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PCF mode d’emploi

Conférence de presse du PCF, analysée par François Coq… tribune que l’on peut aussi lire sur son blog.

De quoi se poser bien des questions, et relever l’impérative nécessité de construire un rassemblement qui se soucie des gens et non des écuries électorales.

Laurent DartigollesLe secrétaire national du parti communiste français Pierre Laurent et son porte-parole Olivier Dartigolles avaient appelé ce lundi 16 janvier une conférence de presse dans les sous-sols de la place du Colonel Fabien pour parler des législatives. Plus que la mise en scène publique de désaccords qui nuisent à la dynamique de campagne, les observateurs attentifs attendaient des
éléments nouveaux de discussion sur le sujet. Au temps pour eux. L’absence d’avancées et de prise en compte de l’existant les laisse dans la perplexité.Force est tout d’abord de constater que des appréciations différentes subsistent sur l’analyse de la situation et la capacité à y faire face. Ainsi quand Pierre Laurent affirme : « Nous croyons aux coalitions qui nous rendent plus fort », il y a là manifestement une analyse différente sur les méthodes pour mettre en mouvement le peuple dans la période, la juxtaposition des sigles n’apparaissant pas du côté de la France Insoumise comme le préalable nécessaire à la construction de majorités sociales et politiques.
Il y a de la même manière une appréciation très différente de la jonction entre l’élection présidentielle et l’élection législative. Pour la France Insoumise, ces deux élections relèvent d’une même démarche et d’une même cohérence quand Pierre Laurent est au contraire venu présenter le « programme de gouvernement et de mandature du Parti Communiste Français » intitulé « La France en commun ». Ce programme, qui vaut engagement pour les candidat-e-s estampillés PCF lors des législatives, est une surprise pour la France Insoumise. Celle-ci n’a en effet eu de cesse de proposer jusqu’au mois d’octobre au PCF de participer à l’écriture collaborative du programme L’avenir en commun. Ce programme est, depuis la convention de Lille au cours de laquelle il fut adopté, celui de la France Insoumise, de ses candidat-e-s aux législatives et de son candidat à l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon. Quelle surprise donc de voir fleurir en ce début d’année un opuscule différent, tiré si l’on a bien compris des questionnaires que le PCF a fait circuler.
Or ce n’est pas tant l’objet que la nature de ce document qui pose un problème politique : les candidats du PCF sont en effet appelés à se revendiquer pour leur action future de La France en commun et c’est tout à leur honneur que de s’engager sur des éléments concrets et factuels. Mais il est tout aussi évident que ce programme diffère de L’avenir en commun qui lui engage la France Insoumise, ses candidat-e-s aux législatives et son candidat à l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon. Là où les candidat-e-s de la France Insoumise auront pour eux la cohérence de la démarche entre l’élection présidentielle et l’élection législative, articulées autour d’un même programme, les candidats communistes, comptables eux-aussi devant les électrices et les électeurs, porteront un engagement différent de celui qui aura suscité une dynamique populaire lors de l’élection présidentielle dans laquelle ils prétendent pourtant s’inscrire en soutenant la candidature de Jean-Luc Mélenchon.
Dès lors, Pierre Laurent se trompe lorsqu’il déclare que « les candidatures peuvent être soutenues, par le PCF, par FI et par d’autres…Pourquoi faire de la signature de la charte un préalable ? ». Et bien justement parce que c’est cette charte (http://www.jlm2017.fr/charte_legislatives) qui est le garant de cette cohérence politique, c’est elle qui engage celles et ceux qui la signent à « faire campagne sur le même programme national : « L’avenir en commun » ». C’est la signature de cette charte qui garantit pareillement le lien entre le dialogue populaire de la campagne et les actions à engager après l’élection. Refuser le principe de la charte, c’est nier la démarche de la France Insoumise et lui refuser le droit de porter une construction démocratique originale qui cherche à résoudre ce hiatus entre le rejet de la politique et la nécessité de réhabiliter la souveraineté populaire.
Le refus de principe de la charte ne tient donc pas face aux arguments politiques. C’est donc qu’autre chose bloque sur la charte elle-même pour la direction communiste. Mais quoi ? Si l’on peut regretter que le PCF n’ait pas souhaité s’inscrire dans le cadre de l’espace politique de la France politique où s’est notamment discutée cette charte il y a trois mois, il faut également convenir que la conférence de presse de ce lundi n’a pas fourni plus d’explications ce qui ne facilite pas la discussion. Le problème est-il financier ? La charte a pourtant était construite de manière à ce que cette question ne puisse gêner personne. Elle demande en effet de « se rattacher à l’association de financement « La France insoumise » lors du dépôt de candidature, ce qui inclut la possibilité d’accords de reversement entre cette association de financement et les candidats ou le groupement politique particulier qu’ils désigneront pour la première comme pour la seconde fraction du financement public ». Autrement dit chaque candidat-e sera libre de désigner à qui il souhaite reverser l’ensemble du financement public qui sera lié à son élection. Pas un centime ne manquera à l’appel. Cet argument tient d’autant moins que le système a été éprouvé : c’est en effet ce qui a été mis en place en 2012 entre diverses organisations du Front de Gauche sans bien évidemment qu’il y ait le moindre problème. De la même manière, est-ce la discipline de groupe ponctuelle qui est demandée aux futurs parlementaires qui pose problème ? La formule de la charte qui demande à « respecter la discipline de vote du groupe lorsqu’une décision collective a été prise conformément au programme l’Avenir en commun » semble bien le moins qui puisse être fait. Chacun sait que la loi protège les parlementaires et nul ne peut leur imposer des choix contraints. Il leur est demandé ici de s’engager devant les électeurs à porter et défendre les éléments programmatiques structurants de L’Avenir en commun. Mais bien sûr de fait si les élu-e-s se référent à un autre programme…
Ce contre quoi la charte lutte par contre, c’est l’invisibilisation du mouvement populaire qui se construit autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. En 2012, les candidats PCF représentaient 80% des candidats du Front de Gauche aux législatives qui ont suivi la présidentielle. La valse des étiquettes a fait que ceux-ci prenaient alors l’étiquette PCF, tandis que le reste du Front de Gauche prenait des étiquettes différentes. Au final, tout le monde était perdant. Le Front de gauche qui ne pouvait pas comptabiliser l’ensemble des siens et apparaître comme un acteur de la séquence électorale qui s’ouvrait ; les membres du Front de gauche non-issus du PCF qui voyaient le total de leurs voix (acquises donc sur 20 % des circonscriptions) être ramené à l’ensemble du corps électoral national et donc réduites à la portion congrue ; et même le PCF qui souffrait dans une moindre mesure (du fait des 80% des candidat-e-s qu’il avait imposés alors) de ce biais dans le calcul. La charte anticipe cet écueil dont joue le système d’élection en élection pour effacer ce que nous sommes du paysage politique en demandant de « se rattacher à l’étiquette politique « La France insoumise » lors du dépôt de candidature afin de participer à la totalisation des voix au niveau national ». Rien de plus simple.
La charte est un marqueur politique qui a déjà été largement accepté. Non seulement les candidat-e-s investis pour l’heure par la France Insoumise dans les quelques 300 circonscriptions l’ont signée. Mais toutes celles et ceux qui les ont désignés se sont aussi liés à eux par cet engagement en paraphant le document lors des plus de 700 réunions qui ont eu lieu le 10 décembre et le 10 janvier. Ceux-là, pas plus que les candidat-e-s communistes investis par la France Insoumise en ayant signé la charte, ne peuvent se voir demander de modifier les règles qui fondent le projet de révolution citoyenne qui est à l’oeuvre.
Après avoir initié son processus d’investitures dès la rentrée de septembre, le conseil national du week-end dernier du PCF a donc désigné 253 candidat-e-s sur des bases différentes. La France Insoumise avait bien dû prendre acte dès la rentrée de septembre du lancement de ce processus au sein du PCF. Et à moins de changer la nature du projet qui la fonde, FI avait donc initié elle-même à partir du mois de novembre ses propres investitures. Celles-ci, issues des remontées et propositions des assemblées de circonscription et soumises au travail d’un comité national législatif qui veille à assurer la parité et une cohérence et une diversité des candidatures, sont ouvertes à toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans la charte et qui l’approuvent. La convergence, on l’a vu, ne peut être le fruit d’un échange d’étiquettes car celles-ci recouvrent des spectres politiques non superposables. Pas plus qu’elle ne peut s’effectuer sur la base d’héritages politiques considérés comme un privilège léonin. Le PCF est soucieux des circonscriptions où il a des sortants ? Cela s’entend. Mais les situations ne peuvent se résoudre par la mise au pied du mur et le fait du prince déconnecté de toute considération politique. Encore moins par la menace comme lorsqu’André Chassaigne avait lancé en fin de semaine dernière : « Tout cela crée un trouble terrible. Ça pourrait avoir énormément de retombées pour la campagne de Mélenchon, dont les conséquences sont, selon moi, sous-estimées par son équipe ».
L’objet de la discussion est du début à la fin politique. Il est dommage qu’il demeure évanescent et soit travesti derrière des attaques ad hominem comme ce lundi où Pierre Laurent et Olivier Dartigolles ont préféré charger Jean-Luc Mélenchon pour mieux essayer d’agréger autour d’eux et face à lui leurs militants : « Nous ne croyons plus à la centralité politique », « nous voulons une campagne de propositions et non hyper-présidentialisée », « la politique ce n’est pas une affaire de supporters, c’est une affaire de citoyens » ou même un mesquin «Avec quelle majorité le Président Jean-Luc Mélenchon pourrait-il gouverner ? ». Pour le plaisir d’une bonne phrase, ces méthodes affaiblissent le projet que nous portons. Sans compter les atermoiements d’un Olivier Dartigolles venu une fois encore affirmer aux côtés de Pierre Laurent que le PCF « serait très attentif au résultat de la primaire ». Le même de venir ensuite comme toujours faire le service après-vente du PS et nous expliquer qu’il s’agit d’un évènement politique dont il faut tenir compte et auquel il faut même apparemment rendre une centralité … alors même que l’inutilité de cette primaire et d’une candidature issue du PS est en train d’infuser dans l’opinion. Merci pour le coup de main. Sauf à ce qu’Olivier Dartigolles entretienne volontairement le doute pour préparer une échappatoire socialiste pour le PCF ? C’est naturellement ce que les journalistes en ont déduit puisque c’était fait pour, comme Sophie Delpont de France Culture qui a bien compris le message et qui s’est empressée de twitter : « Potentiel ralliement ? Abandon de JLM ? ». La volonté d’affaiblir la candidature de Jean-Luc Mélenchon n’a décidément d’égal chez Olivier Dartigolles que son aspiration profonde à être la bouée de sauvetage du PS…
Sur le fond, il n’y avait donc rien qui n’ait été dit au préalable dans cette conférence de presse. Le PCF annonce qu’il refuse la charte ? Les choses avaient été déjà été dites dans les médias. Sans doute la France Insoumise serait-elle instruite de savoir pourquoi si les choses lui étaient dites de vive voix mais au moins avait-elle déjà dû en prendre acte. Le PCF annonce 253 investitures aux législatives et souhaite présenter des candidatures issues du PCF dans toutes les circonscriptions ? Effectivement, Pierre Laurent s’en est ouvert toute la semaine passée. Le PCF a son programme pour les législatives ? Oui, c’était l’objet des vœux de son secrétaire général lundi dernier. Pierre Laurent confirme ce lundi que « les candidatures ne passent pas par des accords mais par un travail de terrain fait par les femmes et les hommes de gauche » ? Il répète depuis octobre son refus d’un accord national…. Aucun élément nouveau de discussion qui puisse permettre d’avancer n’a été mis sur la table lors de cette conférence de presse. Voilà qui à défaut de mode d’emploi plonge pour le moins dans la perplexité.

Débat mérite raison

Dans la tourmente des rumeurs et des petites phrases, nous préférons vous proposer ci-dessous une analyse du vote de la convention PCF par François Coq… tribune que l’on peut aussi lire sur son blog.

urrneLa conférence nationale du PCF a voté ce samedi 5 novembre. Elle a privilégié pour la présidentielle le choix d’une candidature communiste au rassemblement avec Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise. Tout en votant à côté de cela une résolution faisant du « rassemblement » son « fil conducteur », selon les termes de son secrétaire national Pierre Laurent. Dont acte donc. Il est pour autant permis de s’interroger sur le sens et donc le genre de décision dont il s’agit là.

Je me le permets car celles et ceux qui sont engagés dans la France Insoumise sont intéressés au résultat, quel qu’il soit. De longue date en campagne et sur le terrain pour se confronter à la droite et à l’extrême-droite, ils doivent en effet gérer au mieux les atermoiements, les croche-pieds et les rebuffades de la direction du PCF et les dépasser pour continuer à amplifier la dynamique autour de la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Les décisions adoptées ce week-end par le PCF méritent donc de leur part quelque attention et un examen factuel de manière à pouvoir continuer à accomplir au mieux leur tâche.

N’en déplaise à Pierre Laurent, le fil conducteur de la résolution du PCF n’est pas le rassemblement mais la centralité accordée à la primaire du Parti Socialiste. En effet, quel que soit l’option retenue dans la résolution qui a été adoptée, celle-ci est renvoyée au résultat de la dite primaire. L’option 1 (candidature Mélenchon) est placée sous la tutelle d’un « tout en poursuivant leurs efforts pour une candidature commune ». Pierre Laurent était plus précis encore le jour même du vote sur les antennes de RTL : « [La victoire de Montebourg à la primaire du PS] serait un évènement tout à fait nouveau. Jean-Luc Mélenchon et Arnaud Montebourg devraient alors discuter ensemble ». Autrement dit l’élément qui déclencherait le rassemblement suggéré serait la primaire du PS. C’est donc elle qui dicterait le calendrier. Mais en se plaçant dans une telle configuration où l’attente d’une victoire Montebourg n’est pas un élément supplémentaire de discussion mais un point de départ, qui ne voit pas que ce qui est dessiné en creux est le fait de mettre au pas la candidature Mélenchon, et donc dans ce cas celle ces communistes avec, et de la placer sous la bannière de l’ancien ministre de Manuel Valls et François Hollande ?

Il n’en est pas autrement si c’est l’option 2 (candidature PCF) qui l’emporte : « cette candidature pourrait, si la situation l’exige, sur la base d’un accord politique et après consultation des adhérent-e-s, se retirer au profit d’une candidature commune d’alternative à l’austérité telle que nous le proposons ». Pourquoi le Parti communiste s’auto-limite-t-il de la sorte en rendant chacune de ses décisions dépendante du PS ? Quand cessera donc ce syndrome de Stockholm qui le paralyse ? Car assujettir aujourd’hui encore sa décision au calendrier de la primaire socialiste, c’est entériner l’idée que le PCF restera dans le giron du PS.

Logiquement, le calendrier en découle. Si la résolution fait ainsi état de « s’engager sans attendre autour d’une candidature », c’est pour mieux préciser « Cet engagement n’est pas le terme de nos efforts de rassemblement ». Et le texte de ne fixer désormais aucune limite, pour « continuer d’agir jusqu’au bout pour parvenir à une telle candidature commune,[tendre] la main et [poursuivre] le dialogue avec toutes ces forces jusqu’au dépôt des candidatures à l’élection présidentielle, pendant et au-delà des échéances de 2017.» Vous avez bien lu : le calendrier ne court plus « seulement » jusqu’à la primaire du PS du 29 janvier mais désormais jusqu’à la mi-mars. Voilà donc un texte qui proclame d’un côté entrer en campagne, mais qui de l’autre empêche d’exister la candidature qu’elle est censée promouvoir ! Notez d’ailleurs que cette immobilisation atteindrait aussi bien une candidature Mélenchon qu’une candidature communiste, en la suspendant jusqu’au bout à un éventuel désistement. Allez donc faire campagne avec une telle perspective et un tel boulet accroché aux pieds ! Et comme le ridicule ne tue pas, notons que, alors même que la phrase traite de la désignation du candidat, il est question du « pendant et au-delà des échéances de 2017 ». Tout cela n’est donc pas sérieux.

Les bases programmatiques ont-elles alors été débattues avec plus de rationalité ? Ce travail comparatif minutieux a-t-il été effectué pour jauger de L’avenir en commun, le programme de La France Insoumise qui, issu de l’Humain d’abord, reprend 80% des conclusions de la consultation Que demande le peuple lancée cet été par le PCF ? Ou alors les perspectives d’un travail commun avec Arnaud Montebourg, puisqu’il s’agit bien de lui sur lequel lorgne la direction du PCF, ont-elles été mises en regard ? Si oui sur quelles bases ? Celles d’un programme commun comme en 81 ? Où est-il ? Celles de simples accords programmatiques ? Et si oui lesquels ? Ceux issus des propositions exprimées par Arnaud Montebourg dans le JDD le dimanche qui a précédé la conférence, quand le candidat PS refusait toute augmentation du smic et des salaires sauf à les lier à un impossible accord européen, ou lorsqu’il proposait un code du travail spécifique pour les PME négocié branche par branche ? Ou est-ce la privatisation qu’il souhaite engager du parc HLM qui attire à ce point les communistes ? Car qu’une candidature issue du parti communiste soit considérée plus pure au regard de la doxa du parti que la candidature Mélenchon, cela peut s’entendre. Mais enfin si cette candidature a vocation à s’effacer derrière une candidature issue de la primaire du PS, le fond mérite sans doute d’être examiné avec un tant soit peu de précision non ?

La charte proposée par la France Insoumise a également suscité nombre de réactions de rejets. Pour autant, beaucoup de ce qui a été entendu relevait de la propagande malveillante appuyée sur des medias qui ont tout au long des dernières heures ont cherché à envenimer les débats en colportant de fausses informations. Ainsi, l’article du Figaro faisant état que « les aspirants députés devront affirmer, par la ratification de ce texte, leur soutien sans appel au candidat de la présidentielle, une adhésion à son programme l’Avenir en commun, le versement d’une cotisation à l’association de financement de la France insoumise et l’engagement de reconnaître les assemblées citoyennes locales » a été largement relayé et commenté lors de la conférence. Mais chacun jugera qu’une telle description n’a rien à voir avec le document mis en ligne en amont de la conférence par la France Insoumise. La discussion mérite mieux que des caricatures.

Il y a eu beaucoup de passionnel ce week-end. En amont de la votation, mais aussi après quand les dirigeants ont cherché à masquer la crise suscitée par ce vote en se servant de Jean-Luc Mélenchon comme d’un défouloir et en espérant que la cristallisation fasse oublier le reste. Ce n’est pas raisonnable. Ce n’est pas raisonnable, à moins de craindre le changement et la transformation radicale de la société, de chercher à affaiblir notre camp, celui de la Raison avec un grand R, au moment même où cette perspective est enfin à portée de main et où nous sommes en passe de le positionner aux avant-postes pour devenir le vote utile pour battre la droite et l’extrême-droite. Certains en ont déjà tiré les conséquences, au nom de cette même raison. Ainsi, ce lundi dans Le Parisien Christian Favier, président PCF du conseil départemental du Val-de-Marne et sénateur lâchait : « A l’évidence, Jean-Luc Mélenchon est un candidat bien inscrit dans le paysage. La position de raison, c’est de lui apporter un soutien tout en apportant dans la campagne nos propres propositions. ». La raison est nécessaire pour que le résultat du vote des 24, 25 et 26 novembre, quel qu’il soit, puisse être entendu et compris de tous au-delà des seuls adhérents du PCF.

Conférence de Stathis Kouvelakis

[l-events-calendar calendarcolor=’#ff3d00′ displayimage=’true’ category=’manifestation’]LÉclairCit  et le collectif de soutien au peuple Grec-Aube organisent conjointement une conférence de Stathis Kouvelakis sur la situation de la Grèce face à l’austérité imposée par la Troïka (Commission européenne, Banque Centrale Européenne et FMI)

24 novembre 2016 à 18h30
Maison des associations
63, avenue Pasteur à Troyes
 

Cette conférence, suivie d’un échange avec la salle, sera l’occasion d’avoir un éclairage approfondi sur cette Europe du mépris des peuples. Peuples, comme le rappelle régulièrement Stathis Kouvelakis, qui lui ont pourtant témoigné à maintes reprises leur désaccord lors des référendums populaires.

Editorial : Confusion des genres… (marche de soutien à l’usine Allia)

michel-5Michel Bach

Co-secrétaire départemental

Ce fut une manifestation difficile… au point que certains camarades ont, le coeur lourd, préféré s’abstenir, après avoir fait le déplacement…

Comment en effet soutenir la mobilisation de salariés quand la marche qu’ils organisent rassemble élus de droite… et d’extrême-droite !

On peut penser après tout que l’émotion, le souci de l’autre, la volonté du bien-être collectif (après tout les raisons d’être de l’action politique) devraient l’emporter sur les clivages partisans… Mais faut-il pour autant oublier que la situation dramatique dans laquelle se trouvent les salarié(e)s d’Allia est le résultat des politiques menées par celles et ceux qui arboraient leur bannière tricolore comme seul argument ?

Qu’avons-nous entendu en effet ?

une conseillère générale qui nous a annoncé que l’on se réunissait beaucoup : pour quoi ? quelle proposition concrète ?
un vice-président de région se gargarisant d’une région de cinq millions d’habitants, donc  avec qui le groupe Geberit allait devoir compter … Ne s’est-il pas rendu compte, ce cher monsieur, que le premier résultat évident pour cette ACAL qui le fait encore plus baron qu’hier, c’est la prédation d’Alstom au détriment d’une autre région de France ? Plus besoin de délocaliser au Portugal, en Pologne ou en Chine… Nos oligarques vont pouvoir jouer des muscles entre eux, mais c’est le peuple de France qui sera KO.
un député qui fait mine de découvrir le monde, en se demandant comment il est possible qu’on ferme une usine rentable, qui «n’est pas là pour faire un discours politique», mais qui n’hésite pas à ratisser à tout vent en mettant l’humain au centre de l’action politique, en se faisant un ennemi personnel d’un ministre (ça vous pose un homme) et enfin en enchaînant une longue tirade sur les faiblesses structurelles de l’Europe !

Cette Europe-là dont les Français n’avaient pas voulu en 2005 et que Monsieur Sarkozy a réintroduit par la petite porte avec le traité de Lisbonne… l’Europe du dumping social et de l’austérité…

Mais le mieux, c’est que ce monsieur-là, en plus d’être député, est philosophe, et en grec s’il vous plaît… Ainsi de voir dans cette situation une manifestation de ce que les anciens Grecs appelaient hubris (*)… On se serait volontiers contenté de «démesure», et on aurait surtout voulu que ce grec-là ne cache pas l’absence d’une analyse économique…

Car Allia, c’est le monde du capitalisme sans limite, celui de la loi travail qui aurait dispensé le groupe Geberit de créer les difficultés économiques de l’entreprise pour justifier son plan de licenciements…

Car Allia, c’est le monde du capitalisme mondialisé, qui transporte à tout va au détriment de la planète, au mépris de l’intérêt bien compris de l’humanité…

A cette frénésie, nous voulons, avec Jean-Luc Mélenchon, imposer le temps long de l’humanité, et arrêter la course à la spéculation : c’est pourquoi nous voulons «diminuer, à l’intérieur de l’entreprise (…) les droits et les pouvoirs de vote [des actionnaires] qui ne prennent pas d’engagements sur la durée de leur placement.» (Des paroles et des actes, 25 avril 2016)  et empêcher les licenciements illégaux par un droit de veto suspensif des comités d’entreprises.

A ce grec poussiéreux, langue morte de cuistre en goguette, on préférera la réponse de nos amis Grecs d’aujourd’hui : solidarité (*) dans la crise qui les submerge et dont sont responsables les Monsieur Dhuicq et consorts, même avec celles et ceux qu’une Europe riche se refuse d’accueillir…
C’est de cette solidarité là, celle du peuple en lutte, dont les salariés d’Allia ont besoin.

(*) ϋϐρις, αλληλεγγύη

Les dix premières mesures de JLM à l’Elysée

Invité d’On n’est pas couché, Jean-Luc Mélenchon a donné les 10 premières mesures qu’il mettrait en place s’il arrivait à l’Éysée. À écouter et à partager !

Mandres : l’ANDRA oublie le droit et choisit la violence !

Quelques photos rapportées par nos camarades, après gazage par l’ANDRA qui n’a que ça puisqu’elle n’a aucune autorisation, du bois Lejuc le 17 juillet.

Occupation du Bois Lejuc à Mandres-en-Barrois : la désobéissance civique est un droit

Communiqué du Parti de Gauche

ob_e7f867_tracto-barricadeHormis les grands prêtres du productivisme, qui peut affirmer qu’enfouir les déchets nucléaires les plus dangereux est raisonnable ? Qui peut garantir dur comme fer aux générations futures que l’enfouissement sera entièrement réversible ? Qui peut certifier sans erreur possible que tout accident sera prévenu ?…

Plutôt que de réciter leur bréviaire scientiste, les soi-disant ingénieurs de l’Andra devraient relire Descartes : le doute est la première qualité de toute pensée rationnelle. Et CiGéo ne résiste pas à l’analyse rationnelle : par son coût et ses incertitudes, CiGéo est inutile et dangereux. Par ailleurs CiGéo n’a pas de légitimité politique : il ne s’est développé jusqu’alors que par l’achat des consciences avec l’argent de l’Andra, les passages en force du lobby nucléaire au parlement et au gouvernement. Dernier exemple en date : le député Christophe Bouillon, déjà Président de l’Andra, est nommé rapporteur de la loi sur la réversibilité actuellement en « débat » au parlement. Le conflit d’intérêts est criant.

Face à ce déni de raison et de représentation politique, le Parti de Gauche considère comme légitime de contester des décisions « officielles » contraires à l’intérêt général. Ainsi le droit de propriété de l’Andra sur la forêt communale de Mandres-en-Barrois (Meuse) peut être considéré comme indu.

Le Parti de Gauche exige que Christophe Bouillon soit dessaisi de son mandat de rapporteur de la loi sur la réversibilité et soutient la désobéissance civique des occupants du Bois Lejuc à Mandes-en-Barrois, qui ne font que se réapproprier un bien commun et contester un déboisement non conforme au Code forestier.

Le 29 juin 2016

La Commune est en lutte…

Une initiative du collectif Nuit Debout à Bar sur Aube

 

Les militant(e)s du PG en étaient bien sûr, et pardon pour le double lapsus (les Trente Glorieuses venant remplacer les Trois Glorieuses de 1830 !)

… et nous sommes vainqueurs !

Clairvaux, la grande tromperie !

Le Garde des Sceaux veut fermer la prison pour vétusté (alors que celle-ci est dénoncée sans effet depuis de nombreuses années par le personnel). L’avocat Thierry Lévy résumait déjà la situation en 2009 : «c’est une prison maudite». Mais ne donnons pas de caution morale à des gens qui pratiquent plus facilement la répression policière que le dialogue social, et pour qui la solution à la crise migratoire est de transformer l’Europe en une vaste prison hérissée de barbelés ! La raison, comme toujours dans l’Europe de la finance, elle est comptable : les centrales, contrairement aux maisons d’arrêt, ne sont remplies qu’à 76 %, et le ministère n’a plus les moyens financiers de participer à l’entretien de son patrimoine…

Alors coup de semonce pour sommer les collectivités, dont on ampute toujours plus les dotations, de mettre la main au portefeuille, ou petit coup de main entre gens de bonne famille néo-libérale, afin de soutenir le projet de Baroin à Lavau… Une belle prison toute neuve financée par … le privé ! Tiens, la destruction du service public, son transfert au privé, cela en toute opacité… Ce n’est plus une chanson, c’est une ritournelle, une scie à force de mauvais goût !

Mais le plus ignoble dans l’affaire est sans doute le climat de récupération politique qui entoure le projet …  Les écharpes en tête de manif, les postures de matamores à quelques mois des élections présidentielles, ne doivent pas nous faire oublier l’essentiel : c’est bien ces mêmes élus de la droite qui ont tout fait pour instaurer les politiques d’austérité qui amènent au démantèlement des services publics… Politique d’équilibre budgétaire systématique dont le syndicat FO, au niveau national (et qui est majoritaire à la centrale de Clairvaux) dénonçait dès 2008 : « Une disposition visant à imposer l’équilibre budgétaire constitue une contrainte dangereuse pour le progrès social et les principes républicains. Elle vise à graver dans le marbre une logique d’austérité et ne peut que renforcer la dérive anglo-saxonne.« , à l’unisson avec le député P »S » Didier Migaud, actuel président de la Cour des Comptes, devenu un des plus zélés partisans de saigner les services de l’état ! (voir l’article entier)

Et cela à la sauce la plus nauséabonde qui soit : que quelques m2 manquent aux détenus, ce n’est pas si grave, malgré les règles et conventions européennes et internationales… Il n’est pas de mouvement populaire digne de défense des salariés qui se justifie par le malheur des autres… Cela c’est l’Europe qui noie les enfants en mer Egée, qui brûle les cabanes à Calais, qui abandonne un futur de justice et d’espérance pour un présent de haine et de désespoir…

Et puis, franchement, tous ces echarpés tricolores, ont-ils oublié comment ils ont mis notre territoire républicain en pièces à force de déconcentration et de loi Notre ? Se sont-ils battus contre une logique qui, en mettant en concurrence les territoires, faisait de Bar sur Aube une victime à coup sûr ? Non, ils ont sonné l’hallali, en proposant et en votant des lois faites contre les territoires, contre la ruralité…

Nous, on a toujours été là, pour les dénoncer, ces lois, aux départementales, aux régionales, pour dire que le progrès, ça passait par la solidarité, par le développement de l’économie locale…

Alors nous serons amenés à reparler de Cauval, à parler d’Allia…

Que reste-t-il des forges, des usines de bois, des usines de cristal de la vallée de l’Aube ? Rien… Ce qui était un atout qui avait permis le développement de la vallée dans les siècles précédents, nos incompétents en tricolore en ont fait un désert, à force de manque d’inventivité et d’imaginations…

Et parce qu’ils ont cru qu’à eux et elles tout seul(e)s, ils pouvaient remplacer celui qui avait les clés du futur : le peuple…

Eh bien pour nous, nous allons continuer, sans tambour ni trompette (mais avec les sonos des manifs et la musique des débats) à l’inviter à prendre son destin en  main, de manifestation en assemblée citoyenne, d’assemblée en nuit debout…

Ce n’est qu’un début, nous ne lâcherons rien !