ? Oui, c’était l’objet des vœux de son secrétaire général lundi dernier. Pierre Laurent confirme ce lundi que « les candidatures ne passent pas par des accords mais par un travail de terrain fait par les femmes et les hommes de gauche » ? Il répète depuis octobre son refus d’un accord national…. Aucun élément nouveau de discussion qui puisse permettre d’avancer n’a été mis sur la table lors de cette conférence de presse. Voilà qui à défaut de mode d’emploi plonge pour le moins dans la perplexité.

A court d’arguments, Valls calomnie les représentants de la gauche

vallsCe jeudi 15 décembre sur l’antenne de France Inter, Manuel Valls s’en est à nouveau pris à Clémentine Autain. En mai dernier déjà, il avait dénoncé la prétendue proximité de Clémentine Autain avec «l’islamo-gauchisme», l’accusant de discuter avec Tariq Ramadan.

Après avoir déballé tout un tas de lieux communs sur l’air de « le monde a changé » au micro d’un Patrick Cohen sans aucune répartie, affirmant par exemple que la seule gauche qu’il reconnaisse est celle qui a gouverné, il s’est livré à quelques acrobaties improbables du genre «Moi Président, je supprimerai le 49.3».

Il s’est ensuite laissé aller à ce qu’il maîtrise mieux en matière de programme politique : la calomnie et une haine fielleuse à l’égard de ses adversaires politiques. C’est ainsi qu’il a déclaré «Parfois il y a des gauches irréconciliables, quand notamment Jean-Luc Mélenchon dit que Hollande c’est pire que Sarkozy […]. Ou quand Clémentine Autain s’affiche et passe des accords avec Tariq Ramadan et les Frères musulmans».

autain_6Une double accusation que Clémentine Autain, conseillère régionale d’Ile-de-France de Ensemble ! et co-directrice de la revue Regards, a commentée dans une longue publication sur sa page Facebook.

Elle déclare notamment «Rien que ça ! Les journalistes sur le plateau de France Inter ce matin n’ont pas réagi à ce propos faux et diffamant. J’ai pourtant publié plusieurs tribunes et donné différentes interviews suite aux mensonges que répètent depuis des mois Manuel Valls et ses amis. Ils le savent : je n’ai jamais rencontré Tariq Ramadan, ni organisé de meetings avec lui, ni partagé de tribunes avec lui ou qui que ce soit des Frères musulmans.».

Dénonçant un vocabulaire «digne des fascistes des années 1930», Clémentine Autain a en outre fait savoir qu’elle allait saisir son avocat afin de réfléchir à la suite judiciaire qu’elle pourrait donner à cette affaire.

Le comité départemental du PG 10 apporte tout son soutien à cette camarade scandaleusement calomniée par un triste représentant d’une politique au service de l’ordre et des puissants!

N’hésitez pas à manifester votre soutien à Clémentine Autain en commentant cet article.

Un pour tous ?

Au chapitre des mauvaises nouvelles qui nous viennent d’Outre-Atlantique, il y a pire que celle de l’éléphant qui trompe énormément. L’Equateur a signé ce 11 novembre un traité de libre-échange avec l’Union européenne, sur la base de ce qui avait été négocié avec le Pérou et la Colombie, dont les gouvernements font montre depuis toujours d’un remarquable zèle néo-libéral.

rechazo-tlc-union-europea-720x477Comment cette signature d’un gouvernement issu il y a une dizaine d’années de la contestation de la Zone de Libre-Echange des Amériques a-t-elle été possible ? La société civile ne s’y trompe pas, qui dénonce encore une fois le triomphe des « corporations », en particulier le secteur agro-exportateur équatorien.

Plus d’informations sur cet accord sur la page suivante du Centre National de coopération au développement de Belgique. Comme le dit l’article, malgré ses dénégations, Rafaël Correa a-t-il mangé sa parole ? Faut-il être aussi sévère que Acción Ecologica quand elle écrit : « La différence (avec d’autres pays NDLR) est que l’Equateur a été mis sur ces rails par un gouvernement qui se proclame de gauche et qui a pour président quelqu’un qui a écrit plusieurs livres qui décrivent les arguments fallacieux du libre-échange. Trahison ? non, seulement une capacité quasi infinie à tromper ! (La diferencia está en que el Ecuador ha sido lanzado a este destino por un gobierno que se autodefine de izquierda y que tiene como presidente a quien fuera autor de varios libros que describen las falacias del libre comercio. ¿Traición? no, sólo una capacidad casi infinita de engañar.)« 

Quelle que soit la réponse que l’on y apporte, après Tsipras et Syriza, après Iglesias et Podemos, encore une fois s’impose au mouvement d’émancipation le fait que celle-ci n’est jamais l’oeuvre d’un homme, quelles que soient ses qualités,  mais celle du peuple se battant pour son avenir…

C’est le sens que nous donnerons tout au long de la campagne à la construction de la France insoumise !

A propos de la charte des insoumis…

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle a fait couler beaucoup d’encre… enfin à notre époque qu’elle a enflammé les commentaires sur Facebook…

Mais de quoi parle-t-on ? des propos mal intentionés du Figaro, ou du document original, en ligne sur le site de la France insoumise avant la convention nationale du PCF, pour que toutes et tous puissent affronter leurs échéances en pleine connaissance de cause ?

Alors, pour que chacun puisse avoir les éléments du débat, deux liens :

Débat mérite raison

Dans la tourmente des rumeurs et des petites phrases, nous préférons vous proposer ci-dessous une analyse du vote de la convention PCF par François Coq… tribune que l’on peut aussi lire sur son blog.

urrneLa conférence nationale du PCF a voté ce samedi 5 novembre. Elle a privilégié pour la présidentielle le choix d’une candidature communiste au rassemblement avec Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise. Tout en votant à côté de cela une résolution faisant du « rassemblement » son « fil conducteur », selon les termes de son secrétaire national Pierre Laurent. Dont acte donc. Il est pour autant permis de s’interroger sur le sens et donc le genre de décision dont il s’agit là.

Je me le permets car celles et ceux qui sont engagés dans la France Insoumise sont intéressés au résultat, quel qu’il soit. De longue date en campagne et sur le terrain pour se confronter à la droite et à l’extrême-droite, ils doivent en effet gérer au mieux les atermoiements, les croche-pieds et les rebuffades de la direction du PCF et les dépasser pour continuer à amplifier la dynamique autour de la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Les décisions adoptées ce week-end par le PCF méritent donc de leur part quelque attention et un examen factuel de manière à pouvoir continuer à accomplir au mieux leur tâche.

N’en déplaise à Pierre Laurent, le fil conducteur de la résolution du PCF n’est pas le rassemblement mais la centralité accordée à la primaire du Parti Socialiste. En effet, quel que soit l’option retenue dans la résolution qui a été adoptée, celle-ci est renvoyée au résultat de la dite primaire. L’option 1 (candidature Mélenchon) est placée sous la tutelle d’un « tout en poursuivant leurs efforts pour une candidature commune ». Pierre Laurent était plus précis encore le jour même du vote sur les antennes de RTL : « [La victoire de Montebourg à la primaire du PS] serait un évènement tout à fait nouveau. Jean-Luc Mélenchon et Arnaud Montebourg devraient alors discuter ensemble ». Autrement dit l’élément qui déclencherait le rassemblement suggéré serait la primaire du PS. C’est donc elle qui dicterait le calendrier. Mais en se plaçant dans une telle configuration où l’attente d’une victoire Montebourg n’est pas un élément supplémentaire de discussion mais un point de départ, qui ne voit pas que ce qui est dessiné en creux est le fait de mettre au pas la candidature Mélenchon, et donc dans ce cas celle ces communistes avec, et de la placer sous la bannière de l’ancien ministre de Manuel Valls et François Hollande ?

Il n’en est pas autrement si c’est l’option 2 (candidature PCF) qui l’emporte : « cette candidature pourrait, si la situation l’exige, sur la base d’un accord politique et après consultation des adhérent-e-s, se retirer au profit d’une candidature commune d’alternative à l’austérité telle que nous le proposons ». Pourquoi le Parti communiste s’auto-limite-t-il de la sorte en rendant chacune de ses décisions dépendante du PS ? Quand cessera donc ce syndrome de Stockholm qui le paralyse ? Car assujettir aujourd’hui encore sa décision au calendrier de la primaire socialiste, c’est entériner l’idée que le PCF restera dans le giron du PS.

Logiquement, le calendrier en découle. Si la résolution fait ainsi état de « s’engager sans attendre autour d’une candidature », c’est pour mieux préciser « Cet engagement n’est pas le terme de nos efforts de rassemblement ». Et le texte de ne fixer désormais aucune limite, pour « continuer d’agir jusqu’au bout pour parvenir à une telle candidature commune,[tendre] la main et [poursuivre] le dialogue avec toutes ces forces jusqu’au dépôt des candidatures à l’élection présidentielle, pendant et au-delà des échéances de 2017.» Vous avez bien lu : le calendrier ne court plus « seulement » jusqu’à la primaire du PS du 29 janvier mais désormais jusqu’à la mi-mars. Voilà donc un texte qui proclame d’un côté entrer en campagne, mais qui de l’autre empêche d’exister la candidature qu’elle est censée promouvoir ! Notez d’ailleurs que cette immobilisation atteindrait aussi bien une candidature Mélenchon qu’une candidature communiste, en la suspendant jusqu’au bout à un éventuel désistement. Allez donc faire campagne avec une telle perspective et un tel boulet accroché aux pieds ! Et comme le ridicule ne tue pas, notons que, alors même que la phrase traite de la désignation du candidat, il est question du « pendant et au-delà des échéances de 2017 ». Tout cela n’est donc pas sérieux.

Les bases programmatiques ont-elles alors été débattues avec plus de rationalité ? Ce travail comparatif minutieux a-t-il été effectué pour jauger de L’avenir en commun, le programme de La France Insoumise qui, issu de l’Humain d’abord, reprend 80% des conclusions de la consultation Que demande le peuple lancée cet été par le PCF ? Ou alors les perspectives d’un travail commun avec Arnaud Montebourg, puisqu’il s’agit bien de lui sur lequel lorgne la direction du PCF, ont-elles été mises en regard ? Si oui sur quelles bases ? Celles d’un programme commun comme en 81 ? Où est-il ? Celles de simples accords programmatiques ? Et si oui lesquels ? Ceux issus des propositions exprimées par Arnaud Montebourg dans le JDD le dimanche qui a précédé la conférence, quand le candidat PS refusait toute augmentation du smic et des salaires sauf à les lier à un impossible accord européen, ou lorsqu’il proposait un code du travail spécifique pour les PME négocié branche par branche ? Ou est-ce la privatisation qu’il souhaite engager du parc HLM qui attire à ce point les communistes ? Car qu’une candidature issue du parti communiste soit considérée plus pure au regard de la doxa du parti que la candidature Mélenchon, cela peut s’entendre. Mais enfin si cette candidature a vocation à s’effacer derrière une candidature issue de la primaire du PS, le fond mérite sans doute d’être examiné avec un tant soit peu de précision non ?

La charte proposée par la France Insoumise a également suscité nombre de réactions de rejets. Pour autant, beaucoup de ce qui a été entendu relevait de la propagande malveillante appuyée sur des medias qui ont tout au long des dernières heures ont cherché à envenimer les débats en colportant de fausses informations. Ainsi, l’article du Figaro faisant état que « les aspirants députés devront affirmer, par la ratification de ce texte, leur soutien sans appel au candidat de la présidentielle, une adhésion à son programme l’Avenir en commun, le versement d’une cotisation à l’association de financement de la France insoumise et l’engagement de reconnaître les assemblées citoyennes locales » a été largement relayé et commenté lors de la conférence. Mais chacun jugera qu’une telle description n’a rien à voir avec le document mis en ligne en amont de la conférence par la France Insoumise. La discussion mérite mieux que des caricatures.

Il y a eu beaucoup de passionnel ce week-end. En amont de la votation, mais aussi après quand les dirigeants ont cherché à masquer la crise suscitée par ce vote en se servant de Jean-Luc Mélenchon comme d’un défouloir et en espérant que la cristallisation fasse oublier le reste. Ce n’est pas raisonnable. Ce n’est pas raisonnable, à moins de craindre le changement et la transformation radicale de la société, de chercher à affaiblir notre camp, celui de la Raison avec un grand R, au moment même où cette perspective est enfin à portée de main et où nous sommes en passe de le positionner aux avant-postes pour devenir le vote utile pour battre la droite et l’extrême-droite. Certains en ont déjà tiré les conséquences, au nom de cette même raison. Ainsi, ce lundi dans Le Parisien Christian Favier, président PCF du conseil départemental du Val-de-Marne et sénateur lâchait : « A l’évidence, Jean-Luc Mélenchon est un candidat bien inscrit dans le paysage. La position de raison, c’est de lui apporter un soutien tout en apportant dans la campagne nos propres propositions. ». La raison est nécessaire pour que le résultat du vote des 24, 25 et 26 novembre, quel qu’il soit, puisse être entendu et compris de tous au-delà des seuls adhérents du PCF.