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Sortir le PCF des « primaires » ? Des militants du PCF le demandent

Comme quoi le débat ne traverse pas que le PG !

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Depuis début janvier, unilatéralement, les premiers dirigeants du PCF ont décidé d’intégrer notre parti dans un processus de « primaires de la gauche et des écologistes » pour les présidentielles de 2017, suivant plusieurs appels émanant de personnalités diverses. Le secrétaire national à « ouvert la porte » du Parti à cette procédure. Le porte-parole du Parti participe aux réunions, à l’Assemblée nationale, du « Comité d’organisation de la primaire des gauches ».

Les « primaires » sont la caricature de la forme la plus discréditée de la démocratie bourgeoise et rejetée par les travailleurs en lutte. Nous ne pouvons pas laisser l’opposition qui monte, à travers le refus du projet de loi provocateur El-Khomri, contre la politique du gouvernement au service du patronat, être canalisé par les courants de la social-démocratie, du réformisme, de la collaboration de classe.

Nous faisons constater que cette position, qui engage profondément notre organisation, a été prise sans aucune consultation des communistes. A l’issue de la réunion du Conseil national des 16 et 17 janvier, aucune résolution n’a été adoptée. L’initiative des dirigeants n’a pas été validée. Après deux mois de faits accomplis et d’enflure médiatique, la direction a fait adopter par le CN des 5 et 6 mars une proposition de base de discussion pour le 37ème congrès du PCF qui inclut la démarche des primaires. Mais ce n’est pas une position décidée et valable aujourd’hui.

Il serait mortel pour notre parti que le congrès des communistes, les débats indispensables, entre eux, sur le bilan de la ligne du Parti depuis 2012, l’analyse de la situation et le projet communiste soient pollués, confisqués par l’option institutionnelle, politicienne des primaires, l’évolution des rivalités dans la « gauche » et son éternelle recomposition/décomposition.

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Adresse à propos des élections présidentielle et législatives de 2017

Ci-dessous l’adresse du Secrétariat National à tous nos partenaires, dans le cadre de l’élection présidentielle de 2017

La mobilisation monte dans le pays pour exiger le retrait de la loi travail. Le gouvernement est enfin placé sur la défensive. Tout se passe comme s’il s’agissait de la goutte d’eau de trop. Une victoire du mouvement aurait une grande importance. Elle pourrait améliorer le rapport de force au sein du pays en faveur de ceux qui proposent une autre politique, refusant la politique de l’offre et les logiques austéritaires.

Au même moment, un calendrier d’organisation d’une primaire « à gauche » vient d’être annoncé. Cette initiative, incluant des personnalités et des forces politiques dont celles qui gouvernent aujourd’hui, vise à construire une candidature unique au 1er tour contre la droite et l’extrême-droite.

Nous avons exprimé à plusieurs reprises notre opposition à cette initiative. Les prochaines échéances électorales doivent être l’occasion de proposer aux pays des projets politiques clairs. La construction d’une candidature unique, rassemblant les instigateurs de la loi El Khomri et ceux qui la combattent, les coutumiers du 49-3 et les partisans de la 6ème République, est tout simplement impossible. Et comment pourrait-il être envisageable de construire un projet commun avec ceux qui organisent la répression contre les travailleurs d’Air France ou de Goodyear, contre les opposants à l’aéroport de Notre-Dame des Landes ou les paysans de la Confédération Paysanne, ou encore ceux qui imposent la déchéance de nationalité pour les binationaux et l’état d’urgence permanent ? Quel compromis serait alors nécessaire pour masquer nos divergences de fond : la désobéissance aux traités européens, une 6ème République par la constituante, un partage des richesses qui oriente concrètement ces dernières vers les revenus du travail, une transition énergétique par la planification écologique qui tourne le dos au nucléaire et aux énergies carbonées ?

Nous savons que certains ont la conviction de pouvoir imposer dans ce cadre un débat et une ligne politique en rupture avec ces choix gouvernementaux. Mais nous la pensons illusoire. Bien sûr, de plus en plus de militants ou d’élus membres du Parti Socialiste sont en désaccord avec la politique menée. Bien sûr il faut débattre avec eux, mais le cadre de débat n’est jamais neutre. Et s’ils finissent par rompre pour de bon, il leur sera d’autant plus aisé de nous rejoindre que nous nous serons mis en mouvement sans attendre le bon vouloir et les injonctions à l’unité de façade de Cambadélis ou Cohn Bendit.

Car en acceptant le cadre de cette primaire la direction du Parti Socialiste cherche à imposer la candidature de François Hollande. Les récentes déclarations de Jean-Christophe Cambadélis en sont une nouvelle démonstration. Tout sera fait pour empêcher qu’émerge de ce cadre une candidature de rupture. Et le caractère censitaire de la primaire, bien mis en valeur en 2011, obère toute possibilité de couper la route dans ce cadre à François Hollande. Dès lors, cette tentative se refermera comme un piège. Cela permettra notamment au Parti Socialiste de reconstruire une photo de famille falsifiée d’une « gauche rassemblée », renforçant encore l’idée d’un « vote utile » déjà usée jusqu’à la corde lors des dernières élections régionales. Et en proposant, avec succès, de repousser en décembre la date d’une éventuelle primaire, il pourra de plus empêcher toute construction alternative d’ici à la fin de l’année 2016.

Nous refusons cette hypothèse terrible. Les primaires sont une impasse. Se réclamer d’un rassemblement de LA gauche au moment où le gouvernement a dénaturé toute référence aux valeurs de gauche est inaudible. L’espoir est ailleurs pour peu qu’on s’engage à le construire. L’heure est à fédérer le peuple autour d’un projet alternatif à la politique gouvernementale et non à prétendre unir un camp fictif qui inclurait F. Hollande et JL Mélenchon.

assembl_e_nationaleJean-Luc Mélenchon a proposé sa candidature. Sa proposition s’adresse à tous les citoyens, partis ou mouvements politiques qui veulent s’y atteler. Elle s’appuie sur un programme, l’Humain d’abord, élaboré par le Front de Gauche en 2012, pour l’actualiser et le compléter collectivement. Elle s’accompagne d’une plate-forme numérique pour permettre à chacun de contribuer à ce travail, et d’être acteur du processus, avant des rencontres dédiées. Elle vise la mise en place d’un mouvement et d’une assemblée représentative pour permettre la représentation de chaque participant, membre ou non d’une force politique. Elle suggère enfin de lier dans une même démarche les élections présidentielles et législatives.

A nos partenaires du Front de Gauche, nous disons : c’est là l’occasion de dépasser positvement ce que nous avons bâti ensemble. Nous avons tiré les bilans depuis 2012. Nous avons constaté qu’à être resté un cartel de partis, le Front de Gauche a perdu sa dynamique. L’engagement récent du PCF, puis d’Ensemble (en tant qu’observateur avant d’annoncer leur retrait), dans le processus des primaires a gelé le Front de Gauche, rendant impossible son expression politique commune et autonome, et causant aussi le retrait de l’une de ses composantes, le PCOF.

Il est temps de repartir de l’avant dans la construction d’une alternative politique.

C’est pourquoi nous nous adressons à toutes les forces politiques que nous avons rencontrées ces dernières semaines ou que nous rencontrerons prochainement : forces politiques du FDG, EELV, ND, NGS, Mouvement Commun, Voix de Gauche, NPA, POI, et autres organisations et courants politiques qui se sont ces dernières années opposés à la politique gouvernementale

Un mois après son lancement, la proposition de Jean-Luc Mélenchon a rassemblé pas loin de 80 000 signatures. C’est un succès. Près de 800 groupes d’appui se sont déjà créés sur tout le territoire, regroupant citoyens dont c’est le premier engagement comme militants venus de tous les horizons : communistes, autogestionnaires, écosocialistes. Déjà, autour de cette proposition, se met en place une dynamique populaire qu’il est nécessaire d’amplifier. Nous pouvons y contribuer.

C’est pourquoi nous vous proposons, à ce stade, de constituer ensemble un comité de liaison des forces politiques soutenant cette proposition. Chacun-e de nos forces pourrait ainsi immédiatemment contribuer à la construction et à la réussite de cette campagne.

L’adresse sur le site national

Les lundis de gauche : porte ouverte sur 2017

On sait bien que les positions du Parti de Gauche, qui soutient l’initiative www.jlm2017.fr pour la future élection présidentielle, reposent sur une stratégie différente de celles proposées par nos camarades des autres formations du Front de Gauche.

Le PCF, pour sa part, dans la perspective d’une primaire de la gauche de la gauche, a lancé une série de débats visant à poser les limites d’un socle commun, qui définirait le périmètre de cette primaire.

Sans revenir sur le fond du débat (le PG est opposé au mécanisme des primaires), il n’en reste pas moins que les débats mis en place apportent des idées intéressantes…

Sur cette page, nous aborderons, au rythme où nous aurons le temps de les voir (entre mobilisation pour les Goodyear, contre la loi travail et pour défendre les emplois dans le département… les militant(e)s  mériteraient des journées  de 48 heures !) et dans le désordre de nos coups de coeur, ces différents débats.

Celles et ceux qui piaffent d’impatience peuvent aller directement sur la page du PCF : Les lundis de gauche.

Soirée 2 : avec Bernard Thibault et Caroline de Haas

Un petit commentaire : Encore une fois, une parole masculine qui s’étend, se dilate, contraignant Caroline de Haas à une parole resserrée, sans doute trop rapide. Ceci dit, l’éclairage international donné par Bernard Thibault sur les questions sociales est juste passionnant, et souligne l’enjeu qu’elles représentent pour la gauche française. Caroline de Haas montre la sincérité de son appel, fondé sur la colère : la pertinence est moins évidente. On comprend bien le souci de Pierre Laurent de ramener cela à la réflexion du PCF, mais c’est souvent un peu long et terne… Tant qu’à libérer le débat, faut-il nécessairement les conclure par les paroles des ténors politiques ? (Et tout un chacun qui remarquerait que cela vaut aussi pour JLM n’aurait sans doute pas tort !)

Candidature JLM : le mérite d’ouvrir des clarifications

Humain d'abord« A juste titre la proposition de candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle de 2017 provoque des réactions diverses et contradictoires. Partageant le même programme et les mêmes objectifs pour notre pays en étant membre du même parti politique que lui, je soutiens sa proposition de candidature. Mais à ce stade je n’en fais pas la candidature obligatoire et idéale de la (vraie) gauche. C’est pourquoi je vais tenter ici, non pas de la justifier en tant que telle, mais de pointer des clarifications que sa démarche a au moins le mérite d’ouvrir. »

Lire la suite de cette tribune sur le blog de son auteur, un camarade de Haute-Marne : Citoyen Daniel Monnier

2017 : L’alibi du Programme d’abord

Martine Billard                                                                                               Une tribune de Martine Billard, secrétaire de la commission Ecologie du PG, (visible avec les commentaires sur son blog)

Lorsque la période politique est difficile, les réponses complexes, et que la mobilisation se fait désirer, nous avons tous tendance à tomber dans des discours plus creux et plus ampoulés les uns que les autres et à user sans modération de la langue de bois.

Ainsi en ce moment dans « l’autre gauche », il faut organiser du débat et de préférence un Grand débat sinon cela ne fait pas crédible. Vous avez déjà vu quelqu’un annoncer qu’il va organiser un petit débat ? Ensuite il faut prévoir des réunions, par centaines pour que cela fasse sérieux. Et ouvertes évidemment. Et pour décider quoi ? Pour discuter programme. Il faut débattre du programme en premier nous assène-t-on. Bon, mais dans quel but ? Pour définir un programme pour la présidentielle. Mais la présidentielle, avec qui, a-t-on envie de demander tout de suite ? Halte-là pas d’exclusive, nous répond-on. Le Programme, c’est fondamental.

Donc en 2012 Hollande a porté le programme du PS dans sa campagne présidentielle ? Et une fois élu, il a respecté le programme qu’il avait défendu dans sa campagne ? Il a fait la guerre à la finance, renégocié le traité européen, fermé la centrale nucléaire de Fessenheim, fait adopter le droit de vote pour les résidents étrangers etc. Non ? Passons à autre chose, l’échéance de 2017 se profile à l’horizon. Marine Le Pen peut être au second tour de la présidentielle, il faudrait donc oublier tout le reste, tous unis contre le FN. Surtout ne discutons pas du bilan de ce gouvernement, des positions assumées dans leur immense majorité par les parlementaires PS. Reconnaissons, comme nous y invite Guillaume Balas, député européen PS « frondeurs », lors des lundis du PCF, que la réorientation de la politique gouvernementale pour laquelle il s’est battu en croyant pouvoir gagner, a raté. Mais continuons quand même car nous dit-il «si on recrée du débat et de la confrontation programmatique, on crée les conditions pour faire battre les orientations du gouvernement». Là on se demande s’il est naïf ou s’il fait semblant d’y croire faute d’oser franchir le pas de la rupture. Et donc sa conclusion est logique «A la droite du PS, beaucoup de gens considèrent que nous avons peur de les affronter et que nous n’aurons jamais le courage de les inclure dans un champ démocratique pour les battre. Si aucun candidat issu du PS n’est acceptable et que le président de la République n’a pas à en faire partie, le processus de primaire sera très vite minorisé». Donc résumons, il faut une primaire avec Hollande pour le battre.

Ce à quoi P. Laurent répond «François Hollande dans la primaire, ça n’existe pas. La question, c’est est-ce qu’un processus qui s’émancipe de ce chantage se construit et permet de mettre en dialogue tous ceux qui sont à la recherche d’un nouveau projet de gauche». Et donc logiquement une délégation du PCF avec à son tête son porte-parole participera à la réunion d’organisation de la primaire demain jeudi aux côtés des représentants de la direction du PS ! Vous n’y comprenez plus rien ? Pas grave, il faut discuter du programme avant tout.

On peut aussi citer le communiqué du PCF de Montceau-les-Mines comme un exemple éclairant de l’art de la contorsion en politique : « L’objectif serait donc que tous les partis et organisations de gauche s’entendent pour désigner comme candidat une personnalité ayant clairement manifesté son désaccord avec la politique actuelle et qui pourrait rassembler un très large éventail des voix de gauche.  L’idée d’une grande primaire à gauche, « une primaire des gauches et des écologistes » n’est donc pas forcément à rejeter«. Donc le PS, qui a très majoritairement apporté son soutien à ce gouvernement, désavouerait le président sortant dans une primaire ?

Mais puisqu’on vous dit que le principal c’est le programme ! C’est la tentative désespérée de Bob Injey, membre de la direction du PCF et que j’ai appris à apprécier dans les réunions de la coordination du FG, qui essaie de nous en convaincre http://www.nice-premium.com/politique,3/robert-injey-pcf-sommes-nous-condamnes-au-pire,18427.html 

Mais au fait en 2006, les Comités unitaires antilibéraux (CUAL) avaient bien adopté les 14 et 15 octobre un programme commun à l’ensemble des forces participantes. Huit candidats s’étaient déclarés pour participer à une primaire. Et on sait comment tout cela s’est terminé : tout a explosé avec au final 3 candidats MG Buffet pour le PCF (1,93%), O. Besancenot pour le NPA (4,08%) et J. Bové (1,32%) pour les collectifs restants. Beau résultat du programme d’abord et de la primaire incontournable !

Un programme tout beau, tout neuf donc discuté entre PS, PCF, EELV, Nouvelle Donne et des intellectuels qui avaient quasiment tous soutenus Hollande au premier tour en 2012. La politique de ce gouvernement n’est pas supportable, mais on va discuter avec eux pour faire un autre programme pour 2017 ! Qui peut croire un pareil conte ? Et qu’en pensent les militants de ces différentes forces politiques ? Au PS les départs se poursuivent. EELV allume des bougies pour convaincre N. Hulot de se présenter, pas tellement pour l’écologie, mais pour ne plus avoir à se poser la question de quoi faire en 2017.

Quant au PCF, interrogé sur la déclaration de Jean-Luc Mélenchon proposant sa candidature, Olivier Dartigolles, le porte-parole, indique que cela n’a été «ni décidé, ni discuté» en commun. Ah tiens, et la participation de O. Dartigolles au comité organisateur de la primaire au côté du PS a donc été discutée et décidée en commun avec les autres forces du Front de Gauche, sans parler des militants du PCF puisque le congrès est en juin et qu’en attendant nombreux sont ceux qui protestent énergiquement, mais hélas pour eux, sans grande conséquence ? Sa déclaration comme tête de liste aux régionales ainsi que celles de Nicolas Sansu dans le Centre ou Pierre Laurent en IDF, c’est bien connu, avaient été décidées en commun au sein du FG ? En fait sa conception de la décision en commun c’est la direction du PCF décide et les partenaires applaudissent.

Imaginez un seul instant que le candidat du FG en 2012 ait été membre du PCF et ait atteint les 11%. Croyez-vous que ensuite tout aurait été fait pour l’effacer ? Que aujourd’hui le PCF ne nous expliquerait pas que c’est le meilleur candidat ?

L’article du journal l’Humanité de ce mercredi est lui aussi très significatif d’un moment où les mots ne veulent plus rien dire : «La primaire de l’alternative se précise». Ainsi aller dans une primaire avec les tenants de la politique gouvernementale serait construire une alternative ? Six ans de construction du Front de Gauche, un refus à juste titre de participer au gouvernement en juin 2012, une critique acérée, continue et allant crescendo des politiques menées par Hollande. Tout ça pour ça : pour construire un programme avec ceux qui gouvernent ? Nombreux sont ceux qui regardent sidérés cette situation, qui se pincent pour s’assurer qu’ils ne rêvent pas. Hélas, non, le cauchemar est bien là.

La direction du PCF a pris la décision d’en finir avec le Front de Gauche pour revenir à un rassemblement avec le PS sans distinction malgré les tentatives d’habillage, sous prétexte de risque FN. Or certes, le risque existe que M. Le Pen soit présente au second tour de la présidentielle. Mais faut-il pour autant abandonner tout combat 14 mois avant ? Comment peut-on faire croire à ce tour de passe-passe consistant à renverser la question : discuter programme avant de poser la question pourquoi faire ?

Et d’abord le Front de Gauche a un programme qui a réuni 4 millions de votes en 2012. Certes il est imparfait, daté, a besoin d’être révisé mais pourquoi le faire passer à la trappe, puisqu’il a été discuté et adopté en commun au sein du FG comme dirait O. Dartigolles. C’est d’ailleurs pourquoi en se déclarant disponible pour être candidat Jean-Luc Mélenchon repart de ce programme qui est notre bien commun et propose de l’actualiser et de l’enrichir.

Alors oui, la proposition de candidature de Jean-Luc Mélenchon est dans le prolongement du Front de Gauche, par la référence à son programme l’Humain d’abord, n’en déplaise à André Chassaigne et par son contenu : le refus de la soumission au système, la lutte contre la finance, pour l’égalité, pour une autre répartition des richesses, pour la défense de notre écosystème, pour une France de paix. Aujourd’hui, nous dit Olivier Dartigolles, dans l’Humanité du week-end, «il y a un risque réel que l’idée même de gauche, du partis pris de l’émancipation, du progrès disparaisse». Hélas oui, parce que la notion de gauche aura été totalement avilie par ce gouvernement et la direction du PS. C’est bien pourquoi, en proposant de débattre avec la direction de ce parti on aggrave encore un peu plus le discrédit du mot gauche tel qu’il se développe aujourd’hui dans notre pays. L’unité dans la confusion n’amène qu’à plus de confusion et au final à la division. Pour que la lutte pour l’émancipation ne disparaisse pas, l’heure est maintenant à la clarté, à l’affirmation qu’il reste des insoumis qui ne se résignent pas à passer les plats à ceux qui viennent de discréditer l’idée de gauche pendant près de 4 ans.

Martine Billard

"Il faut choisir : se reposer ou être libre" (Thucydide, par Castoriadis)