Archives de catégorie : Election présidentielle

Les dix premières mesures de JLM à l’Elysée

Invité d’On n’est pas couché, Jean-Luc Mélenchon a donné les 10 premières mesures qu’il mettrait en place s’il arrivait à l’Éysée. À écouter et à partager !

Jean-Luc Mélenchon et les communistes

logo-patriote
Clic pour lire sur le site original

Ci-dessous un entretien réalisé à la Fête de l’Huma, et paru dans le journal du PCF de l’Ariège…

Jean-luc Mélenchon

La Fête de l’Humanité nous a donné l’occasion de mener à bien un projet que nous portions depuis plusieurs mois : donner la parole à Jean-Luc Mélenchon dans un organe de presse communiste. Le but affiché était qu’il puisse s’adresser aux électeurs communistes et du Front de gauche qui, en grand nombre, ont été froissés par la méthode choisie pour démarrer sa campagne. L’attente était grande. Cet entretien, réalisé conjointement avec l’Echo du centre, quotidien communiste du Limousin, s’est déroulé dans un espace à part de la Fête, le samedi à midi. Il a d’ores et déjà eu des répercussions bien au-delà de nos frontières politiques et départementales. (La rédaction)

Le Patriote : La manière dont tu as démarré la campagne a heurté un certain nombre de communistes, car ce n’est pas dans notre culture de nous y prendre de cette manière-là. Est-ce que tu peux revenir sur cette première période ?

Jean-Luc Mélenchon : Oui, volontiers. D’abord je souhaiterais que l’on dépersonnalise la discussion. Parce que je trouve que depuis sept mois, on a excessivement personnalisé la critique de ma campagne, en la concentrant sur moi comme individu. C’est très mauvais, ça crée une ambiance trop tendue et au fond qui n’a pas de solution, car comme individu je ne changerai pas.

melenchon-couleurs-300x300
Jean-luc Mélenchon interviewé
par l’équipe du Patriote et de l’Echo du centre.

Le fond de l’affaire est politique depuis le début : Nous avons eu un entretien, Pierre Laurent et moi, au mois de décembre de l’année 2015, et je lui ai dit : « Pierre, je pense que nous avons le besoin d’une campagne de longue durée pour ancrer, car la situation va être très volatile ». Je le pressentais. Je savais qu’il y aurait une extraordinaire agitation, à la limite de la dislocation au sein du Parti socialiste. Nous savions tous qu’il y aurait une primaire à droite. Donc on pouvait assez facilement comprendre que la scène politique serait tellement agitée qu’elle pourrait être très rapidement illisible. Pas illisible par nous, militants, nous y voyons toujours clair. Mais illisible pour la masse des Français, c’est à eux qu’il faut penser, qui sont déjà dans un état de désorientation extrême. C’est-à-dire que des gens de gauche ne reconnaissent plus la gauche dans l’étiquette du gouvernement, ça ne veut plus rien dire pour eux. Si François Hollande c’est la gauche, si la loi El Khomri c’est la gauche, bon alors, qu’est-ce que la droite ? Et des gens de droite qui disent : « Mais nous, ce n’est pas ça notre vision de la Patrie, de la République, de se brouiller en permanence avec l’autre partie de la population, celle qui est musulmane, ou que sais-je encore, les pauvres qui sont des profiteurs, d’après les gens de droite ». Beaucoup de gens de droite ne se reconnaissent pas là-dedans.

Donc il y a en profondeur une désorientation du peuple français. C’est la raison pour laquelle il faut être clair dès le début, en disant d’abord « on va parler à tout le monde et pas seulement à ceux de gauche ». Bref, je vais être aussi synthétique que possible, Pierre m’a dit : « ça ne peut pas fonctionner s’il n’y a pas un rassemblement de la gauche ». Je ne crois pas du tout à cette thèse. Je le lui ai dit. Je ne crois pas que ce soit en rassemblant des étiquettes, des partis et des états-majors, qu’on va créer un enthousiasme populaire suffisant pour passer la barre. Je crois même le contraire.
Si on donne l’impression qu’on est retournés dans les magouilles et les ententes en demi-teinte, on va encore aggraver la désorientation. Donc nous avons besoin de partir de loin. Nous nous sommes quittés sur un constat de désaccord de stratégie politique. Pierre a établi son calendrier pour le mouvement communiste, et j’ai établi le mien pour ce que j’allais entreprendre.

Et c’est comme ça que j’ai décidé de démarrer le 11 février. Pourquoi cette date-là ? Je peux le dire maintenant, parce que nous étions dans un moment où apparaissait en même temps la candidature de Marine le Pen et où Sarkozy, s’exprimant quelques jours auparavant, avait clairement fait comprendre qu’il était candidat. Donc la scène était entièrement occupée par la droite. Et nous, notre famille politique, on serait là en train de se disputer les uns avec les autres, parce que une primaire c’est fondamentalement un exercice mortel de surenchères les uns sur les autres.
J’ajoute donc à cette occasion, que le système des primaires n’est qu’apparemment démocratique. Il ne l’est pas en réalité. C’est un tamis social. Seuls les centre-ville urbains et aisés participent dans la plus grande partie des cas à des élections primaires. Et une infime partie de l’électorat. Par exemple les primaires américaines… Tout le monde a dit «ah, c’est formidable, c’est une culture… ». 9% des électeurs ont voté dans toutes les primaires, c’est-à-dire démocrates et républicaines. C’est rien du tout. Et chez nous où il n’y a pas cette tradition, c’est encore moins. Par conséquent, je ne prends que cet aspect des primaires, je ne crois pas à cette méthode. Et d’ailleurs, ceux qui ont lancé l’idée d’une primaire de toute la gauche, Cohn-Bendit et le journal Libération, ne sont pas des références pour nous, en tout cas. Et d’entrée de jeu, Cohn-Bendit a dit : « Une primaire, c’est parfait parce que c’est le seul mode de désignation où Mélenchon et Pierre Laurent n’ont aucune chance ». Comme ça c’est clair. Et à peine avait-on commencé que déjà Julien Bayou disait « Ah oui, mais attention, si le candidat qui l’emporte est contre l’Europe, alors ça posera un problème », parce que pour lui, être critique à l’égard de l’Union européenne, c’est être contre l’Europe. Ce n’est pas sérieux.

Donc j’ai démarré le 11 février. Mais je demande aux communistes de faire appel à leur mémoire : c’est exactement la même méthode qu’en 2011, exactement la même, avec un mois de retard. Le 21 janvier 2011, j’ai proposé ma candidature. Tout seul. En tout cas en apparence. Comme cette fois-ci, je la propose tout seul et hors-cadre de partis. Pas «contre» les partis, «hors-cadre» de partis. Moi-même je suis membre d’un parti politique. Je l’ai été toute ma vie. J’ai été membre du Parti socialiste puis membre du Parti de gauche. Je n’ai pas cessé d’être membre de mon parti, je cotise. Donc je ne suis pas contre les partis, je n’ai pas cette sottise… Je suis «hors-cadre». Pourquoi hors-cadre ? Parce qu’il faut que tout le monde puisse investir la campagne. Je ne peux pas me présenter en disant que je suis l’homme de quatre, cinq, six, sept partis. Non. Voilà pourquoi, à la fois je propose ma candidature, et je crée le mouvement d’appui à ma candidature, la France insoumise. Vient qui veut : membres de partis, pas membres de partis, des gens qui ont voté autrement, des gens qui n’ont pas voté dans les précédentes élections…

Il faut faire cette ouverture grand-angle. Et nous, qui sommes des militants, engagés politiquement toute notre vie, nous devons apprendre à traiter avec l’informel, avec l’état du pays tel qu’il est. Ce n’est pas à nous de n’accepter que le peuple qui nous convient, celui qui a l’habitude de se référer aux partis politiques. Non, il y a plein de gens qui ne sont adhérents à rien. Et alors on leur dit « non, vous ne comptez pas ». Bien sûr que non. Donc c’est exactement le même calendrier, sauf que j’ai un mois de retard. J’ai proposé ma candidature le 21 janvier 2011, tout seul, je ne l’ai pas fait au nom du Parti de gauche, je ne l’ai pas fait au nom du Parti communiste. Le Parti communiste a engagé une procédure interne, mais bien plus tôt que cette fois-ci. Et les communistes ont tranché et ils ont voté à la date du 18 juin. Le 18 juin de l’année 2011, les communistes avaient pris leur décision, et le 18 juin, le soir, j’étais sur TF1 pour annoncer que dorénavant j’étais candidat investi par, à l’époque, le Parti de gauche, le Parti communiste et la Gauche unitaire. C’est ça le cadre de l’union.

Ce n’est pas la même chose aujourd’hui : nous savons que les cartels de partis sont condamnés. Parce que nous avons fait fonctionner le Front de gauche comme un cartel de partis. C’est l’expérience concrète qui nous montre que ce n’est pas la bonne méthode. Ça ne veut pas dire qu’on renie ce qui a été fait par le Front de gauche. Mais nous devons porter plus loin l’expérience acquise. L’expérience acquise, c’est que non seulement il faut intégrer tous ceux qui ne veulent pas prendre la carte d’un parti mais qui veulent participer aux campagne, mais aussi tous ceux qui n’avaient jamais pensé faire de la politique. Voici le cran supérieur. Ensuite, les communistes ont leur calendrier. Je m’incline.

Jean-luc Mélenchon
Jean-luc Mélenchon et Jean Triguéro

Je l’accepte. M’avez-vous entendu une seule fois dire « ce n’est pas bien, je ne suis pas d’accord ». J’ai pu exprimer des regrets, dire « moi j’aimerais avoir l’aide des communistes aujourd’hui, des militants communistes », mais je vais vous dire les choses comme elles sont : il y a déjà des milliers de communistes engagés dans la France insoumise, qui créent des groupes d’appui, qui collent des affiches et qui discutent surtout, qui discutent avec leurs voisins, leurs collègues de travail, parce que c’est comme ça qu’on va gagner. Et je le dis parce que je viens de dire « coller les affiches », mais ce n’est pas le plus important. Le plus important, c’est le contact personnel. Chaque personne doit se faire une liste de dix autres personnes à convaincre et à accompagner jusqu’au jour du vote.

Donc nous sommes dans le même calendrier, avec la même forme, avec les mêmes mots, croyez-moi, je les ai pesés et c’était les mêmes que la fois précédente : « Je propose ma candidature ». Et puis au moment où on est arrivés à plus de cent mille appuis, il ne faut pas non plus prendre les gens pour des imbéciles, ils ont bien compris que j’étais candidat.

Et bien, je l’ai dit. Quand ? Le 5 juin. Où ? Place Stalingrad où avait commencé la campagne la fois d’avant. On a appelé le rassemblement après la fin du congrès communiste. Le congrès communiste s’achève vers 13h, 13h30, le rassemblement commence à 15h. Il n’y a jamais eu de chevauchement. Je n’ai pas compris pourquoi on me faisait ce mauvais procès. J’observe d’ailleurs qu’on ne fait pas le même aux frondeurs qui se réunissent à la Rochelle pendant que nous sommes tous ici à la Fête de l’Huma qui est l’endroit où toute la gauche a l’habitude de se retrouver. Donc, pourquoi l’ai-je mis à cette date-là ? Parce qu’il y avait le congrès communiste et que je pouvais penser que dans le congrès communiste, comme la fois d’avant, une décision serait prise qui permettrait de converger. Elle ne l’a pas été.

Mais qui peut penser que je vais mener un calendrier de campagne en expliquant aux gens « écoutez, rien n’est sûr, attendez que, je ne sais pas quand, le 5 novembre, les communistes commencent leur procédure interne… ». Car je connais les statuts du Parti communiste. Le 5 novembre, ce n’est pas la prise de décision. Le 5 novembre, ça va être la décision qui va déclencher la procédure interne. Nous allons donc attendre le mois de décembre pour entrer en campagne, au milieu de la confusion des primaires socialistes ? Il n’en est pas question !

Par conséquent mon calendrier suit son cours. Et en cours de route bienvenue à tout le monde. Regardez la démarche du programme. Le programme, je ne pars pas de rien. Je suis stupéfait de voir que l’on puisse agir comme s’il n’y avait pas eu de programme la dernière fois. Il y a un programme : l’Humain d’abord. Il a recueilli quatre millions de voix. Il faut l’actualiser depuis 2012. C’est un mot qui dans le passé nous a amenés à quelques déboires. Qui va actualiser ? Et bien d’abord nos électeurs puisque ce sont eux qui l’ont voté la dernière fois, ceux qui veulent s’engager dans la campagne, tous ceux qui veulent s’engager. Il y a eu plus de trois milles contributions. Je ne dis pas que ce soit un chiffre extraordinaire, mais trois mille contributions. On a fait deux synthèses en cours de route, pour montrer aux gens où on en était, et rebondir. Nous avons fait des auditions de spécialistes. Et là nous sommes entrés dans un dialogue avec les groupements politiques qui décident de participer à la France insoumise.

Le groupe des socialistes dissidents, de la Nouvelle gauche socialiste, a déposé un document de 75 pages de propositions. Le Parti de gauche a amené ses 1000 fiches. Des communistes qui participent à la campagne amènent leurs contributions. On discute. Mais ce n’est pas une discussion de parti à parti, d’organisation à organisation. On essaie de voir comment tout ça, par rapport à la formule actualisée du programme l’Humain d’abord, ça colle ou pas. On ne peut pas coller bout à bout ce que tout le monde veut, ce n’est pas possible. Il faut qu’il y ait une cohérence. Moi je suis très attaché à la cohérence économique, à la cohérence écologique du programme et à la cohérence républicaine.

Donc tout ça compte beaucoup. Cette méthode va s’achever à l’occasion de la convention du mois d’octobre, qui se tient les 15 et 16 octobre. Pourquoi se tient-elle à ce moment-là ? Mais parce que j’ai des délais pour imprimer le livre pour qu’il soit prêt pour les cadeaux de Noël. Nous à Noël, on va offrir le programme de la campagne. Alors je vous dis un scoop, j’ai quand même quelques petits privilèges comme candidat, au moins celui de choisir quelques-uns des slogans… C’est moi qui ai choisi la France insoumise.

Je cherchais une expression qui soit dans l’esprit de celle de 2012. Vous vous rappelez, on avait fait « la France, la belle, la rebelle », c’était pris dans la chanson de Jean Ferrat. Et on cherchait un mot qui corresponde au moment dans lequel on est. C’est l’insoumission qui brise l’ordre établi, le consentement à l’ordre, la résignation. Et la dernière période a été remplie d’insoumis, lanceurs d’alerte, ouvriers et ouvrières qui résistent dans leur entreprise. Bref, j’ai choisi «la France insoumise» parce que je trouvais que ça parlait à tout le monde à la fois : aux syndicalistes, mais aussi à l’homme ou à la femme qui se lève chaque matin pour maintenir la cohésion de la famille, pour aller au boulot ou pour amener les gosses à l’école alors qu’il n’y a plus de boulot, parce qu’il faut tenir bon. Voilà, j’aimais ça.

Le programme, on ne va pas le rappeler l’Humain d’abord, quoique c’était magnifique, mais, par respect pour ceux qui auraient voté l’Humain d’abord ou les organisations qui auraient adopté l’Humain d’abord et qui ne se retrouveraient pas dans ma campagne, je le comprends, je n’ai pas envie d’avoir des polémiques avec les uns et les autres, on va donc changer le titre. Je vais proposer que ça s’appelle «L’Avenir en commun». «L’Avenir en commun» parce que c’est quelque chose que je partage avec les communistes et notamment les réflexions de leur dernier congrès. Nous autres, le grand courant collectiviste et progressiste, nous devons de nouveau et mieux motivés que jamais, faire partager l’idée que l’Humanité doit d’abord se préoccuper de ce qu’elle a en commun, à commencer par l’écosystème, le seul qui permette sa survie. Car l’écosystème est mis en danger par le productivisme. Et le productivisme est, lui, animé par la politique de l’offre du capitalisme financier. La planète va mourir, la civilisation humaine va mourir sous les coups du capitalisme financier et du productivisme. C’est pourquoi il s’agit d’appeler chaque personne à réfléchir, quoi qu’elle ait voté dans le passé, l’appeler à réfléchir en tant qu’être humain. Réfléchissez : notre avenir, nous l’avons en commun. Que vous soyez riche ou pauvre.

Et vous autres, les riches, vous feriez bien de vous poser des questions. Vous ne le resterez pas longtemps, riches, à ce tarif là, avec des événements climatiques extrêmes. Et à quoi bon être riches, à quoi bon ? Pourquoi avoir pour rêve d’être milliardaire, comme propose Macron ? En quoi est-ce un rêve honnête? Vous savez bien que celui qui a un milliard, il n’a qu’un rêve : en avoir un deuxième. A quoi ça sert ? Et celui qui est millionaire ne peut avoir qu’un rêve : avoir un deuxième million. Pour quoi faire ? Pour quoi faire ? Quel est le sens de cette accumulation ? Est-ce que vous êtes plus heureux quand vous passez d’un million à deux millions ? Est-ce que vous aimez d’avantage ? Est-ce que vous êtes aimé d’avantage ? Et puis pour quoi faire ? Pour acheter quoi ? Pour vivre comment ? Je pense que la richesse doit être interpelée aussi dans son immoralité fondamentale. Eux, ils pensent que la cupidité est un aiguillon de l’activité humaine. Reconnaissons que l’intérêt est un aiguillon, mais pas la cupidité, pas l’accumulation. Nous devons interpeler le sens moral de la richesse.

Voilà pourquoi je pense qu’il faut appeler notre programme «l’Avenir en commun» : dans chaque personne, ne voyons d’abord que l’être humain. Au fond, c’est aller au bout de la logique de l’Humain d’abord. L’Humain d’abord dit « bon, on commence par ça ». Justement commençons par ça. Nous avons l’avenir en commun. Je vais essayer d’expliquer ça, je le fais à la Fête de l’Huma. C’est à la Fête de l’Huma que je l’annonce.

Alors on me dit : « c’est toujours toi qui décides ». Il en faut bien un. Comment vous croyez que ça se passe d’habitude ? Il y a des gens qui parlent. Et à la fin les autres qu’est-ce qu’ils prennent ? Un communiquant pour décider. Pas moi. Je suis un militant politique, c’est moi qui fixe tous les mots d’ordre. En 2012, on discute, et puis à la fin on tranche. Je ne dis pas que c’est génial. Je ne vous dis pas que tout le monde est d’accord et dit « ah c’est formidable », la France insoumise, il n’y a rien au-dessus. On aurait pu appeler ça autrement. Mais maintenant c’est parti. Il faut arrêter l’ergotage permanent, couper les cheveux en quatre tout le temps. Les gens ont besoin de comprendre. Ils ne comprennent rien si nous mêmes on est les premiers à dire « ah ce qu’on a trouvé ça ne vaut rien. Finalement il y avait mieux que ça ». Alors on me propose des titres à rallonge.

Jean-luc Mélenchon à la fête de l'Huma
Jean-luc Mélenchon à la fête de l’Huma

Je vous donne cet exemple parce que je sais que je m’adresse à des militants. L’enjeu du militantisme, c’est l’engagement des autres, leur conscience, l’éducation collective. Si les partis ont une fonction, c’est bien celle-là, d’être la mémoire des luttes, d’être les porteurs de l’expérience et d’être des éclaireurs, pas une avant-garde. A mon avis. Il y a des camarades qui sont avant-gardistes, je le comprends. Eclairer, ça veut dire : vous mettez la lumière qui permet de se repérer à chacun individuellement. Pas le guide suprême qui dit « allez on va tous par là ». Non regardez bien, les gens, observez ce que nous vous disons, et ensuite tirez vos conclusions. Mais écoutez ce qu’on vous dit. Ne vous laissez pas bourrer le crâne par la télé et par les grands médias. Ecoutez. Vous choisirez à la fin. Mais entendez ce que nous avons à dire.

Et vous voyez bien comment l’ennemi concentre ses coups : son premier objectif c’est d’empêcher qu’on entende, c’est de vous mettre une mauvaise étiquette. Ils décident qu’ils me mettent à l’extrême gauche, mais je ne suis par d’extrême gauche. Ce n’est pas que je méprise l’extrême gauche. C’est que je ne suis pas d’extrême gauche. Il y a une extrême gauche. Ce n’est pas juste de faire croire que l’extrême gauche c’est moi. Non, l’extrême gauche c’est Nathalie Arthaud, c’est Philippe Poutou, c’est aussi le Parti communiste par certains aspects. Mais moi je ne suis pas membre du NPA, de Lutte ouvrière, et mon programme ce n’est pas ça. Donc ce n’est pas juste déjà de leur enlever le droit à l’existence, on les invisibilise si on fait comme ça. Et puis après on m’invisibilise en me classant dans une catégorie qui n’est pas la mienne, je n’ai rien à faire là-dedans.

Vendredi 9 septembre, je suis allé à un truc qui s’appelle Produire en France. Vous savez ce que retient le Figaro ? Que, soi-disant, on aurait dit qu’on était tous les meilleurs pour produire en France. Mais pas du tout, c’était pas ça la compétition. Et que moi j’aurais proposé surtout des nationalisations. Ils m’ont mal écouté. Ils m’ont très mal écouté. On va remettre les choses au point. Moi j’ai dit aux patrons qui étaient là : je ne viens pas pour vous dire ce qui va vous faire plaisir, je perdrais mon temps. Je viens vous dire ce qu’il va falloir que vous fassiez pour vous rendre utiles à la Patrie. Il n’y en a pas un qui a sifflé. Personne n’a dit « mais qu’est-ce que c’est que cette manière de nous parler ? ». Je dis « pour tenir les comptes de vos entreprises, vous êtes assez grands, sinon, ce n’est pas la peine de faire patron. Mais moi je vais vous dire ce dont le pays a besoin. Est-ce que vous êtes capables de prendre votre place là-dedans ? Nous avons besoin de 400 000 personnes pour faire de l’agriculture paysanne relocalisée, 300 000 pour l’économie de la mer, 900 000 pour sortir du nucléaire. Alors? Où je les trouve ? Ils n’y sont pas aujourd’hui, il faut les former. Et vous, vous êtes prêts à être les entreprises qui vont suivre ? Moi je vous donne de la visibilité, je vous donne de la stabilité et de la sécurité. Et vous vous n’allez pas faire que pleurer, pleurnicher que vous avez trop de charges, trop de ceci, trop de cela. C’est bon, quoi. En tout cas si vous voulez faire ça, allez en voir un autre. Mais si vous voulez entendre ce qu’on vous dit, vous verrez que votre avenir y a son intérêt, parce que nous allons faire une société d’économie mixte, on ne va pas faire le socialisme en cinq ans ». Qui est-ce qui propose de le faire en cinq ans ? Qu’il vienne, qu’on m’explique quelle est la stratégie pour faire ça ! Moi j’en ai une : l’Assemblée constituante, pour faire la transition. Bon voilà, alors merci si ce message arrive aux communistes, je serais enchanté, je sais qu’il n’est pas loin de leurs propres convictions, et pour le reste, ils vont décider. Et leur décision s’imposera à qui ? Aux communistes, pas à moi.

Le Patriote : A la manière dont, à Toulouse il y a quinze jours, tu as dit que tu avais deux cents signatures de parrainage, et qu’il t’en manquait qui auraient dû t’arriver de partenaires, j’ai compris que le Parti communiste n’avait pas encore ouvert les vannes…

Jean-Luc Mélenchon : Non. En effet, c’est une bataille. Je la mène. Je trouve qu’elle est intéressante en tant que combat, et j’appelle les militants à réfléchir à ça : sans cesse de nos faiblesses faisons une force. Je préfèrerais avoir mille signatures tranquille. Je ne les ai pas. Qu’est-ce que je fais alors ? Je me prends la tête dans les mains ? Je me mets à pleurer ? Et je gémis et me lamente ? Non, j’affronte ! C’est extrêmement pédagogique. Ça permet aux gens de comprendre que dans ce pays pour pouvoir être candidat, il faut d’abord avoir l’autorisation de notables qui n’ont rien demandé. Donc ça aide à la construction d’une conscience politique plus affinée. Maintenant, bon, on a dépassé les deux cents. Dans ces plus de deux cents, il y a un peu plus de 33, 34 élus communistes. D’ailleurs cette nuit il y en eu d’autres. Et aujourd’hui dans la journée certains vont venir me voir… Mais oui, il y a eu de la rétention de signatures. Et puis il y a beaucoup d’élus communistes qui disent : « Bon ben, moi j’attends la décision du Parti ». Je le comprends. Ça me coûte, parce que si je les avais, on serait plus tranquilles. Et surtout, la banque prêterait des sous. Parce que la campagne sera remboursée : je pense évidemment faire beaucoup plus de 5%. Donc à partir de là, j’ai besoin. Je ne peux pas faire une campagne qu’avec des bénévoles et des retraités, ce qui est le cas aujourd’hui. Attention, les bénévoles ne sont pas des amateurs. Mais il y a quand même quelques permanents qui doivent être dans la campagne, il y a du matériel à gérer…

Donc, qu’est-ce qu’on fait ? On lance la campagne de parrainages et on lance la campagne pour les dons. Et on va gagner comme ça. Il n’y a pas de martingale, il n’y a pas de solution raccourcie, miraculeuse. Les communistes, ils viendront et il n’y aura pas qu’eux. Je pense que d’ici au 5 novembre on sera très avancés vers les cinq cents signatures. Et alors après encore plus, à mesure qu’on va avancer dans la campagne.

Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent
Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent et Marie-George Buffet

Puis je vais aller voir le Président de l’Union des maires, monsieur Baroin, et je vais lui dire : « mais monsieur, vous êtes de droite, vous, sauf erreur, vous êtes le Président de l’Union des maires. Alors qu’est-ce que vous passez votre temps à parler de démocratie et de tout ça, et vous faites de la rétention. Je vous demande en tant que Président de l’Union des maires d’appeler les maires à une réflexion, parce qu’ils ne sont pas là pour empêcher les gens d’être candidats, mais pour empêcher qu’à l’élection des candidatures folkloriques apparaissent. C’est ça leur mission ». J’ai fait quatre millions de voix la dernière fois, je ne suis pas une candidature folklorique. Je représente un courant d’opinion dans le pays. Vous pouvez signer pour moi, que vous soyez sans étiquette, que vous soyez communistes, socialistes. Les socialistes, ils vissent à double tour, ils menacent leurs élus, leur font peur. Vous verrez, à la fin c’est nous qui aurons le dernier mot, parce que contre des militants et des gens engagés, il est rare qu’il y ait une force suffisante pour nous empêcher de passer. Ça se fera.

Je préfèrerais que ça se fasse avec les élus communistes, c’est évidemment mon souhait. Vous imaginez bien que je préfère être parrainé par une majorité de communistes que par une majorité de droite, mais je prendrai les signatures de là où elles viennent. Et ça m’ennuierait que les communistes arrivent les derniers, ça ne le ferait pas.

Entretien réalisé à la Fête de l’Humanité,
à la Courneuve le 10 septembre 2016
par Christian Audouin, directeur de l’Echo du Centre et
Manuel Meïer, rédacteur en chef du Patriote de l’Ariège

Le choix de l’insoumission

Un nouveau livre de Jean-Luc Mélenchon est paru, où il explique l’itinéraire personnel qui l’a mené à assumer la candidature de la France insoumise…

Voici ce qu’il en dit sur son blog :

« Le choix de l’insoumission ». C’est le journaliste Marc Endeweld qui mène le dialogue. Comme il est amusant de penser que son précédent ouvrage était consacré à Emmanuel Macron ! Quant à la forme, ce livre change donc des précédents dont j’ai pris la responsabilité puisque je ne n’y suis maître ni des thèmes choisis ni de ceux mis de côté. Tant mieux.

Car je dois dire que c’est un rude exercice que de revenir sur l’histoire de tant d’années consacrées à l’engagement politique. De plus il est tout à fait évident qu’il faut trier beaucoup dans la masse des évènements petits et grands auxquels j’ai participé de façon plus ou moins centrale. Et comme il ne pouvait être question de faire le catalogue des gens que j’ai rencontrés et pratiqués, il y en a tant en Europe et dans le monde, il a fallu s’en tenir à l’essentiel de ce qui intervenait directement dans mon parcours. Mais à l’inverse, c’est toujours étrange de se voir enjamber des années, des gens et des circonstances sans s’y arrêter. Je ne le regrette pas. Je pense que les choix de mon interrogateur sont les bons. Ils sont radicalement « extérieurs » et n’impliquent pas de connivence ou de complaisances autres que celles qui surgissent naturellement de la conversation entre deux personnes qui s’intéressent à leur sujet.

Car ce fut une conversation. Longue. Dense. Ses questions m’ont aussi agacé, parfois, cela va de soi ! Peut-être le sentirez-vous entre les lignes… Je ne sais pas comment il a supporté l’exercice mais je suis certain qu’il a bien gagné ses vacances. Je ressortais de nos séances également épuisé et bizarrement tourneboulé par ces heures passées à raconter tant de choses personnelles. L’engagement politique a occupé toute ma vie. Le fil rouge qui l’a mené ne s’est jamais rompu et pas davantage le ressort qui tend ma manière d’être du fait de cet engagement. Le sentiment étrange et que toute personne peut avoir en se retournant sur son passé pour le raconter aux siens s’aggrave chez moi du souvenir précis de la fuite en avant du monde dans lequel je me suis impliqué depuis l’âge de 16 ans.

Ce livre est destiné à éclairer l’histoire des idées que je défends par le récit du parcours au cours duquel elles se sont forgées. Il m’a paru important de faire connaitre ma détermination actuelle comme le résultat d’un parcours de vie et d’expériences et non comme une posture de campagne. Ma cohérence vient de loin. Elle mêle les leçons de plusieurs décennies d’implication sur plusieurs continents, plus d’une dizaine de pays, de rencontre avec autant de chefs d’États, de gouvernements et de partis engagés dans la vie démocratique ou dans la lutte armée, et plusieurs milliers de femmes et d’hommes engagés anonymes, parlant quatre ou cinq langues, vivant ou morts de tant de façons différentes.

Mieux vaut savoir que je suis donc de ce fait hors de portée des intimidations du présent et des pressions habituelles du monde des importants des médias et de la communication que j’ai vus à l’œuvre dans assez de circonstances et de lieux pour en connaître les ressorts et l’inépuisable arrogance. Cet entretien ne fonctionne donc pas comme une justification des choix qui émaillent mon parcours mais comme un bilan raisonné pour en tirer tout le suc. En tant que tel, l’objet est un défi. Car dans notre temps d’infantilisation de tous les débats, de bipolarisation de toute question en noir et blanc, de vindicte ou d’adoration également sans nuance, l’art des bilans soupesé est bien perdu.

Publier cet entretien m’a semblé être une contribution utile pour le combat que j’entreprends en étant candidat à l’élection présidentielle de 2017 dans le but de changer le cours de l’histoire de notre pays. J’ai cru tout au long de mon engagement que ce grand retournement du cours de l’histoire était aussi nécessaire que juste. Ce que le monde a fait de lui-même confirme qu’il ne tient aucune des promesses au nom desquelles les choix progressistes ont été écartés. Penser de plus loin que depuis la dernière « Une » sensationnaliste du jour, du titre en teasing d’un article en ligne ou du dernier matraquage audiovisuel est une ardente obligation qui s’impose comme un devoir de musculation permanente pour notre cause.

Je crois en effet qu’il faut enraciner notre campagne dans une participation de chaque personne qui s’y engagera avec le devoir de garder les yeux grands ouverts. Car nous entreprenons bien davantage qu’une campagne électorale. Il s’agit de construire en commun une conscience et une pratique commune à des millions de personnes. Cela non seulement en vue de leur vote mais en préparation de leur implication personnelle dans le processus qui suivrait notre victoire. Ce que j’ai nommé « la révolution citoyenne » n’est pas un slogan mais un programme concret de gouvernement qui ne peut se mener à la façon traditionnelle du haut vers le bas.

Je conclus en replaçant ce livre dans le contexte éditorial qui l’inclut. Car ce livre d’entretien prend place dans un ensemble de parutions qui s’épaulent l’une l’autre. Le choix de l’insoumission, est un entretien biographique. Le livre rend compte d’un parcours. Ce n’est ni un livre programme, ni un livre de confidences intimes. Il est destiné à vous permettre de savoir si selon vous je suis ou non capable d’accomplir ce que j’annonce et de tenir bon au vu de ce qu’a été mon parcours et du bilan que j’en fais. Je vous envoie mon CV en quelque sorte. Mais cela n’a de sens qu’en relation avec le reste.

Le livre L’Ère du peuple reste l’énoncé du projet auquel se réfère mon action. Déjà vendu à 60 000 exemplaires, il existe dorénavant dans une édition sérieusement remaniée en poche au prix très accessible de trois euros. De son côté, Le Hareng de Bismarck, vendu à 70 000 exemplaires, va faire l’objet d’une nouvelle édition en poche aussi cette fois-ci. Je vais le replacer dans le contexte du « plan b » face à l’implosion en cours du modèle libéral de construction européenne. Car à mes yeux, vous le savez, la doctrine « ordolibérale » qui gouverne l’Europe et l’a transformée en une camisole de force contre les peuples a son origine, sa continuité et ses impératifs à Berlin dans un choix commun à la droite et au PS allemands.

Au mois de décembre paraîtra la version éditée du programme qui fait suite à L’Humain d’abord de 2012. Le texte sera issu des contributions en ligne, depuis février dernier, des auditions menées par Jacques généreux et Charlotte Girard depuis mai et des propositions des organisations politiques participantes à « la France insoumise » en septembre et octobre et enfin du vote de la première Convention de « la France insoumise ».

Je dis que ces livres s’épaulent. Mais en premier lieu ils font appel à la réflexion, à la connaissance, à la possibilité pour chacun non pas d’adhérer à tout ce qui s’y trouve mais de décider si au total la personne qui les aura lus peut s’inclure dans le combat proposé compte tenu du nombre de ses points d’accords sur le projet, la méthode et la capacité du candidat à les mettre en œuvre compte tenu de son expérience. Mon projet avec cette parution c’est qu’en me rapprochant de qui me découvrira de cette façon, je puisse du même coup être mis à distance critique raisonnée par chacun.

TAFTA c’est fini ? Ça reste à voir !

Frederic Sierakowski / Is/SIPA
Frederic Sierakowski / Is/SIPA

Voilà quelques mois qu’on annonce la mort du TAFTA. Il semble en effet que l’on soit proche de l’arrêt définitif des négociations pour cet accord-là.
Mais, car il y a un «mais», que les détracteurs de cet accord (dont nous sommes à LÉclairCit) ne se réjouissent pas trop vite, car il reste le CETA ou AECG (Accord Économique et Commercial Global entre l’UE et le Canada), de moins en moins tapi dans l’ombre et qui devrait être mis en application provisoire dès 2017.

TAFTA est-il mort ?

Depuis quelques mois on savait que le TAFTA, après 14 « rounds » de négociations infructueux, patinait sérieusement dans l’ornière des miettes concédées par le partenaire « Étatsunien ». Que d’énergie et de ressources dépensées pour en arriver à une situation qui était largement prévisible sans avoir fait l’ENA…

Ainsi  le 14 avril sur France 2, François Hollande, suivant son secrétaire d’État au Commerce extérieur Matthias Fekl, déclarait que la France n’approuverait pas un texte inéquitable et opaque.
Dimanche 28 août, c’est le ministre de l’Economie et vice-chancelier Allemand Sigmar Gabriel (SPD) qui constate l’échec dans une interview à la chaîne de télévision ZDF, déclarant notamment : «Les négociations avec les Etats-Unis ont de facto échoué, parce que nous, les Européens, ne voulons pas nous plier aux exigences américaines.»
Le mardi 30 août, c’est la France qui se met «Hors TAFTA», comme en témoigne ce tweet d’hier soir de Matthias Fekl confirmé par François Hollande qui ce mardi 30 août, à l’occasion de son discours annuel devant les ambassadeurs,  déclarait entre autres « Ces discussions ne pourront pas aboutir à un accord d’ici à la fin de l’annéeLa négociation s’est enlisée, les positions n’ont pas été respectées, le déséquilibre est évident. (…) La France ne pourra pas approuver un accord qui aura été ainsi préparé, sans les bases indispensables pour une conclusion positive ». Au passage on aimerait bien savoir ce que sont, dans l’esprit du Président Hollande, des bases indispensables d’une part et ensuite une conclusion positive ???
Tweet_M_FEKL

Alors on fait sauter les bouchons, on se congratule, on crie victoire en dansant ? Sans vouloir jouer les rabat-joie, il me semble qu’il faut peut-être prendre un peu de distance avant de s’enivrer.

TAFTA est presque mort ? Vive CETA !

Le CETA est à un stade beaucoup plus avancé que TAFTA puisqu’il est en négociations depuis 2009, qu’il a fait l’objet d’un accord de principe en octobre 2013 et surtout, détail capital, qu’il doit être signé lors d’un sommet euro-canadien le 27 octobre à Bruxelles, avant d’être soumis au vote du Parlement européen et à la ratification des 28 pays en 2017. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le mentionner, cette procédure est qualifiée d’accord « mixte » et même en cas d’accord mixte, le CETA pourra être mis en application à titre provisoire avant même le vote des parlements nationaux. Cette disposition a fait l’objet d’une décision du conseil de l’UE datée du 5 juillet dernier.

Par ailleurs, à en juger par la capacité visionnaire de notre Président qui déclarait début 2014 qu’il fallait aller vite dans les négociations (heureusement que divers collectifs et  organisations de citoyens éclairés ont réussi à faire traîner) et qui aujourd’hui, sans vergogne, fait mine d’être à l’initiative dans l’arrêt des négociations pile au lendemain de l’annonce allemande (voir plus haut), on peut s’interroger sérieusement sur ses réelles intentions en matière de politique extérieure.

On peut trouver un élément de réponse dans la déclaration de J.C. Cambadélis approuvant la décision du gouvernement : « Voilà désormais la page “Barroso” définitivement tournée dans l’histoire de l’Union. Le sommet de Bratislava, du 16 septembre prochain, doit être l’occasion d’en écrire une nouvelle. Nous souhaitons notamment qu’elle s’appuie sur une relance de l’économie européenne par l’investissement, ouverte par le plan dit “Juncker” et qu’elle privilégie le juste échange au seul libre-échange, à l’intérieur comme à l’extérieur du continent. »

Sans voir le mal partout, on peut interpréter cette déclaration comme un soutien, sans réellement le dire, au CETA d’autant que Matthias Fekl a déclaré sur RMC que la France n’a pas l’intention de se retirer du CETA, y voyant un accord « anti-TAFTA ».Tweet_C_MalmsrtomDe son côté la commissaire européenne chargée du dossier, Cecilia Malmström, a ignoré les positions allemande et française en déclarant lors d’un point presse à Bruxelles : «Les négociations sur le traité transatlantique ont été difficiles, bien sûr, nous le savions depuis le début, mais elles n’ont pas échoué. Nous avions l’objectif et nous l’avons toujours (…) de conclure avant la fin du mandat Obama (…). Et si ce n’est pas possible, il est logique de faire le plus de progrès possible ». Selon Frédéric Viale (par mail) « Réunion de la 15ème séance de négociations sous peu : la Commission n’a pas manifesté d’intention d’obtempérer aux « demandes » françaises et allemandes. »
Notons que le paragraphe 8 de l’article 218 du TFUE précise que « Tout au long de la procédure, le Conseil statue à la majorité qualifiée. » Ce qui signifie que même si les voix de la France et de l’Allemagne peuvent peser politiquement, rien n’est assuré juridiquement.

Enfin, cerise sur le gâteau, notre commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, a jugé vendredi 2 septembre qu’il n’était « pas pertinent » de suspendre les négociations pour un traité de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Cette déclaration va tout à fait dans le sens des réserves exprimées le 1er septembre par Alternatives Economiques.

Le 30 août, le candidat de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon était l’invité de Jean-Jacques Bourdin. Il a rappelé son engagement de longue date contre le TAFTA et émis, lui-aussi, les plus grandes réserves sur l’avenir du TAFTA et incité à la plus grande vigilance à propos du CETA. Il a d’ailleurs rappelé à cette occasion que s’il était élu, la France ne ratifierait pas le CETA.

CETA vivant , TAFTA pas mort ?

1 – Arbitrages

Rappelons que le CETA contient les mêmes dispositions que TAFTA en matière de tribunaux arbitraux et d’harmonisation des normes. Même si en septembre 2015 la commission européenne a proposé une variante dans laquelle les « arbitres » ont été remplacés par des « membres du tribunal ». Leur nombre (15 au lieu de 3), leur rémunération (par l’UE et le Canada) et la manière dont ils seront nommés (5 par l’UE, 5 par le Canada et 5 par des tiers) ont également évolué par rapport au texte initial. Toutefois, les plus grands doutes persistent quant aux possibles conflits d’intérêt puisque les juges ne dépendent pas d’une magistrature indépendante, il n’est pas possible de garantir leur impartialité. De plus, ces derniers pourront exercer parallèlement une activité d’avocat, voire de conseiller juridique auprès d’entreprises.

A ce sujet on pourra consulter un très bon rapport publié par cinq organisations non-gouvernementales qui examine les différences (ou plutôt l’absence de différence) entre les deux versions du mécanisme d’arbitrage. On peut notamment y  lire « Rien dans la proposition n’empêche les entreprises de contester les décisions des gouvernements de protéger la santé et l’environnement. Et rien n’empêche les arbitres de décider en faveur des entreprises et d’ordonner aux Etats de payer des milliards de compensation avec l’argent des contribuables, pour des mesures légitimes prises par les pouvoirs publics. »

2 – CETA = poisson pilote ou cheval de Troie du TAFTA

Cette remarque, Frédéric Viale l’avait déjà faite le 16 mars 2015 devant le public aubois venu assister à la conférence organisée par le collectif STOP TAFTA de l’Aube. Il me l’a confirmée aujourd’hui par cette phrase : « Le CETA est le poisson pilote du TAFTA et est plus que jamais dans les tuyaux ». (les enregistrements des différentes interventions de la conférence du 16 mars 2015 sont disponibles ici).

Cette équivalence réside dans le fait qu’aucune disposition claire dans le CETA n’interdit aux entreprises d’utiliser leurs filiales présentes au Canada pour attaquer les États européens. Le parlement de Wallonie ne s’y est pas trompé en  approuvant le 27 avril dernier, par 44 voix pour et 22 contre, une proposition de résolution demandant au gouvernement wallon de ne pas accorder les pleins pouvoirs au gouvernement fédéral pour signer le traité commercial de libre-échange CETA.

Depuis la mise en oeuvre de l’ALENA (accord de libre échange entre les EU, le Canada et le Mexique), la plupart des firmes américaines ont des filiales chez le voisin du nord. Rien n’empêcherait alors celles-ci de poursuivre les pays européens, via le mécanisme ICS prévu par le Ceta. Plus de 40.000 entreprises américaines (et de nombreuses firmes d’autres nationalités) pourront donc potentiellement en profiter pour contourner le dispositif.

3 – Le reste ?

Pour l’essentiel du reste, le traité contient les mêmes règles et ressorts que celui du TAFTA et constitue donc tout autant une menace sur notre santé, sur la démocratie, le droit du travail, l’environnement… Même si nos dirigeants se vantent d’avoir réussi à « négocier » la sauvegarde de nos appellations protégées, José Bové déclarait ce jour sur RMC«(…) par exemple sur les produits d’appellations d’origine contrôlée il n’y a que 100 produits qui sont défendus sur plus de 1400…»

Par ailleurs, malgré l’affection que l’on peut porter à nos sympathiques amis canadiens, rien n’indique que les grandes firmes canadiennes soient plus humanistes que les autres. Le Canada figurerait au 5ème rang des producteurs d’OGM, l’exploitation des sables bitumineux est en train d’y transformer certains paysages en déserts et n’est pas sans risque comme notre ami éclaireur Rémy l’a rapporté dans un billet de mai dernier.

En conclusion

Malgré les réserves et la prudence qui semblent s’imposer pour l’avenir proche, on peut se réjouir d’avoir remporté une victoire et surtout profiter de cette expérience pour continuer de ne rien lâcher, pour communiquer à son propos et se convaincre que le pouvoir ne s’exerce pas sur les citoyens, mais avec et par eux !

Il nous faut donc rester mobilisés. Dans de nombreux pays européens, les sociétés civiles appellent à se mobiliser pour dire non au CETA dans les prochaines semaines, dont en France, le 15 octobre prochain.

La série de l’été : les experts et la réduction du temps de travail !

« Les 35 heures, c’est nul ! » Parole d’expert.

Deux inspecteurs de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) ont publié en mai 2016 un rapport sur les 35 heures intitulé «Evaluation des politiques d’aménagement-réduction du temps de travail dans la lutte contre le chômage». Or, dans un article du 1er juillet 2016, Médiapart nous apprend que selon le SMIGAS (Syndicat des Membres de l’Inspection Générale des Affaires Sociales), ce rapport a été censuré par le chef de l’IGAS qui a décidé de ne pas le transmettre au gouvernement.

Même si le chef de l’IGAS a, en vertu d’un décret statutaire de l’IGAS, la possibilité de ne pas transmettre les conclusions des inspecteurs à leurs commanditaires (Premier ministre et ministres), c’est la première fois qu’elle est utilisée et, qui plus est, à propos de la première étude effectuée par l’IGAS sur la réforme des 35 heures qui date de presque 20 ans. Médiapart a interpelé le Premier Ministre ainsi que les Ministres du travail et de la santé sur le fait qu’ils se trouvent ainsi privés de la lecture de ce rapport, mais aucune réponse n’était parvenue à la date de parution de l’article du 1er juillet.

Dans un article du 19 juillet Médiapart publie le fameux rapport qui a bénéficié d’une «fuite» d’inspecteurs de l’IGAS.

Que contient ce rapport ?

Pour le savoir il faut en lire l’intégralité des 105 pages. Toutefois, dans la synthèse présentée au début du rapport, on peut y lire ceci :
«Compte tenu du caractère polémique de cette question depuis une quinzaine d’années, la mission a souhaité appréhender le sujet sous une forme globale, la plus objective et la plus précise possible. Ce rapport est accompagné de huit annexes thématiques qui analysent les très nombreuses données et études disponibles. Il est organisé en trois parties,

  1. la première portant sur l’évolution de la durée du travail dans les différents pays européens,
  2. la deuxième étant consacrée à l’analyse de l’efficacité des différentes politiques du temps de travail mobilisables,
  3. tandis que la troisième présente les recommandations de la mission.»

et à la suite on peut également lire :

«Concernant la première partie, qui mobilise de nombreuses comparaisons européennes en matière de durée du travail, la mission juge particulièrement nécessaire de rappeler certains faits trop souvent méconnus, qui vont parfois à l’encontre de ce qui peut être avancé dans le débat public :

  • La durée du travail diminue dans tous les pays de l’Union européenne.
  • La durée effective du travail en France n’est pas particulièrement basse par rapport à celles des autres membres de l’Union européenne si l’on considère le temps de travail de tous les salariés, et pas seulement ceux à temps complet.
  • Les modalités de cette réduction du temps de travail varient en revanche notablement selon les pays, avec en particulier un recours très variable au temps partiel, certains pays, comme l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, s’étant appuyés sur un développement massif de celui-ci.

Le rappel de ces faits permet ainsi de cerner l’enjeu principal attaché à la question de la réduction de la durée du travail. Dans la mesure où cette réduction est tendancielle et concerne l’ensemble des pays de l’Union européenne, il importe moins de questionner la pertinence de la réduction de la durée du travail que d’identifier les modalités les plus efficaces de celle-ci en matière d’emploi»

Alors pourquoi la censure ?

Dans son article du 19 juillet, Médiapart indique que selon le SMIGAS qui s’est procuré l’avis du relecteur du rapport, celui-ci n’a pas demandé la non-transmission du rapport au gouvernement. Au contraire, dans son avis circonstancié, le relecteur aurait souligné :

  • d’une part, le très gros travail fourni par l’équipe d’inspection ;
  • d’autre part, la formulation de conclusions et propositions qui s’éloignent de la pensée d’économistes qualifiés de «conventionnels».

D’emblée l’annonce faite par les inspecteurs, au début du rapport, d’aller à l’encontre de ce qui nous est asséné quotidiennement par les experts «conventionnels» qu’on nomme aussi «orthodoxes» lorsqu’il s’agit d’économistes (voir ici à ce sujet), semble donc avoir pesé dans la décision du chef de l’IGAS de ne pas transmettre les conclusions de ses inspecteurs.

Il est vrai que quand on est un expert «conventionnel» ou «orthodoxe», c’est bien connu, on ne compte pas son temps de travail. L’essentiel de ce travail consistant à œuvrer à la propagande «réformiste» pour laquelle les Français, ces pauvres ânes, n’éprouvent aucune soif.

Cette affaire nous montre à quel point, à quel niveau et avec quels moyens s’exerce la pensée dominante de quelques-uns dans l’espace public qui est notre bien commun à tous.

Pour s’en convaincre, on peut par exemple tenter de faire la balance entre le flot et la masse de critiques ininterrompues émises à l’encontre des 35 heures depuis la mise en place de cette réforme et le silence relatif, voire l’approbation au sujet du CICE (Crédit Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi) dont un rapport sénatorial du 13 juillet 2016 dresse un bilan accablant (voir aussi Médiapart). Ce dispositif coûte en effet 1% du PIB de la France chaque année sans qu’on soit en mesure d’en apprécier les effets positifs. D’un point de vue  «non conventionnel», il s’agit ni plus ni moins que de gaspillage d’argent public.

Pierre Gattaz et son fameux Pins’s pour la création de 1 million d’emplois !

On peut aussi par exemple mettre en face de cette censure faite au rapport sur les 35 heures, le crédit accordé à la parole des économistes «orthodoxes», avec en tête notre faux Nobel d’économie (lire ici à ce sujet), à propos de la loi travail.

4 mars 2016, le journal l’Opinion titre
«Jean Tirole défend la loi El Khomri au nom des plus fragiles»

Bref, avec tout ça, si on n’a pas encore compris que la France est un pays irréformable, c’est qu’on est vraiment nul ou, au contraire, qu’on a tout compris.
Car à y regarder de près, les réformes dont on nous rebat les oreilles, elles consistent en un ensemble de mesures qui se nomment austérité, serrage de ceinture, flexibilité des vies, destruction des services publics, lutte contre le cancer de l’assistanat, prise de risque (mais pas pour tous)…
Or, ces mesures ne sont destinées qu’aux plus fragiles, aux plus vulnérables et aux plus démunis des citoyens.
Les experts «conventionnels» en tous genres qui nous les assènent à longueur de temps savent parfaitement que tant qu’ils tiendront la place, le monde de misère engendré par ces «réformes» ne leur est pas destiné.

Certes, à force d’entendre la rengaine de TINA (pas Turner hélas, mais celle de Thatcher) on est tenté d’y souscrire et de baisser les bras, mais il n’est pas encore trop tard. Il reste quelques possibilités d’alternatives à cette machine infernale au service des intérêts privés qui n’a comme seule feuille de route que de mettre les États à ses pieds. Les mécanismes intégrés dans les accords de libre-échange tels que le CETA et le TAFTA font partie de son arsenal, mais ils ne sont pas encore opérationnels.

Il est donc encore temps que les citoyens «conventionnels», ou pas, se saisissent des débats et s’emparent des décisions qui les concernent.

Une solution : l’insoumission qui constitue un bon antidote à la résignation !


Quelques compléments :

On peut lire sur la page d’accueil de l’IGAS la présentation suivante qui semble hors de toute polémique ou interprétation fallacieuse :

Corps de contrôle interministériel du secteur social, l’IGAS contrôle, audite ou évalue des structures et des politiques, conseille les pouvoirs publics et apporte son concours à des projets. Elle intervient à la demande des ministres ou sur la base de son programme d’activité. Elle traite de sujets touchant la vie de tous les citoyens : emploi, travail et formation, santé, action sociale et politique familiale, systèmes de couverture sociale publics ou privés.

http://www.liberation.fr/france/2016/07/18/selon-un-rapport-censure-de-l-igas-les-35-heures-ont-bien-cree-350-000-emplois_1466926

http://www.alternatives-economiques.fr/le–bon–bilan-des-35-heures_fr_art_1137_58027.html

Remue-Méninges du Parti de Gauche. En 2017, Insoumis !

Notre Remue-Méninges annuel aura lieu du 26 au 28 août à la faculté Jean Jaurès à Toulouse.

La participation au Remue-Méninges est ouverte à toutes et à tous, que l’on soit adhérent-e du Parti de Gauche ou sympathisant-e. L’inscription s’effectue au préalable via un formulaire d’inscription en ligne à cette adresse 

Vous y trouverez aussi toutes les informations pratiques pour organiser votre déplacement (accès, horaires, tarifs de participation et liste d’hébergements) ainsi que le programme des ateliers et débats qui sera mis à jour au fur et à mesure.

Attention, la date limite

pour s’inscrire aux Remue-Méninges avec repas est fixée

au lundi 15 août.

Notre Remue-Méninges prendra fin samedi soir, afin de laisser la place dimanche matin à un pique nique de la France Insoumise avec Jean-Luc Mélenchon.

Les élections de 2017 seront l’occasion exceptionnelle de porter un projet de rupture avec le système et d’imposer au centre du débat les exigences sociales écologiques démocratiques que le gouvernement Hollande-Valls foule aux pieds depuis 2012. Le Remue-Méninges du PG sera ouvert, tourné vers la campagne de Jean-Luc Melenchon et de la France insoumise qu’il soutient. Nos débats seront inscrits dans une double nécessité : contribuer à construire le nouveau projet politique dont nous avons besoin, et s’inscrire dans les modalités concrètes de l’action.

Comment rompre avec le système ?
Vouloir rompre avec le cadre libéral de l’Union Européenne, avec l’austérité imposée, oui mais comment ? Quels outils concrets construire pour cela? Le Brexit, les élections espagnoles nous fourniront matière à engager le débat sur la stratégie à mener en Europe. Le protectionnisme solidaire, la sortie des traités à partir de la méthode plan A/plan B et avec le dumping social qu’ils permettent seront autant d’axes de réflexion. Quelles perspectives pour toutes celles et tous ceux qui bataillent depuis des mois contre la loi El Khomri et son monde ?

Engager la transition écologique de l’économie
La question écologique n’est pas un supplément d’âme que l’on inscrit au bas d’un programme. Engagés dans toutes les luttes écologistes, nous pensons que la transition écologique est non seulement nécessaire mais également le point central de notre projet du «bien-vivre».
Comment engager cette transition en matière énergétique, agricole ?

De nouveaux droits pour une nouvelle République !
Nous militons pour la 6eme République. La réinvention de notre cadre démocratique est indispensable. De nouveaux droits sont à inventer en termes de libertés, d’émancipation de la personne, dans un contexte marqué par l’enjeu de l’appropriation privée des données numériques et l’exigence d’égalité des citoyens.

Engager de nouvelles manières de militer
Il nous faut réinventer nos discours et nos façons de faire de la politique pour permettre l’émergence de cadres permettant l’implication large toutes et de tous. Des débats et formations pratiques se saisiront de cette question.

Rendez-vous à la fin de l’été à Toulouse !

Du 26 au 28 août à la faculté Jean Jaurès à Toulouse.

Pour télécharger les infos pratiques, clic sur l’image          RM 02

Lancer l’Aube insoumise

Une première assemblée citoyenne, histoire de lancer le mouvement…

L’invitation est ci-dessous. Si vous cliquez dessus, vous la téléchargerez en .pdf… Histoire de diffuser, si le coeur vous en dit !

La page facebook de l’Aube insoumise est ici  facebook

Ass cit - Invit 03 - affichette